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Le Maroc traque sans pitié les migrants africains

5 septembre 2018 | 20:15
Maroc Hocine Adryen

La presse marocaine, prompte à réagir aux événements en Algérie, a mystérieusement tu la campagne sans précédent déclenchée il y a quelques semaines par les autorités marocaines pour en déloger de force les migrants subsahariens.

Il a beau crier sur tous les toits que l’Algérie malmène ses migrants africains, qu’elle les prive de nourriture et qu’elle les pourchasse pour ensuite les expulser manu militari vers leur pays d’origine, le Maroc ne peut plus maintenant cacher à la face du monde, de l’Afrique en particulier, le traitement inhumain, dégradant et esclavagiste qu’il a mis en place depuis des années. Cette vérité, on la doit à de courageuses associations qui ont décidé de ne plus se taire face à une politique de bastonnades, de vols et de mensonges. C’est ainsi qu’une campagne généralisée d’entrée par effraction aux domiciles des migrants a été déclenchée en plus du démantèlement des camps, des arretstaiuons arbitraires suivies d’expulsions collectives et de déplacements massif vers les frontières de l’Algérie, tout cela signalé par les associations de droits de l’homme et de défense des droits humains marocains. Des associations des droits de l’homme marocains ont mis en lumière, via un communiqué conjoint signé le 23 août dernier, les « bavures et les traques quotidiennes » que subissent les migrants subsahariens dans les villes marocaines.

Ces neuf associations, dont le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), ou encore ATTAC, ont exprimé leur « indignation » à la suite des récents déplacements forcés de migrants, depuis le nord du Maroc. Ces migrants majoritairement des Subsahariens, sont en effet pourchassés et conduits contre leur gré vers d’autres destinations comme Casablanca, Rabat, Agadir et Tiznit, ou même des villages frontaliers avec l’Algérie. D’autres ont vu leurs habitations attaquées, se retrouvant ainsi dépouillés de leurs effets et de leurs papiers ou du peu d’argent qu’ils ont économisé.

Ces associations dénoncent des « violations flagrantes » des droits basiques des migrants subsahariens et de « leurs libertés individuelles et collectives » par les forces sécuritaires marocaines. C’est pourquoi les neuf organisations, dont le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), l’Association marocaine des droits humains (AMDH) ou encore ATTAC, dénoncent « des violations flagrantes des droits basiques des migrants subsahariens et de leurs libertés individuelles et collectives par les forces sécuritaires marocaines ». Le document signé par ces neuf associations souligne que ces opérations « n’ont pas épargné des ressortissants subsahariens en possession de leurs documents de séjour », en plus de certains enfants qui ont été « séparés de leurs mères ». Par conséquent, les signataires du communiqué condamnent ces agissements et dénoncent « le rôle joué par le Maroc en tant que gendarme de l’UE en matière de militarisation de ses frontières et l’externalisation des migrants se trouvant sur son territoire ». Ils appellent ainsi le gouvernement marocain au « respect de ses engagements

internationaux » en matière de garantie des droits humains, tout en exigeant que le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) « prenne toutes ses responsabilités » dans ce sens. Mais fait plus grave : la justice marocaine va faire comparaître le 10 septembre 20 migrants parmi ceux ayant été renvoyés dans le cadre d’une expulsion massive de Ceuta. Les détenus subsahariens sont poursuivis en première instance à Tétouan pour « immigration illégale avec recours à la violence » et « usage de faux documents d’identité ». L’un d’eux sera également jugé pour avoir « discrédité un fonctionnaire public ».

Ces migrants ont été les seuls à avoir été présentés à la justice marocaine. Ils font partie d’un groupe ayant escaladé la double clôture de Ceuta. Arrêtés par les autorités espagnoles, ces migrants ont été livrés aux autorités marocaines dans le cadre d’une expulsion collective. La décision du gouvernement ibérique se basait sur une procédure exceptionnelle, en vertu d’un accord entre l’Espagne et le Maroc datant de 1992, selon les autorités espagnoles. Depuis ce renvoi, le texte refait polémique auprès d’ONG, qui lui reprochent sa non-conformité aux traités européens en la matière, ainsi qu’aux dispositifs de l’ONU.

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