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La spéculation comme arme de déstabilisation

3 avril 2017 | 21:06
H. Rabah

Le monopole, les pratiques spéculatives et la stratégie inflationniste sur les produits de grande consommation sont plus que jamais perçus comme des armes de déstabilisation et constituent maintenant une grande menace à la sérénité qui doit accompagner la campagne électorale et le vote du 4 mai.

Depuis trois mois, la hausse des prix des fruits et légumes, ainsi que d’autres produits de première nécessité, défraie les chroniques et met à mal certains ministres du gouvernement.

Il ne se passe pas un jour sans que les médias ne rapportent des faits relatant cette hausse inexpliquée des prix et les dénonciations des citoyens, qui ne peuvent plus soutenir une telle escalade. Il est vrai que le gouvernement a été interpellé sur ce phénomène qui prend de l’ampleur, mais aucune mesure officielle n’est venue y mettre le holà, bien qu’on ait multiplié des effets d’annonce et des menaces à peine voilées.

Même le président Bouteflika avait alerté le gouvernement Sellal sur cette question, notamment dans un message fort à propos lors de la commémoration de la création de l’UGTA, le 24 février dernier.

Pour le chef de l’Etat, la spéculation sur ces produits de large consommation, alors que le pays n’est pas en situation de disette, est une menace réelle sur la stabilité du pays. Autant dire que les hautes autorités sentent le danger de ces pratiques spéculatives et surtout leurs conséquences sociopolitiques sur, non seulement le pouvoir d’achat et le bien-être de larges franges de la société algérienne, mais sur l’ambiance générale du point de vue politique.

Alors que le pays se prépare à se concentrer sur des élections législatives de grande importance pour rester dans le cadre de la légitimation des institutions républicaines, cette spéculation mafieuse pourrit la vie quotidienne des pères de famille, les démoralise, les décourage et les incite, ni plus ni moins,à réagir violemment, en l’absence d’actions de lutte efficaces.

On focalise certes sur les prix exagéré de la pomme de terre, qu’on exporte déjà et qu’on produit suffisamment, mais on oublie les autres légumes et les fruits de saison. On dénonce le stockage opéré par les propriétaires des chambres froides, ces dernières obtenues grâce aux crédits bonifiés de l’Etat, mais on oublie aussi les circuits de distribution et les réseaux de commercialisation et d’écoulement de la production.

Partout, cette chaîne de spéculation est connue, visible et toujours vivante. A tout moment, profitant de son pouvoir monopolistique sur le secteur agricole, elle s’organise pour créer la rareté, pour innover dans la panique et fait monter les prix d’une manière incroyable.

Depuis plus de 10 ans, ces pratiques ne cessent de prospérer, grâce au laxisme des pouvoirs publics, qui laissent faire ou qui semblent tolérer ces forces spéculatives.
Pourtant, des acteurs aguerris et des experts ne cessent de proposer au gouvernement de créer non pas un arsenal juridique de dissuasion, mais de rénover et de moderniser tout le système.

Pour lutter contre ce monopole de fait et le stockage spéculatif, on ne cesse de soumettre des plans stratégiques, comme la création d’unités de transformation des produits agricoles et des conserveries, la mise en place suffisante des marchés de gros et de proximité, le contrôle des réseaux de distribution et l’institution d’une mercuriale pour fixer des seuils de prix et des marges bénéficiaires.

C’est un vrai programme national que le ministère de l’Agriculture et celui du Commerce doivent établir et proposer pour en finir définitivement avec ce phénomène récurrent de la spéculation.

Les mises en garde ne servent à rien, tout comme les appels à la vertu et à la morale. Car, ces barons de la spéculation profitent surtout de la défaillance des structures de l’Etat, de la démission collective des autres services et du dérèglement du système commercial du pays.

Or, une défaillance pareille conduit inéluctablement le pays vers des tensions sociales et une extrême nervosité qui peut facilement prendre des couleurs politiques et anarchiques. Dans un passé tout récent, des émeutes ont éclaté pour dénoncer la passivité de l’Etat face à ce phénomène de la spéculation et de la flambée des prix. Des alertes qui auraient pu être prises en charge rapidement pour ne plus être encore une fois victimes des spirales inflationnistes.

Aujourd’hui, plus que le terrorisme et les menaces sécuritaires aux frontières, la spéculation sur les produits de large consommation est un danger qu’il faut combattre impitoyablement. Car c’est déjà perçu, par certains, comme de la haute trahison.

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