Nationale

#TITRE

296

Le challenge des étudiants : tenir jusqu’à la rentrée

6 août 2019 | 21:12
Aziza Mehdid


24e semaine de mobilisation des étudiants en pleines vacances et en pleine canicule. Le challenge aujourd’hui pour les étudiants est de maintenir le rendez-vous hebdomadaire jusqu’au retour en force lors de la rentrée en septembre, et porter à nouveau la revendication pour un changement global du régime.


La marche hebdomadaire de la communauté estudiantine a atteint sa 24e semaine de mobilisation sans relâche contre le système contesté depuis le 22 février dernier.
Il n’est pas évident pour certaines wilayas de maintenir la même cadence de mobilisation.
Mais, le challenge de ne pas couper court à ce rendez-vous hebdomadaire a été relevé par les étudiants d’Alger et ceux de quelques autres wilayas, afin d’assurer une continuité jusqu’à la reprise sociale qui verra, à coup sûr, le retour en force de leurs camarades contraints de rentrer chez eux en cette saison estivale.
A ce propos, Farid, étudiant à Bab Ezzouar a indiqué, lors d’un court débat à quelques minutes du début de la manifestation à la place des Martyrs, « qu’il est impératif de maintenir la pression et continuer de sortir chaque mardi, car ces manifs sont le seul contrepouvoir ». « En septembre, nos camarades seront massivement présents et nous allons poursuivre notre militance jusqu’à l’instauration d’un Etat de droit », a-t-il dit, s’adressant à la foule qui l’entourait et qui grossissait progressivement. Après avoir entonné l’hymne national, la marée humaine a aussitôt commencé à scander « makach hiwar m3a el3issabet » (pas de dialogue avec les bandes), « talaba samidoun, lhokm el3asker rafidoune », (les étudiants résistent et refusent le régime militaire), « dawla madanya, machi 3askarya », (Etat civil, non militaire) ou encore « echaâb yourid l’istiklal » (le peuple demande l’indépendance). Tout en avançant entre les vieilles ruelles d’Alger, les étudiants marquaient de temps à autre des haltes pour garder leur cohésion et pouvoir marcher sans être perturbés par une quelconque manœuvre. Sur la question liée à la prédisposition de l’étudiant à exercer sa citoyenneté pour concrétiser le changement revendiqué, Tarek, étudiant à l’Ecole supérieure de commerce de Koléa, nous a révélé « qu’il n’a pas sa carte de vote du fait que toute la société a été complètement « dépolitisée » des années durant ». « S’il y les garanties nécessaires pour aller à des élections transparentes et démocratiques, je vous assure que les étudiants vont être les premiers à s’inscrire sur les listes électorales et exprimer leur choix le jour du scrutin », souligne ce jeune de 24 ans. « C’est cet acte de citoyenneté, si important et indispensable, que nous voudrions ancrer chez les jeunes et nos concitoyens en vue d’édifier un Etat de droit », a-t il ajouté.
Comme chaque mardi, la marche des étudiants draine encore un nombre non négligeable d’autres catégories de la population, certainement parmi les classes les plus défavorisées de la société, jeunes, vieux, femmes et hommes. Ces derniers viennent en guise de soutien à la communauté estudiantine et pour poursuivre la mobilisation de la rue qui réclame, depuis bientôt six mois, le départ des résidus de la « 3issaba ». Le nouveau slogan des manifestations populaires introduit vendredi dernier a fait surface en ce rendez-vous estudiantin : « rahou jay, rahou jay el3issyane elmadani », (la désobéissance civile arrive !). A ce propos, Zaki, étudiant à l’Ecole polytechnique d’Alger, nous a déclaré que « le recours à la désobéissance civile comme moyen de pression a été évoqué suite l’évolution de la situation politique et au jeu mené par le pourvoir en place ». « Elle reste (la désobéissance civile) une éventualité à laquelle nous envisagerons de recourir au cas où les élections présidentielles ont lieu sans passer par le processus garantissant le respect de la volonté du peuple ». « Cela dit, poursuit notre interlocuteur, nous devrons nous préparer à ce genre de mesures de pression pour faire aboutir les revendications du peuple, d’autant que les choses n’avancent point et que le pays se trouve, depuis plus d’un mois, dans le blocage total ».
Par ailleurs, la liberté de la presse et l’indépendance de la justice ont figuré parmi une foultitude de revendications scandées à tue-tête par des centaines d’étudiants, qui n’ont pas hésité à dénoncer la censure pratiquée par certains médias audiovisuels ; « sahafa horra 3adala moustakila » (pour une presse libre et une justice indépendante).
Aziza Mehdid

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

Hello Algeria

Hello Algeria

SONDAGE

Etes-vous pour ou contre l’utilisation de la vidéo dans la coupe du monde de football ?

Facebook

Twitter