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Le groupe de « pays amis » pour finaliser la destruction du pays

25 mai 2016 | 19:17
R. I.

L’opposition vénézuélienne a manifesté hier pour accentuer sa pression sur le gouvernement socialiste et provoquer un départ anticipé du président Nicolas Maduro, sur fond de mécontentement populaire dans ce pays en pleine débâcle économique.

Organisant protestations sur protestations depuis des semaines, la coalition de la Table pour l’unité démocratique (MUD), majoritaire au Parlement, est engagée dans un véritable contre-la-montre : si elle veut faire partir le président de 53 ans et obtenir de nouvelles élections, elle doit organiser un référendum d’ici le 10 janvier. Sinon, elle n’obtiendrait, au mieux, que son remplacement par le vice-président.

Cette fois, elle appelle à défiler devant les tribunaux des principales villes du Venezuela, pour dénoncer une récente décision du Tribunal suprême de justice (TSJ).

Ce dernier a interdit les mobilisations face au Conseil national électoral (CNE), chargé de vérifier les deux millions de signatures remises début mai par l’opposition de centre-droit, première étape du long processus vers le référendum.

« Pour nous cette décision n’existe pas », a clamé le député Julio Borges, chef de file de la MUD à l’Assemblée, annonçant sous forme de défi que, dès aujourd’hui, de nouvelles manifestations auront lieu face aux bureaux du CNE, afin qu’il accélère son travail.

Dans ce pays aux plus importantes réserves pétrolières de la planète mais qui doit importer la quasi-totalité des produits qu’il consomme, les jours d’opulence ne sont plus qu’un lointain souvenir : maintenant que les cours du brut sont au plus bas, tout ou presque manque dans les rayons des supermarchés.

Cette pénurie se traduit par des heures d’attente pour les Vénézuéliens, qui courent d’un magasin à l’autre pour trouver de quoi s’alimenter ou se soigner et subissent la pire inflation au monde (180% en 2015).

Lundi, le géant américain Coca-Cola a annoncé la suspension d’une grande partie de sa production au Venezuela faute de sucre, devenant ainsi la dernière grande entreprise victime du chaos économique régnant dans le pays après notamment Kraft Heinz.

Le même jour, le gouvernement, qui contrôle les prix de nombreux aliments pour contrer l’inflation, a dû multiplier par 10 celui de la farine de maïs et par 13 celui du poulet, sous la pression des producteurs.

Excédés par ces tracas du quotidien, auxquels s’ajoutent des coupures d’électricité imposées par les autorités pour économiser l’énergie, plus des deux tiers des Vénézuéliens (68%) souhaitent le départ de Nicolas Maduro, élu jusqu’en 2019.

Surfant sur ce mécontentement populaire, l’opposition veut organiser un référendum révocatoire à son encontre, une option prévue dans la Constitution et utilisée une seule fois, mais sans succès, dans l’histoire du pays, en 2004, contre son prédécesseur feu Hugo Chavez (1999-2013).

Une timide pression internationale se fait jour : l’ex-chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, accompagné d’anciens présidents latino-américains, est depuis la semaine dernière à Caracas pour promouvoir le dialogue, à l’appel de l’Union des nations sud-américaines (Unasur).

Leur démarche a reçu le soutien des Etats-Unis, accusés par Nicolas Maduro de vouloir précipiter sa chute, du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et du gouvernement colombien. Elle est aussi appuyée par le Chili, l’Argentine et l’Uruguay, qui proposent de créer un groupe de « pays amis » du dialogue.

Une manière d’accélérer la chute du gouvernement du président Maduro, ce modus operandi ayant déjà servi dans de nombreux pays, et il est toujours en marche pour la Syrie notamment.

Mardi, c’est le leader du parti libéral espagnol Ciudadanos, Albert Rivera, en déplacement au Venezuela, qui a défendu le référendum : « C’est un droit. Moi je suis favorable à ce que vous puissiez défendre votre Constitution et organiser ce référendum révocatoire comme issue de secours », a-t-il lancé à l’opposition.

En face, le camp présidentiel, qui contrôle encore la majorité des institutions, se veut inflexible. « Ordure », « traître », a rétorqué Nicolas Maduro au secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), l’Uruguayen Luis Almagro, qui l’avertissait du danger de devenir un « dictateur en herbe ».

Opposant une fin de non-recevoir au référendum avant même toute décision des autorités électorales, le président a par ailleurs fait monter la tension ces derniers jours en décrétant l’état d’exception, synonyme pour lui de pouvoirs accrus.

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