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Le mouton toujours cher ... jusqu’à 120 000 DA

19 août 2018 | 00:22
Lynda Louifi


A la veille de l’Aïd-el-Adha les prix du mouton ont stagné dans les points de vente au niveau national. Cependant, les prix sont restés, loin d’être à la portée des personnes aux revenus modestes, notamment quand on sait que l’Algérie est classée deuxième en termes de cherté du mouton après l’Arabie saoudite. 


Le prix du mouton en Arabie saoudite est estimé à 2 000 riyals soit 469 euros, suivi par l’Algérie dont le prix est évalué en moyenne à 50 000 DA, soit l’équivalent de 369 euros. Acquérir le fameux mouton de l’Aïd devient de plus en plus difficile pour les familles algériennes. La spéculation, les intermédiaires et la cherté des aliments du bétail sont les explications données, comme à chaque fois, pour justifier une flambée des prix de plus en plus ressentie. La fête du sacrifice, un symbole de piété et de générosité, semble, depuis plusieurs années, un marché juteux. Le mouton, dans ces circonstances, n’est plus qu’un rêve pour les citoyens à petite bourse. Les prix n’ont pas seulement doublé, ils ont parfois triplé, voire quadruplé.
A Alger, les prix atteignent facilement 60 000 à 120 000, voire 140 000 DA.
L’autre produit ovin qui se vend à des prix vertigineux est le « mouton de combat ».
Choisi parmi les meilleures bêtes, il est destiné aux combats, qui drainent de plus ne plus d’adeptes. Les moutons de combat peuvent coûter jusqu’à 60 millions de centimes, une passion qui prend de plus en plus d’ampleur à la veille de chaque fête de l’Aïd-el-Adha. Mais quels sont les critères pour les choisir ? « Il faut d’abord que le mouton soit fort et costaud. Les passionnés de cette activité peuvent payer des prix excessifs, à condition que le mouton soit robuste.
Cette année, j’en ai vendu à 400 000 DA », raconte un des éleveurs. Une fois la bête acquise, on lui taille les sabots et on lui tend la toison pour qu’elle ait meilleure allure. Pour qu’elle acquiert plus de robustesse, on va jusqu’à lui injecter certains traitements. C’est en fait un pur investissements puisque les paris autour de la bête peuvent atteindre des centaines de milliers de dinars. De nombreux Algériens s’indignent contre cette pratique et se disent choqués de la manière avec laquelle ces moutons sont traités. « On leur inflige des souffrances. Ce n’est pas normal qu’on les laisse torturer ces moutons sans rien faire », déplorent-ils. « Notre religion ne permet pas ce genre de pratique », s’indignent certains citoyens, qui voient en cette activité un « crime contre les moutons » et la décrient même comme une pratique sauvage qu’il faut interdire.
 

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