Articles similaires

Nationale

#TITRE

441

Le campus universitaire dans une situation insoutenable

16 février 2019 | 21:19
assassinat Aziza Mehdid

Le campus universitaire en Algérie semble renfermer tous les maux, à l’origine d’un malaise depuis des années. En effet, il a fallu que des crimes odieux fauchent des vies humaines et que des agressions causent des blessures de différents degrés aux victimes, pour que le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) réagisse en appelant, mercredi dernier, à une conférence nationale en vue de juguler ce phénomène et remettre de l’ordre dans l’enceinte de l’université.

A ce propos, Silia, une étudiante à la faculté de msédecine à Ben Aknoun, nous a confié qu’elle est encore sous le choc suite à l’assassinat de leur camarade Assil dans l’enceinte de la résidence universitaire Taleb-Abderrahmane2, à Ben Aknoun. « Je n’arrive pas à croire qu’un crime pareil puisse se produire à l’intérieur de la cité ». « Cela est le résultat de la négligence et du comportement laxiste des agents de sécurité qui ne font pas leur travail », déplore-t-elle. « A entendre les échos sur les agressions et les actes de violence qui se passent un peu partout dans les établissements universitaires, je m’attends à tout et je ne me sens plus en sécurité », lâche Silia, désolée.

Le sentiment d’inquiétude taraude l’esprit de plus d’un étudiant universitaire. Walid, qui poursuit des études de langue allemande à l’Université de Bouzaréah et réside à la cité universitaire de Beni Messous, nous livre un témoignage des plus amers. « Les conditions d’hébergement rendent notre quotidien très difficile. » « Nous assistons quasi-quotidiennement à des bagarres et des agressions dans les couloirs des pavillons de la cité. Cette situation est due à l’absence totale de mesures sécuritaires. » « Il faut savoir que des étrangers et des gens qui travaillent peuvent y accéder sans aucune contrainte », dira-t-il. C’est devenu un espace de terreur et d’anarchie, s’indigne ce jeune de 23 ans.

Cette réalité acerbe est aggravée par l’immobilisme ou l’apathie de certaines organisations estudiantines, qui se doivent de jouer un rôle dans la défense des droits des étudiants et contribuer à leur épanouissement.

Les témoignages sur les magouilles de certains membres de ces organisations et l’ampleur des fléaux n’en finissent pas. Anis, étudiant lui aussi, révèle que la cité universitaire de garçons de Bab Ezzouar(CUB1) est le repaire de tous les fléaux, drogue, violence... « Des membres des organisations estudiantines font la loi et s’emparent, des années durant, des chambres pour y vivre et ouvrir même une boutique aux fins d’exercer illégalement une activité commerciale, et ce au vu et au su de tous les responsables de cet établissement universitaire. »

Pis encore, les conditions d’hygiènes sont intolérables, une saleté nauséabonde dans les sanitaires, des couches de crasse couvrent les murs des chambres », décrit-il. « Une atmosphère désagréable et écœurante qui ne motive guère la recherche du savoir ni de développer ses connaissances. De la sorte, nous ne pouvons pas profiter de ces moments fort importants dans notre vie. »

Quant aux repas offerts aux étudiants, ils sont loin d’être une ration équilibrée et de répondre aux mesures d’hygiène nécessaires. « Nos repas sont servis dans des ustensiles très sales, au risque de contracter des maladies ou des intoxications, met en avant Serine, résidente à la cité universitaire des filles d’Oued Fayet, qui a soulevé, entre autres, le problème d’insécurité dans le transport réservé aux universitaires et qui est envahi par des voyous, voire des drogués …

A une certaine époque, l’université abritait toutes sortes d’activité culturelles, sportives et intellectuelles ; des expositions, des conférences, des concerts, des excursions, des

compétitions entre les cités universitaires. Plus maintenant ! Ces résidences sont aujourd’hui dépourvues des infrastructures nécessaires pour le développement intellectuel de cette catégorie censée constituer l’élite de l’avenir, fait observer Serine. Même les quelques foyers, bibliothèques ou encore les terrains de sport réalisés sont en état de dégradation due à l’usure et au comportement incivique de certaines étudiantes », ajoute-t-elle. Un tel climat ne peut être favorable ni propice pour former les futures générations compétentes et épanouies, dont le pays aura besoin pour se construire.

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

Hello Algeria

Hello Algeria

SONDAGE

Etes-vous pour ou contre l’utilisation de la vidéo dans la coupe du monde de football ?

Facebook

Twitter