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Le Bac et le ramadhan

20 janvier 2016 | 20:05
Nordine Mzalla

Les examens du baccalauréat ont été avancés à quelques jours avant le mois de ramadhan. Pour l’ensemble des candidats et du personnel d’encadrement, des parents de potaches et l’opinion publique, c’est indiscutablement une bonne nouvelle. 

Cependant, le réaménagement du programme prend davantage un caractère politique comme il est malheureusement de coutume dès qu’il s’agit de prendre des décisions sur l’épreuve nationale concluant le cycle de l’enseignement général.

En effet, dans ce climat morose où les pouvoirs publics peinent à annoncer de bonnes mesures faute d’argent pour les réaliser, il paraît approprié de rassurer nos élèves sur leurs conditions d’examens plus favorables puisqu’ils n’observeront pas encore le jeûne.

Mais à quel prix ? Quand on sait qu’une période d’arrêt de cours doit impérativement être accordée aux révisions avant le jour J, le décalage du bac à la fin du mois de mai risque de signifier que les enseignements devront conclure pratiquement le programme à la fin du mois d’avril.

En y ajoutant les vacances scolaires du printemps maintenues pour les deux semaines habituelles, on ampute un gros volume horaire à la pédagogie au bénéfice d’un bricolage pédagogique ou politicien. Madame la ministre de l’Education nationale, qui a su dans ses premiers mois se rendre impopulaire pour la bonne cause, n’avait pas besoin de toucher au calendrier ordinaire du bac.

D’ailleurs, pourra-t-on procéder de la sorte l’an prochain quand le début du mois sacré sera avancé de 10 jours selon le calcul lunaire ? Evidemment, la fleur offerte aux candidats de l’année 2016 ne pourra que frustrer davantage ceux de 2017 qui auront à réfléchir sur leur copie le ventre vide.

Nos adolescents ne seront ni les premiers à profiter de la spiritualité qui accompagne en général les jeûneurs pour faire valoir l’acquisition des connaissances durant l’année écoulée et au fil du cursus depuis leur entrée à l’école. Ils n’en tireront que plus de fierté et de sagesse dans un pays où la tricherie a été normalisée.

Le bac a toujours été une épreuve de vérité, comme le mois de ramadhan peut l’être pour les musulmans qui l’observent sans le dépouiller de son essence spirituelle. C’est en permettant aux professeurs du lycée de terminer l’ens

eignement du programme qu’on favorisera l’émergence de bacheliers qui n’auront plus honte de leur premier diplôme une fois arrivés à l’université.

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