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Le Pen : « L’armée française a torturé en Algérie »

21 février 2018 | 23:28

L’ex-patron du Front national et ancien para chutiste en Algérie avec le grade de capitaine, Jean-Marie Le Pen, revient dans un livre à paraître le 28 février, à travers le premier tome de ses « Mémoires » (édition Muller), sur la guerre d’Algérie dans lequel il tente de justifier l’utilisation de la torture contre es prisonniers algériens.
Il confirme les méthodes utilisées, déjà révélées par les anciens détenus algériens dans leurs témoignages.
Evoquant la période où il était para chutiste durant la guerre d’Algérie, Le Pen confie : « On a parlé de torture. On a flétri ceux qui l’avaient pratiquée. Il serait bon de définir le mot. Qu’est-ce que la torture ? Où commence-t-elle, où finit-elle ? Tordre un bras, est-ce torturer ? Et mettre la tête dans un seau d’eau ? L’armée française revenait d’Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui dépassent l’imagination et font paraître l’arrachage d’un ongle pour presque humain. […] Cette horreur, notre mission était d’y mettre fin. Alors, oui, l’armée française a bien pratiqué la torture pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger. Parmi les moyens figuraient les coups, la gégène ou et la baignoire […]. Poursuivant son récit, Le Pen parle d’« une machination politique » en soutenant que « ni moi ni mes camarades n’étions nullement chargés des interrogatoires spéciaux. C’est du bidon, évidemment du bidon, qui ne résiste pas à la plus rapide des analyses ». Sur le même chapitre, il soutient que « j’ai ainsi été accusé de la même scène de torture le même jour, à la même heure, à plus de cent kilomètres de distance. C’est horrible, l’ubiquité de la bête immonde ! », dit-il encore.
Pourtant au journal Combat il disait le contraire. Il affirmait le 9 novembre 1962 n’avoir « rien à cacher » : « Nous avons torturé en Algérie parce qu’il fallait le faire ». Et commente aujourd’hui : « Le nous désigne l’armée française, dont je suis solidaire, non pas moi et mes camarades, qui n’étions nullement chargés, je le répète, des interrogatoires spéciaux ». Ce qui ne l’empêche pas de défendre, dans les pages de son manuscrit, la pratique comme les hommes qui y ont eu recours.
Le Canard enchaîné écrivait en 1984 que Jean-Marie Le Pen avait participé à des actes de torture pendant la guerre d’Algérie.
« L’affaire du poignard »
En 2000, puis en 2002, Le Monde publiait une série de témoignages sur la façon dont Jean-Marie Le Pen a contribué à mettre en œuvre « la torture à domicile », au premier trimestre 1957 en Algérie, et notamment « l’affaire du poignard », retrouvé par le fils d’un détenu algérien supplicié devant sa femme et ses six enfants, et sur le fourreau duquel on peut lire l’inscription : « JM Le Pen, 1er REP ». Au matin du 3 mars 1957, Mohamed-Cherif Moulay, 12 ans, découvre un poignard dans le couloir d’entrée de la maison familiale, dans La Casbah d’Alger.
Le Pen entama une procédure en justice contre le deuxième volet de cette enquête, mais il fut débouté en première instance et en appel. Son pourvoi en cassation a été rejeté. Accrochée à une ceinture de couleur kaki, l’arme gît dans un recoin obscur. C’est un oubli des parachutistes français qui ont soumis la nuit précédente son père à « la question ».
Ahmed Moulay, 42 ans, a été torturé à l’eau et l’électricité, en présence de ses six enfants et de son épouse, avant d’être achevé d’une rafale de mitraillette. Le supplicié a les commissures des lèvres tailladées au couteau. Un communiqué de l’armée annoncera qu’il a été abattu alors qu’il tentait de s’enfuir. Quand il trouve ce poignard, Mohamed-Cherif Moulay le cache dans le placard du compteur électrique de l’entrée. Les parachutistes reviennent à deux reprises, les jours suivants, mettent la maison à sac. Pour rien. L’enfant se tait. Rania Moulay, elle, se rend au commissariat pour porter plainte. On lui dit : « Votre mari est mort au cours d’un règlement de comptes entre fellaghas » .
Apprenant l’épisode, un père blanc, le père Nicolas, s’indigne et intervient. Les gendarmes finissent par ouvrir une enquête. « Pour qu’ils soient obligés d’admettre que ce n’était pas des fellaghas mais des militaires français qui avaient tué mon père, je leur ai donné la ceinture de toile kaki, mais pas le poignard que j’ai détaché de la ceinture et gardé », se souvient Mohamed Cherif Moulay, âgé aujourd’hui de 67 ans. L’enquête n’aboutira jamais. Le poignard atterrit dans le buffet de la salle à manger des Moulay. Il y restera jusqu’en avril 2003, date à laquelle l’envoyée spéciale du Monde à Alger réussit à le rapporter en France.

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