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Le Maroc refoule des migrants africains vers l’Algérie

24 novembre 2019 | 22:52

Quelque 97 migrants africains ont été largués par les autorités marocaines en plein désert, aux abords du poste frontière entre le Maroc et l’Algérie. Malgré les conditions météorologiques difficiles en ce début d’hiver, les autorités marocaines à Nador continuent de poursuivre leurs campagnes de déplacement forcé de migrants subsahariens vers la frontière algérienne. Jeudi dernier, la section Nador de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a affirmé avoir « constaté la présence de deux bus devant le centre d’enfermement d’Arekmane à Nador, au bord desquels 90 migrants subsahariens qui viennent d’être transportés, de nuit et dans un froid glacial, vers la région désertique de la frontière algéro-marocaine.

Ces bus ne s’arrêtent qu’une fois à l’extrême sud de Jerada ou d’Oujda, dans une zone désertique où il neige parfois et où il fait très froid actuellement », a indiqué Omar Naji, président de l’AMDH-Nador. Pour le militant, « ce ne sont plus des déplacements vers le Sud, notamment Tiznit, et nous n’avons pas encore d’explications ». Il a rappelé que « c’était déjà le cas en 2013 et 2014 lorsque les migrants étaient renvoyés vers les frontières algériennes ». L’AMDH a déjà dénoncé un assaut mené par les autorités marocaines sur des maisons louées par des migrants, et ce dans l’optique de les déplacer aussi. Ils risquent tout autant un déplacement forcé vers le Sud ou éventuellement vers la frontière avec l’Algérie. Le même jour, des attaques nocturnes contre les campements des migrants à Nador ont été dénoncées par l’ONG via sa page Facebook.

La coordinatrice générale du groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), Camille Denis, a précisé « ne pas avoir plus d’informations sur cette nouvelle campagne ». Mais elle a rappelé que ces déplacements forcés vers la frontière avec l’Algérie ne sont pas une pratique nouvelle. « L’année dernière déjà, le GADEM avait soulevé cette question pour le cas d’un groupe de migrants, et en 2016 aussi. La pratique avait diminué depuis l’annonce de la politique migratoire du royaume mais n’a jamais cessé », a-t-elle révélé. « Au-delà des conditions météorologiques difficiles actuellement, ces déplacements forcés soulèvent de sérieuses questions sur les risques sécuritaires pour ces migrants qui, pour certains qui passent du côté algérien, peuvent être renvoyés vers le Niger », a-t-elle déploré.

Aimée Lokaké, présidente de la Communauté congolaise au Maroc et membre du Conseil des migrants subsahariens au Maroc, a rapporté le cas d’une migrante subsaharienne : « Je l’ai appelée et elle m’a indiqué qu’elle était à Nador, avant d’être déplacée avec d’autres migrants vers l’Algérie. » Le chef de mission de l’Organisation internationale des migrations (OIM) à Alger, Paolo Giuseppe Caputo, a, dans une interview à un quotidien national, félicité les autorités algériennes pour leur implication dans le traitement des migrants africains. « L’Algérie reçoit tous les jours un flux important de migrants irréguliers. Selon les statistiques du gouvernement algérien, qui a la souveraineté sur ses frontières, une moyenne de 500 personnes entrent chaque jour de manière irrégulière sur son territoire. Cela indique que le pays reçoit à lui seul quotidiennement plus de migrants que toute l’Europe », a-t-il affirmé. « L’Algérie étant soumise à une forte pression migratoire, il est normal que les autorités prennent des mesures pour gérer ces flux. Malheureusement, une des méthodes de gestion est le retour forcé. Cette méthode existe aussi dans un grand nombre de pays », a ajouté le représentant de l’OIM en Algérie. Pour Paolo Giuseppe Caputo, « le cas de l’Algérie est très intéressant car, comparativement à ses voisins, c’est un pays

riche. Il est vrai que les migrants rêvent de rejoindre l’Europe, mais beaucoup restent ici plusieurs années. Les conditions sont intéressantes en Algérie, comparativement aux conditions dont ils disposent chez eux. Pendant très longtemps, l’Algérie a été considérée comme un pays de transit. L’Algérie est devenue maintenant un pays de destination et cela est lié, entre autres, à la situation dans le Sahel mais aussi à la crise qui secoue un pays voisin, la Libye. Lorsque la question est posée aux migrants alors même qu’ils sont sur leur parcours migratoire, 42 % d’entre eux déclarent que leur destination finale est l’Algérie », a-t-il expliqué. L’OIM estime que le nombre des migrants irréguliers, à un moment donné, oscille entre 50 000 et 75 000.

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