Nationale

#TITRE

364

Le 5 octobre 1988...De l’espoir au désastre, puis la renaissance

3 octobre 2018 | 21:00
Amel Saïdi

Il y a 30 ans, l’Algérie était secouée par des émeutes qui allaient bouleverser le modèle politique et économique du pays, géré jusqu’alors par un parti unique, l’unicité de pensée et l’ostracisme. Au prix de plusieurs morts, les Algériens allaient pouvoir s’exprimer librement, agir sans crainte dans un espace ouvert au multipartisme et à la liberté de la presse garantis par la Constitution du 23 février 1989. Mais au bout de trois ans, cette ouverture allait se heurter à l’implacable réalité du terrorisme, de l’Etat d’urgence et de l’insécurité dans toutes les régions du pays. Un désastre qui durera 10 ans.
« Personne ne devra oublier cette date écrite désormais dans les manuels d’histoire de l’Algérie », estime un universitaire. Il faut dire que lors de cette journée, Alger et les principales villes du pays ont été secouées par des manifestations spontanées dans les rues. « De multiples motifs avaient poussé les citoyens à sortir ; il était question, pour eux, de réclamer leurs droits qu’ils estimaient bafoués », raconte Sid Ahmed, 47 ans, qui dit avoir répondu à un « mystérieux » appel dans la nuit du 4 au 5 octobre 1988. « Nous sommes sortis ce jour-là parce que nous croyions qu’il y avait une répression féroce contre le peuple ; en tout cas nous aspirions à un changement », déclare cet homme qui résidait alors à Bab-el-Oued. « A l’époque j’avais 17 ans, et comme j’étais prêt à répondre à n’importe quel appel à manifester, et qu’aucun horizon ne s’offrait à moi, je n’ai nullement hésité à rejoindre les émeutiers », enchaîne, la mine triste, notre interlocuteur qui dit regretter « les innombrables incendies qui ont touché les souks el fellah et les entreprises d’Etat ». J’ignore jusqu’à présent qui était derrière ce fameux « appel ». Comme je ne suis pas lettré, et ‘’khatini elpoulitik’’ (ndlr : je n’ai rien à voir avec la politique), je ne peux vous dire qui tirait les ficelles pour envoyer les gosses se casser la gueule. Mais je crois qu’on en voulait à Chadli Bendjedid, Allah yerrahmou ». Trente ans plus tard, Hafsa, 44 ans, témoigne de son côté : « Je n’avais que 14 ans à l’époque, mais ce qui m’avait choquée c’était de voir les chars partout dans les rues d’Alger. C’était la première fois que je voyais l’armée en vrai. C’était même inquiétant et angoissant pour moi. » Quant à Hamid, un retraité, il nous évoque que c’était « une époque où le peuple subissait quelques injustices, notamment le chômage qui touchait même les cadres universitaires, et également la corruption sans oublier la bureaucratie.
Mais après coup, je considère que l’Algérie n’était pas si infréquentable que ne le faisaient croire certains milieux ». Il faut rappeler que le soulèvement de la population dans plusieurs villes du pays s’est soldé, hélas, par des actes de destruction d’édifice publics.
Les émeutiers s’attaquaient aux symboles de l’Etat et du parti unique, aux APC, aux bureaux de poste et aux commissariats de police. Les résidences des officiels n’ont pas été épargnées. L’apaisement est revenu le 10 octobre au prix de 500 à 600 morts, de 3 500 arrestations et de dégâts évalués à des millions de dollars. Le 5 octobre 1988 a débouché sur l’instauration du multipartisme et l’ouverture du champ médiatique. 

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

Hello Algeria

Hello Algeria

SONDAGE

Etes-vous pour ou contre l’utilisation de la vidéo dans la coupe du monde de football ?

Facebook

Twitter