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Le Maroc menacé d’un printemps arabe

30 mai 2017 | 19:12
H. A.

La contestation populaire ne faiblit pas à El Hoceima, malgré le black-out médiatique est imposé par les autorités marocaines. Une répression sauvage s’abat sur les manifestants qui osent défier l’autorité du roi.

Coups de matraques visant la tête, lynchage physique, coups de poings à la figure, tous les coups sont permis pour dissuader les manifestants de marcher ou d’approcher les lieux symboliques.

La police marocaine ne lésine sur un aucune stratégie pour traquer les leaders. Tout y passe : chantage menaces sur les familles et intimidation. Même un mineur a été placé en garde à vue. Le procureur général du roi près la Cour d’appel d’Al Hoceima annonce qu’un mineur « a été déféré devant le juge des mineurs, conformément à la loi ». Or, quelle est cette loi qui met en prison un mineur ?

Le nombre des interpellations dans la province d’Al Hoceima ne cesse d’augmenter. Elles sont 40 personnes placées en garde à vue, selon un nouveau communiqué du procureur général du roi près la Cour d’appel d’Al Hoceima.

De son côté, l’AMDH a actualisé, hier après-midi, la liste des détenus. Le bilan établi par l’ONG a grimpé à 46. Les détenus ont été déférés, hier, devant le parquet près le tribunal de première instance d’Al-Hoceima qui a ordonné la poursuite de 25 personnes en état d’arrestation.

Elles sont poursuivies pour les délits d’outrage aux éléments de la force publique lors de l’exercice de leurs fonctions, violence à leur encontre ayant causé des blessures avec préméditation, désobéissance armée par la voie de plusieurs personnes, destruction de véhicules et d’autres équipements d’intérêt général, manifestation sans autorisation préalable sur la voie publique et attroupement armé sur la voie publique.

Nasser Zefzafi, le leader du mouvement de protestation qui secoue la région du Rif, arrêté lundi dernier au terme d’une cavale de trois jours, a été transféré à Casablanca pour la poursuite de l’enquête menée par la brigade centrale de la police judiciaire.

Il y rejoint la vingtaine de militants déjà en garde à vue et interpellés samedi et dimanche à Al Hoceïma. Le transfert des prévenus dans la capitale économique marocaine, distante de plus de 600 kilomètres d’Al Hoceïma, participe d’une volonté bien réfléchie d’éloigner de la ville les principaux leaders de la contestation. Ces derniers jours, le mouvement s’était étendu avec des manifestations dans plusieurs autres villes comme Casablanca ou Rabat.

Les organisations solidaires du mouvement comme Attac condamnent ces arrestations : « On est face à une attaque des droits humains parce que l’Etat veut mettre fin à cette contestation à travers l’arrestation de ses leaders.

L’Etat se trompe parce que ce n’est pas en arrêtant ces personnes qu’on va pouvoir arrêter ce mouvement de contestation qui est un mouvement enraciné dans la société locale. 

Nous condamnons ces arrestations, surtout que les charges retenues sont très graves. On ne voit pas comment ces personnes ont atteint la sécurité de l’Etat. Ces luttes ont été pacifiques pendant sept mois alors qu’eux ont subi des répressions. » Pour cette ONG, Nasser Zefzafi est « un cas emblématique de la jeunesse marocaine. 

C’est quelqu’un qui n’a pas de formation politique, qui vient des milieux populaires, qui a un certain charisme et une certaine aura auprès de la population locale. Il a su rassembler les gens.

Le grand échec de l’Etat, c’est que depuis 17 ans, on annonce les mêmes programmes. Comment voulez-vous que les gens puissent faire confiance à un Etat qui promet des choses depuis 17 ans qu’il n’arrive pas à appliquer ? » Même des partis pourtant proches du Palais royal condamnent les agissements des autorités.

Les partis PJD et de l’USFP, deux composantes de la majorité gouvernementale, ainsi que celle de l’Istiqlal, pointent du doigt la responsabilité de l’Etat dans le contexte tendu qui prévaut dans la région. Elles dénoncent aussi la gestion par le ministre de l’Intérieur des revendications du mouvement de la contestation.

Les interpellations à Al Hoceima commencent à fissurer le consensus des partis de la majorité gouvernementale au sujet de la contestation dans la capitale du Rif. Les trois formations tirent à boulets rouges sur le prêche de la prière du vendredi 26 mai émanant de la délégation provinciale du ministère des Habous et des affaires islamiques.

Un texte qui avait mis en garde contre la « Fitna » et « la déstabilisation du pays ». Est-ce le début d’un printemps arabe qui risque d’embraser tout le pays ?

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