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La suppression de la retraite anticipée et le nouveau code du travail agitent le monde syndical

La rentrée sociale risque d’être chaude pour le gouvernement

1er août 2016 | 11:26
Hocine Adryen

Un conseil du gouvernement est prévu le 24 août prochain au terme des vacances d’été pour préparer la rentrée sociale ainsi que le projet de réforme du baccalauréat, dont la diminution du nombre de jours et de matières de cet examen.

Des syndicats de plusieurs entreprises étatiques commencent à sortir du gué et à menacer de sortir dans la rue manifester leur colère, grandissante. Hier, les travailleurs de la division Production de Sonatrach à Hassi R’mel sont montés au créneau et ont décidé de boycotter, dans un premier temps, le restaurant à midi, à partir d’aujourd’hui 1er août. Dans un appel rendu public, il est noté que les travailleurs de Sonatrach à Hassi R’mel « se sont réunis jeudi à 21 heures à la base de vie Stone, et ont décidé à l’unanimité le boycott du restaurant à midi à partir de lundi 1er août 2016 ». Selon eux, cette décision est venue après que les travailleurs de Sonatrach dans le Sud ont entrepris « plusieurs actions pacifiques », réfutant la décision de la dernière tripartite relative à la suppression du droit à la retraite anticipée. « Le droit à la retraite anticipée étant un acquis, et ayant cotisé pendant plusieurs années à la CNAS, la mobilisation de tous est plus que nécessaire », soutiennent les travailleurs.

Ces derniers avaient déjà adressé une lettre au Premier ministre Abdelmalek Sellal au sujet de l’annulation du droit à la retraite anticipée et de celle proportionnelle. Ces travailleurs, qui ont organisé plusieurs mouvements de protestation sur place depuis le mois de juin, contestent le choix de la Centrale syndicale de cautionner cette décision lors de la dernière tripartite, accusant ladite Centrale de « complicité » avec le patronat, lui reprochant de ne pas avoir « représenté dignement et légitimement les travailleurs ». Selon eux, l’UGTA « ignore la nature des métiers et l’ampleur des risques qui leur sont liés » et que « subissent quotidiennement les travailleurs de ce secteur sensible à plus d’un titre ». Ils ont révélé que des rapports des services de santé « enregistrent un taux vertigineux de mortalité dû aux cancers ». « En somme, écrivent-ils dans leur lettre au Premier ministre, la carrière professionnelle du travailleur est usante, stressante, dure, pénible et affligeante. » Ils ont aussi dénoncé énergiquement ce qu’ils qualifient de « mascarade » et mettent le gouvernement en garde de « faire valider la loi sur le travail ».

Le syndicat de la plus grande entreprise algérienne n’est pas le seul à réclamer le maintien de la retraite anticipée. Vendredi dernier, les travailleurs de la SNVI, dans la zone industrielle de Rouiba, ont observé un arrêt de travail et menacent d’investir la rue dès le mois de septembre, qui coïncide avec la rentrée sociale. Ils se disent décidés à reprendre la protestation et investir la rue dès ce mois-là pour préserver leur droit à la retraite proportionnelle ou sans conditions d’âge après 32 ans de service. Samedi dernier, des experts et des syndicalistes réunis dans le cadre d’une conférence organisée par le syndicat national des praticiens de la santé (SNPSP) ont alerté sur les dangers du nouveau code du travail en maturation au niveau du ministère du Travail. Les participants ont tous noté le danger que représente ce nouveau code du travail pour le travailleur, en ce sens que les dispositions contenues dans ce texte reposent sur la flexibilité, consacrant ainsi l’abandon du contrat de travail à durée indéterminée (CDI) au profit d’un contrat à durée déterminée (CDD) comme il se fait actuellement dans la majorité des pays développés. Si le nouveau code du travail est approuvé par le Parlement, il donnera libre cours aux compressions d’effectifs pour des raisons économiques ou disciplinaires, sans aucune protection pour les salariés.

La prochaine rentrée sociale sera rude pour le gouvernement. Seize syndicats autonomes, relevant de plusieurs secteurs, ont décidé de constituer un front social commun pour bloquer le projet de loi sur la retraite. Les ministres, qui ont commencé à partir en congé hier, ont été instruits de rester disponibles à tout moment pendant leurs vacances.

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