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La zaouïa Bencheikh El Hocine de Sidi Khelifa, un temple du savoir

28 juin 2017 | 21:26
Rédaction JI

La zaouïa Bencheikh El Hocine, située sur les hauteurs de la localité de Sidi Khelifa, à une distance de 23 km de la ville de Mila, constitue, à ce jour, un point d’ancrage de par sa notoriété et ce, depuis sa création en 1818.

Cette zaouïa fait office de tribune du savoir et du travail, selon les propos de certains de ses enfants et les adeptes de sa riche trajectoire en matière de récitation du Coran, de l’enseignement des sciences islamiques, des origines du “fikh” (...) et la lutte contre l’illettrisme en sus de la solidarité sociale et la conciliation.

Une fois sa famille installée dans la région de Sidi Khelifa, après avoir voyagé dans d’autres endroits, notamment à Ibn Ziad (Constantine) et Ferjouia (Nord de Mila), la première œuvre du cheikh Bencheikh El Hocine (1786-1849), fondateur de cette zaouia, a été de construire une mosquée rassemblant les gens autour d’elle, comme l’atteste Mohamed Bencheikh El Hocine, l’un des actuels “chouyoukh” de la zaouïa.

Selon ce dernier, cette mosquée était le point de départ de la mise en place d’un système religieux, social et culturel complémentaire ne se contentant pas uniquement d’enseigner le Coran et la Sunna, mais s’occupant également d’inculquer les règles de la bienséance et la résolution des litiges.

Elle s’intéresse, en outre, à l’alphabétisation, la lutte contre la famine et l’accueil des hôtes et les gens de passage, en sus de l’exploitation des terres agricoles “wakf” de la zaouïa d’autant que l’agriculture s’apparentait à un acte cultuel.

Des équipements d’un style urbain spécial
Le cheikh de la zaouia avait cinq (5) enfants, à savoir Ali dit Allaoua, Hamou, Aboud, Ahmed et le cheikh Salah, lesquels vivaient dans ce qu’on appelait “la grande maison”.

Par la suite, la famille s’étant agrandie, chacun des enfants du cheikh Hocine a construit une habitation propre à lui, selon le style ottoman omniprésent à l’époque (19éme siècle). S’érigeant en forme de “ksour”, ces habitations comptaient de nombreuses pièces et avaient des appellations différentes selon leur nature et leur rôle dans les constructions de la zaouia, dont on citera “El madjlis”, “El Maksoura” pouvant accueillir plusieurs personnes.

On y trouvait aussi “Ouast edar”, “Echardek” (endroit de stockage), “Doukana” appelé refuge, “Mesrak” (le passage) et aussi “laâli” un gite constitué de plusieurs pièces destiné aux jeunes après la puberté pour éviter la promiscuité. Parmi les autres équipements de la zaouia, on trouve “Dar Diaf” et également des pièces dédiées aux gens de passage auxquels est réservé “Dar El bayata” jusqu’à ce qu’ils la quittent ou s’y installent s’ils apprécient les lieux.

Selon Riyadh Bencheikh, enseignant à l’université des sciences islamiques Emir Abdelkader de Constantine, cette zaouïa constitue, depuis sa création en 1818, une destination pour les étudiants, issus de plusieurs régions du pays, pour apprendre le coran et la Sunna Ennabaouia. Ils sont hébergés et nourris selon un système d’accueil très efficace.

Les chouyoukh de la zaouïa ont, par ailleurs, évoqué l’apport de personnalités scientifiques et religieuses à l’instar du cheikh Hamdane Belounis, enseignant du cheikh Abdelhamid Benbadis, son fils Mohamed Tahar Belounis ainsi que le cheikh réformateur Abdelkader El Mijaoui, sans oublier le cheikh Abdelhamid Benbadis qui s’y rendait fréquemment, appréciant la modestie et la pondération de la famille de la zaouïa.

Une richesse manuscrite ayant atteint 6.000 documents
Parmi les preuves de l’intérêt que porte la zaouïa au savoir, c’est le soin qu’elle a accordé au fil du temps aux différents manuscrits, selon Riad Bencheikh El Hocine, dont les sciences de la chariaâ, les origines du Fikh, de la Sunna et la croyance, en sus de la grammaire, la conjugaison et la langue arabe en général ainsi que l’astronomie et la médecine traditionnelle.

Auparavant, le nombre de ces manuscrits atteignait 6.000 documents, parmi lesquels un livre pouvant être lu de différentes façons, où chaque partie est consacrée à une science bien définie, ajoute-t-il.

Mais cette richesse de grande valeur s’est amenuisée progressivement au point qu’elle ne représente plus que 320 manuscrits actuellement, assure cette source, à cause des mauvaises conditions de conservation, mais aussi d’une mauvaise manipulation des chercheurs et des personnes qui y viennent de partout, en plus de ceux qui utilisent ces manuscrits sans les restituer.

Pour préserver ce qui subsiste de ces manuscrits, ils ont été acheminés vers la bibliothèque de l’université Emir Abdelkader des sciences islamiques de Constantine pour les mettre à la disposition des étudiants et des chercheurs dans des conditions de conservation adéquates.

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