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La nouvelle provocation française

24 mai 2016 | 22:41
Amine B.

A mesure que l’échéance électorale française se rapproche, il paraît urgent à en croire l’embrouillamini politico-médiatique local, pour les postulants de faire valoir leur vision de la France post-mai 2017.

Si pour les coutumières positions de l’extrême-droite dirigée par Marine Le Pen, ou encore les singulières sorties du très controversé président des Républicains Nicolas Sarkozy, rien ne surprend quand il s’agit de l’Algérie, il est par contre étonnant de voir le chef de file des Socialistes s’engager dans une polémique avec le voisin du Sud.

 Acculé dans les récents sondages dans une peu confortable position par rapport à ses futurs concurrents, le Président français s’emballe à son tour et tente un rapprochement avec une partie de l’électorat local.

Une récente intervention sur les ondes de la chaîne radiophonique culturelle France-Culture, rapportée hier par le quotidien le Figaro, le locataire de l’Elysée s’en prend à sa manière à l’Algérie. Dans une démonstration visant à étaler son regard sur les événements et personnages qui ont façonné son « imaginaire historique », François Hollande égratigne Alger en évoquant un pan de l’histoire commune des deux pays. 

Il « ose » une nouvelle polémique en parlant « des massacres dont les pieds noirs ou les harkis ont été victimes » au lendemain de la signature des accords d’Évian le 19 mars 1962, rapporte le tabloïde.

Bien qu’il ait été maintes fois sollicité par ces deux communautés durant les quatre années passées à la tête de l’Etat français, marquées par une sérénité dans ses relations avec Alger, François Hollande s’en est sorti en optant à chaque fois pour une fuite en avant.

Mais cette fois, il a semble-t-il, dans un sursaut électoraliste, choisi le timing pour offrir « son » mea culpa aux harkis et aux pieds-noirs. Deux communautés abandonnées par la France coloniale après la victoire des partisans de l’Algérie algérienne, et dont la majorité a préféré suivre le bourreau. Pourtant, le président français ne manque pas de parler dans l’entretien de « drames ».

Evoquant d’abord ce qui s’est passé « à travers la répression, la torture, (et) ce qui a été une somme de violences à l’égard du peuple algérien qui était colonisé (…) », avant de poursuivre : « Mais il y a aussi des massacres qui ont eu lieu.

Quand on parle du 19 mars, on sait (que) c’est la fin de la guerre d’Algérie, mais c’est aussi le début d’un certain nombre de massacres, dont les pieds-noirs ou les harkis ont été victimes. » Une récente contribution de l’historien Pierre Daum fait pourtant porter la responsabilité plutôt à la France.

Il faut reconnaître que ce sujet resté tabou est, depuis l’indépendance, au centre d’une instrumentalisation politique qui a relégué, en France notamment, cette communauté au bas de l’échelle sociale.

Cette sortie de Hollande a été toutefois reçue de manière très controversée par ses opposants. Récemment, une partie de la droite et l’extrême-droite lui avaient reproché d’avoir participé le 19 mars à la « journée nationale du souvenir », marquant la fin de la guerre d’Algérie, mais qui serait perçue autrement par l’opposition.

Selon la droite, cette date ne constitue pas la fin de la guerre, mais plutôt le début de l’exil et du massacre de civils et de harkis. François Hollande tente donc de se rattraper en optant pour ce tir vers le Sud qui ne fera certainement pas long feu à Alger.

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