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La presse marocaine mise sur la nostalgie

10 novembre 2018 | 20:20
Algérie Maroc Hocine Adryen


La presse marocaine a fini enfin par comprendre que la normalisation n’aura jamais lieu. Ou à certaines conditions que l’Algérie est en droit de poser aujourd’hui. Le temps des « vérités » est arrivé.


Des excuses officielles et publiques de la part du Maroc sur l’attentat de l’hôtel de Marrakech en 1995, où ce pays a accusé l’Algérie, sans apporter de preuves tangibles, ne seraient pas de trop. Ou encore cesser d’inonder l’Algérie avec la drogue produite sur son territoire et qui empoisonne la vie de milliers de jeunes Algériens. Et enfin de cesser de jouer à la veuve éplorée à chaque revers encaissé dans les forums internationaux lorsque sa diplomatie tente de se frotter à son homologue algérien. Le Maroc doit aussi aujourd’hui reconnaître que sa « guerre déclarée » envers l’Algérie ne lui apportera que des malheurs. Et pour montrer sa bonne volonté, il doit, « affaires cessantes », aller plus loin dans son désir de rétablir une relation saine et fraternelle avec l’Algérie, agir sans le soutien de son parrain, la France, et ses alliés du Golfe. Enfin, le format doit inclure la question du tracé des frontières longues de près de 1 600 kilomètres, que ce pays refuse de discuter. Mais un pathétique papier, publié trois jours après la fausse main tendue du roi sur d’ex-responsables algériens encore en activité ayant fait leur scolarité au Maroc ou y ayant vécu un certain temps fait douter de la démarche du souverain marocain.


En effet cet article, très largement inspiré, comme également cette lettre de l’ancien Premier ministre Abderrahman Youssoufi proche de certains cercles algériens qui apporte sa caution à cette initiative, jette de l’ombre à la démarche qui n’est pas si spontanée qu’on pourrait le croire. Avant de lancer son initiative, le roi a bien préparé son coup en initiant d’abord une campagne médiatique puis en sollicitant les pays « amis » (France et Qatar) et ensuite des personnalités marocaines pour relayer cette proposition qui n’en est pas une puisque l’Algérie l’avait déjà formulée il y a plus de quinze ans.


Aujourd’hui, cette initiative est entourée de trop de suspicions pour être acceptée en l’état. L’Algérie, qui n’a toujours pas répondu par la voie officielle, attend sans trop se précipiter les décantations qui vont se produire pour bien cerner les vrais enjeux de cette initiative et tout ce qu’elle cache.


Pour ceux qui ont accepté cette proposition sans tenir compte des aléas, la trouvant même salutaire, un exemple concret pour leur rafraîchir la mémoire : En 2014, le Maroc fait ériger une clôture dotée d’équipements électroniques sur une partie de sa frontière avec l’Algérie. L’existence de ce mur a été reconnue officiellement en juillet 2014 : « Le Maroc construit une clôture dotée de capteurs électroniques pour se protéger des menaces terroristes », a confirmé le ministre marocain de l’Intérieur. Ce mur a suscité des réactions en Algérie en raison de son impact sur les relations bilatérales, notamment la question de la réouverture des frontières. C’est le second mur que le Maroc a construit après celui -doté également de systèmes électroniques-érigé au Sahara occidental pour entourer la partie de ce territoire sous son contrôle. Cet exemple pourrait être étendu à la


construction du grand Maghreb. Ce projet vieux de plus de 60 ans a été enterré par ce pays qui préfère le regroupement de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à l’UMA. Récemment, le Maroc a refusé la proposition algéro-tunisienne d’organiser la coupe du monde de football, préférant se tourner vers l’Espagne et le Portugal, lesquels ont rejeté son offre.


 


Enfin, l’article cite pêle-mêle les Algériens qui ont eu un passé dans ce pays. On retient le défunt président Ahmed Ben Bella, qui s’est toujours dit fier de ses attaches marocaines, l’ex-ministre de l’Intérieur, Noureddine Zerhouni, l’ancien ministre de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia, natif de Tanger en 1933, l’actuel président du Conseil constitutionnel et ex ministre des AE, Mourad Medelci, Kasdi Merbah, Chérif Belkacem, ou encore le défunt patron de la police Ali Tounsi, et enfin le président Abdelaziz Bouteflika. Cet article ajoute même que l’un de ses frères a longtemps exercé en tant qu’ophtalmologue à Oujda, et que sa nièce y vit toujours. Jouer sur la fibre sentimentale est un jeu que le Maroc affectionne particulièrement mais en politique, cette question et toutes les connotations irrationnelles, négatives et ironiques qu’elle charrie demeurent comme des grains de sable entraînant dans la vie politique des conséquences démesurées.

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