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519

Le diktat des concessionnaires

29 août 2016 | 20:18
Z. M.

Pas moins d’une vingtaine de requêtes ont été déposées auprès du ministère du Commerce, en l’espace de deux mois, par des clients mécontents des prestations des concessionnaires automobiles, selon le directeur général du Contrôle économique et de la répression des fraudes auprès du ministère Abderrahmane Benhazil.

« Nous avons reçu, durant les mois de juin et juillet derniers, 18 requêtes à l’égard des concessionnaires qui n’auraient pas respecté leurs engagements vis-à-vis de leurs clients « , a-t-il révélé hier dans une déclaration à l’APS.

Tout en assurant qu’une opération de vérification de ces pratiques est toujours en cours, Benhazil a précisé que les services du ministère ont effectivement relevé des pratiques interdites par la réglementation en vigueur.

« Certains concessionnaires n’ont pas respecté les termes de la commande », a-t-il dénoncé, en ajoutant que l’annulation des commandes des véhicules constitue la principale cause de litige avec neuf requêtes enregistrées auprès de son ministère, suivie du non-respect des délais de livraison (5 requêtes).

Les clients ont également protesté contre le non-respect des prix de cession figurant sur les bons de commande (3 requêtes) et contre la vente d’un véhicule ne répondant pas aux attentes (1 requête).
Neuf du total des 18 requêtes reçues par l’administration centrale, a fait savoir M. Benhazil, ont donné lieu à une décision favorable aux clients (où les concessionnaires se sont engagés à respecter leurs engagements), alors que les neuf autres plaintes sont toujours en cours de traitement.

Le même responsable a rappelé, dans ce contexte, qu’en cas de non-respect des termes de la commende, la loi en vigueur prévoit que les deux parties (concessionnaire et client) peuvent convenir d’une solution à l’amiable. En cas de refus des clients de la solution proposée, poursuit-il, le concessionnaire doit, sous huitaine, reverser au client l’acompte ou le montant intégral versé avec une pénalité représentant 10 % du prix du véhicule.

« Si le concessionnaire refuse de se soumettre aux dispositions de la loi, cela est considéré comme une pratique contractuelle abusive à l’encontre du consommateur », a expliqué ce même responsable, en ajoutant que les contrevenants seront sévèrement sanctionnés suivant la réglementation en vigueur qui prévoit le paiement d’une amende variant entre 50 000 et 500 000 DA et une poursuite judiciaire ».

Le ministère du Commerce avait adressé en juin dernier une note à l’Association des concessionnaires automobiles et leurs agents agréés d’Algérie (AC2A) après avoir reçu plusieurs requêtes de clients par lesquelles ils dénoncent une augmentation injustifiée des prix de vente des véhicules neufs commandés par rapport aux prix figurant dans le contrat de commande.

Force est de constater que l’achat d’un véhicule neuf auprès des concessionnaires a toujours été problématique pour le client qui se sent lésé en raison, dans certains cas dénoncés, du prix de sa voiture par rapport à son coût réel, et les augmentations par rapport à son prix initial porté sur le contrat. Quant au non-respect des délais de livraison, le problème a toujours existé ç quelques rares exceptions.

Le client se voit obligé de verser la totalité du montant de son véhicule ou presque et d’attendre des mois durant avant de pouvoir en prendre possession. A présent, avec la limitation des quotas d’importation des véhicules, on s’attend à une augmentation de la demande par rapport à l’offre qui maintiendra toujours les concessionnaires en position de force.

Par ailleurs, la limitation des marques, imposée par le système des quotas, ne laissera pas vraiment le choix aux clients qui se verront obligés de se rabattre sur la Renault produite localement, même s’ils lui préfèrent les marques asiatiques ou allemandes.

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