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« Lawziaâ » pour perpétuer les traditions

13 septembre 2016 | 19:37
Lynda Louifi

Depuis la nuit des temps, le village Aït Daoud, situé dans la commune d’El Flaye, daïra de Sidi Aïch, à une dizaine de kilomètres de la ville de Béjaïa, organise la fête du partage « Lawziaâ », un rite ancestral qui reste encore une symbolique forte de solidarité, et qui commence à disparaitre de nos villages

L’un des objectifs tracés par les membres très actifs du comité des jeunes du village d’Aït Daoud, présidé par M. Hawadi Rabah, vient d’être atteint, à savoir réunir les natifs du village pour partager non seulement des parts de viande, mais aussi des moments de joie qu’offre cette tradition séculaire. Il faut dire que la dernière « lawziaâ » a eu lieu en 2009, après avoir été négligée tant d’années.

La dernière fête organisée au village remonte à la fin des années 60 comme nous le rappellera Nna Sahra, la doyenne du village. Cette vieille âgée de 82 ans, a tenu à nous faire part des habitudes de ce village, qui selon elle, est unique dans toute la région. « « Lawziaâ « doit être perpétuée à travers toutes les générations pour maintenir leur attachement à leurs racines et renouer avec les nobles valeurs ancestrales que sont la générosité, la fraternité, la solidarité et le partage « , a affirmé Nna Sahra.

Considéré comme un moment convivial qui consolide les liens sociaux, une pierre angulaire de la société qui assure le rapprochement et une symbiose de la collectivité, les habitants d’Aït Daoud se sont donné rendez-vous, le 25 août, au lieu habituel pour sacrifier les 3 bœufs, dans une ambiance bon enfant.

Jeunes et vieux ne se sont pas fait prier pour un tour de danse que beaucoup n’ont pas raté d’immortaliser avec leurs appareils photos, portables et tablettes. Après ces moments de liesse, des volontaires ont procédé à l’abattage et au dépeçage des bœufs.

« Dans notre village, qui au passage est un village martyr qui a beaucoup donné durant la guerre de Libération nationale, si un villageois donne de l’argent il aura sa part de viande et s’il n’en a pas, il aura quand même sa part.

Quant au partage, il se fera le lendemain. « Ainsi, chaque famille aura sa part, selon la quantité de viande », nous dira l’un des habitants du village rencontré sur place. « Nous tenons à cette « lawziaâ » dans le but de réaffirmer notre attachement à nos racines et renouer avec les nobles valeurs ancestrales que sont la générosité, la fraternité, la solidarité et le partage qui caractérisaient naguère le quotidien des populations de Kabylie « , nous a signifié l’un des vieux d’Aït Daoud.

Et d’ajouter : « Regardez comment tous les enfants du village sont réunis aujourd’hui ; même ceux résidant dans les autres régions du pays ou installés outre-mer ont pris part à cette tradition qui jadis était très fréquente, regroupait tous les gens du village et surtout aidait les familles démunies en partageant des moments agréables autour d’un même idéal basé sur l’entraide, le soutien, la compassion et surtout le pardon. ».

Récompenses de lauréats, expositions, chants… au rendez-vous

Un programme riche a été concocté pour célébrer cette fête : expositions, un tournoi de football entre vétérans de la commune, témoignages des anciens moudjahidine sur la participation active du village qui compte une quinzaine de chahids durant la Révolution, un gala artistique, récompenses des lauréats du bac. Le coup d’envoi des festivités a été donné dans la matinée du jeudi, 25 août, par un dépôt de gerbe de fleurs au cimetière à la mémoire de leurs ancêtres.

Dans une ambiance bon enfant où tout un chacun a mis la main à la pâte, les trois bœufs sont ensuite sacrifiés pour les laisser sécher avant de procéder au partage de la viande entre toutes les familles du village.

Les organisateurs ont ensuite improvisé une vente aux enchères au centre du village de certaines parties des veaux (têtes et tripes) dans une ambiance de liesse populaire qui laissera un souvenir impérissable aux villageois. Les trois bœufs égorgés la veille ont été répartis équitablement au début de l’après- midi entre les quelque 350 familles que compte le village.

Dans le même après-midi du vendredi, les lauréats du village sont récompensés à l’occasion d’une sympathique cérémonie initiée par le staff organisationnel de la fête. Les jeunes d’Aït-Daoud ont tenu à leur tour à honorer les responsables de leur village en offrant à tout un chacun un cadeau symbolique en guise de respect.

Dans la nuit du vendredi, la musique et les chansons installent de nouveau une ambiance électrique au village. L’événement fera assurément date dans les annales du village.

En effet, un gala inédit a vu défiler pour la première fois au village des vedettes de la chanson kabyle, à l’instar de Amour Abdenour, un enfant du village des Aït Daoud, d’El-Flaye, qui a régalé l’assistance par ses nombreuses chansons. Le gala s’est poursuivi dans une parfaite organisation sous l’étroite vigilance des jeunes bénévoles du village.

Il convient de noter qu’aucun incident n’a été enregistré tout au long du spectacle lequel prendra fin qu’aux premières heures de la matinée de dimanche en présence de toutes les familles du village.
C’est par ce spectacle coloré que se termine la fête de « lawziaâ » au village d’Aït-Daoud. Une fête qui restera gravée à jamais dans la mémoire des villageois par son esprit fédérateur.

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