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Le moudjahid Mohamed Boutoudj dit « Lakhel » n’est plus

26 décembre 2017 | 20:41
Saïd Tissegouine

Le moudjahid Mohamed Boutoudj dit « Lakhel » n’est plus. Il a tiré sa révérence à l’âge de 93 ans. Il est mort dans son lit avant-hier en début d’après-midi après une longue maladie.

Le moudjahid Lakhel a rendu l’âme dans son domicile, sis au village de Tarihant, entouré de ses enfants et de ses proches. L’enterrement du défunt a eu lieu hier au cimetière de Tarihant. C’est une véritable marée humaine qui a tenu à lui rendre hommage.

Parmi cette foule nombreuse figuraient de nombreux moudjahidine dont certains étaient ses compagnons d’armes. Mohamed Boutoudj a rejoint le PPA en 1945 puis a fait son entrée au MTLD. En 1954, il a embrassé les couleurs du FLN. 

En 1956, il a rejoint le maquis avec arme de guerre à la main. Lakhel a joué un rôle très important dans l’affaire « Robert Lacoste ». C’est à l’issue de cette opération qu’il obtint son arme de guerre. 

C’est son frère aîné, Moh-Saïd dit « Rouget », qui était responsable à Tarihant du groupe d’hommes enrôlés dans le cadre de cette affaire dite « Robert Lacoste », où il obtint huit armes de guerre. 

Une fois le pot-aux-roses découvert par les autorités coloniales, Lakhel et ses camarades prirent aussitôt le maquis. Entre 1956 et 1962, le défunt a servi dans les maquis de la Wilaya 3. Pour sa robustesse et sa souplesse et surtout son engagement pour la cause nationale, sa hiérarchie a fait de lui un élément des groupes de choc. C’est en tant que tel qu’il remplit plusieurs missions jugées dangereuses.

Lors de la bataille sanglante du 6 janvier 1959 à Aït-Yahia-Moussa (Sidi-Ali-Bounab), le moudjahid Lakhel s’y illustra. D’ailleurs, par sa grande connaissance du combat il réussit à échapper à l’étau de l’armée coloniale, ayant suivi cette bataille qui dura toute la journée et où le napalm fut utilisé.

C’est aussi suite à cette bataille, particulièrement lourde de conséquences pour l’ALN, que le moudjahid Lakhel fut promu au grande d’adjudant. Dans les grands massifs forestiers de Mizrana, il démontra à maintes reprises son profil de baroudeur. 

A l’indépendance, à l’instar de tous les moudjahidine, il rentra chez lui, pleurant ses compagnons d’armes morts au maquis. Des huit hommes de la seule famille Boutoudj ayant pris les armes, seul Lakhel a survécu à la guerre.

Des années après l’indépendance, bien des gens le sollicitaient pour leur faire des récits sur les batailles auxquelles il participa. Cependant le défunt, à cause de ses nombreuses plaies, préférait toujours répondre par cette phrase : « La guerre n’est pas une partie de plaisir. Le plaisir est au rendez-vous avec l’indépendance du pays, alors profitez-en ! ».

C’était toujours les autres qui relataient les exploits de Lakhel à chaque fois que l’occasion se présentait. Au cours des années 1990, en dépit de son âge avancé, toujours en homme de principe et de conviction, il prit encore les armes contre l’hydre terroriste. La vie de l’homme n’a pas du tout été de tout repos.

Il est parti rejoindre d’autres grandes légendes enfantées par le village de Tarihant, à l’instar de Saïd Hadjloum dit « Saïd n’Ali-Améziane », Moh Sidenas, Moh Boussad dit « Chambit », Mohand-Oussaïd Challal.

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