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Le dernier feu de braise avant la lutte de libération

7 mai 2017 | 22:15
Kamel Cheriti

Aujourd’hui, 8 mai 2017, nous célébrons le 72e anniversaire de l’horrible tragédie qui a marqué la longue nuit coloniale. Cette nuit ne pouvait s’achever que par un grand brasier commis sur le peuple algérien par le système colonial, les massacres du 8 mai 1945, effroyables par leur bestialité.

Ce forfait innommable accompli, ce système colonial pensait demeurer impuni et avoir définitivement soumis le peuple algérien. Ce fut au contraire la dernière étincelle qui a provoqué le déclenchement de la guerre de libération nationale sept ans plus tard.

Pourtant, le peuple algérien a entrepris l’impossible avant ce 8 mai 1945 pour obtenir son indépendance pacifiquement. Depuis l’invasion en 1830, les héros de la résistance armée algérienne, l’Emir Abdelkader, Cheikh Bouamama, Mokrani, Fatma N’soumeur, n’ont pu venir à bout des forces coloniales ; et à partir de l’année 1870, il n’était plus question d’affronter ce système colonial par les armes.

Il ne restait que la voie de la politique. Là aussi, ce ne fut pas une démarche facile et les grands nationalistes, à l’image de Messali Hadj et de Ferhat Abbès, ont dû subir les pires humiliations, sans résultat. Ce 8 mai 1945 se voulait être également une revendication pacifique. Un défilé a été organisé à Sétif pour présenter les aspirations du peuple algérien.

C’était une revendication légitime qui intervenaient en ce jour de la fin de la Seconde Guerre mondiale, signant la victoire de la liberté des peuples. Au lieu de prendre conscience de la légitimité de ce droit, le colonialisme a répondu en abattant de sang-froid le jeune porte-drapeau de cette marche pacifique.

Ce crime odieux n’a pas été le seul puisque, pendant des semaines, des milliers d’Algériens ont été exécutés (plus de 45 000), endeuillant affreusement les familles des villes de l’est du pays, Sétif, Guelma et Kherrata.

Dès lors, devant l’ampleur de la tragédie, la seule solution pour en finir avec le système colonial ne pouvait être que la lutte armée, concrétisée par le déclenchement de la guerre de libération nationale le 1er novembre 1954. Ainsi, et suite aux évènements du 8 mai 1945, le mot d’ordre a été de rassembler les armes et de se préparer au combat libérateur.

Le colonialisme s’est introduit par les armes et il fallait s’en débarrasser de la même manière. Toute revendication politique ou pacifique demeurait vaine et sans lendemain. Cependant, bien que l’indépendance ait été acquise, le souvenir douloureux des massacres du 8 mai 1945 reste toujours vivant car l’horreur avait alors atteint son comble.

Cet événement, qui porte le nom de génocide vu l’ampleur du nombre de morts enregistré, des civils sans défense, ne peut s’effacer. Des témoins sont encore vivants, faisant partie de notre histoire d’aujourd’hui.

Ces massacres sont encore présents dans la mémoire collective comme s’ils venaient de se dérouler hier. Ils ont meurtri le peuple algérien. Ils ont été tellement cruels et inhumains que l’ennemi de cette époque lui-même prend conscience de cette dérive insupportable et reconnaît cette injustice.

Au nom du gouvernement français, l’actuel ambassadeur de France en Algérie s’est déjà rendu à Sétif, déplorant sincèrement cette atroce répression. Il faudrait que la France reconnaisse son implication officielle dans ces massacres, au même titre qu’elle l’a fait concernant sa responsabilité dans la déportation des juifs envoyés à la mort pendant la Seconde Guerre mondiale.

Tout récemment, lors de sa visite à Alger, les massacres du 8 mai 1945 ainsi que d’autres crimes contre l’humanité commis en Algérie à l’époque coloniale ont été dénoncés par Emmanuel Macron, encore candidat à la présidence de la République française.

Si les auteurs de cette tragédie eux-mêmes font parler leur conscience et reconnaissent leur odieuse implication dans ces massacres, c’est que ceux-ci étaient horribles.

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