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La mobilisation ne faiblit pas

La manifestation des étudiants violemment réprimée à Alger

9 avril 2019 | 15:00
Aziza Mehdid


Après sept semaines de manifestations pacifiques, la marche des étudiants organisée chaque mardi au centre d’Alger a fait l’objet d’une répression. Les dispositifs sécuritaires déployés étaient des plus impressionnants.
Il est très visible que l’on a intimé l’ordre aux forces de l’ordre public d’étouffer les contestations populaires, car depuis dimanche elles commencent à agir violemment face aux manifestants qui sortent dans la capitale.
Comme chaque mardi, des milliers d’étudiants issus de divers campus universitaires se sont donné rendez-vous via les réseaux sociaux pour se mobiliser davantage et maintenir la pression sur les tenants du pouvoir pour qu’ils se retirent.
A leur grande surprise, ils ont été interdits de marcher à travers leur traçé habituel (Grande poste, avenue Pasteur, Place Audin) par les agents de l’ordre public. Ces derniers tentaient de cantonner et d’encercler les foules en carrés séparés l’un de l’autre. Chaque mouvement de foule pour tenter de franchir les cordons sécuritaires était jugulé en recourant même au tabassage et au gaz lacrymogène.
Une ambiance très tendue régnait hier dans la capitale, notamment après l’annonce de la désignation du président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, chef d’Etat par intérim pour les trois mois qui viennent. Mais cela n’a pas découragé les manifestants. Un débat intense est amorcé entre enseignants universitaires et étudiants en plein jardin qui surplombe la Place de la Grande poste. Ça discutait des différentes solutions possibles pour faire accoster ce grand bateau qu’est l’Algérie au bon quai et préserver tous les acquis concrétisés depuis le début du mouvement populaire enclenché le 22 février.
Le docteur en sciences politiques Sofiane Sekhri fait part de sa propre conception des choses et considèré que le recours à l’application de l’article 102 de la Constitution doit se limiter à la partie liée à la constatation de la vacance du poste de président de la République. Le politologue clarifie que la rue riposte d’ores et déjà et rejette la désignation hier d’Abdelkader Bensalah comme chef de l’Etat pour une période de 90 jours, car il représente une des figures apparentées au régime contesté. « Nous sommes devant deux types de solutions : une constitutionnelle, imposée par les forces extra constitutionnelles, ce qui est illogique, notre locuteur et nous sommes en outre devant une crise politique qui nécessitera des solutions politiques », dit-il. Suite à ce constat et pour éviter toute dérive sécuritaire, il serait judicieux de concilier les deux solutions, soit constitutionnelle et politique, estime le politologue, pour faire émerger une issue conforme à la volonté du peuple qui aspire au changement.
Il juge qu’il est temps de passer à la solution politique, à commencer par le départ immédiat des trois « B » (Bedoui, Bensalah, Belaïz). Et de suggérer : « Une transition de six mois sera entamée juste après l’annonce du gel de la Constitution et l’installation d’une instance composée de sages et de personnalités crédibles pour assurer la transition ». Selon sa vision, le politologue souligne l’importance de l’accompagnement de l’institution militaire pendant cette période transitoire pour mettre fin aux manœuvres du pouvoir « intransigeant » et garantir la sécurité du peuple et du pays de toute menace interne ou externe. 
De son côté, l’universitaire spécialiste en relations internationales et études sécuritaires, Amina Rabahi, estime que « l’installation du nouveau cabinet n’aura pour mission que d’effacer les traces des dossiers en rapport avec la corruption. Le peuple en est conscient et persiste à réclamer le départ de tous les symboles du système ». De mon point de vue, propose-t-elle, il faudrait activer l’article 102 dans son premier alinéa seulement et les articles 7, 8 et 9 qui permettent au peuple de choisir ses représentants aux assemblées populaires et autres institutions.
L’universitaire Rabahi adhère à la thèse privilégiant la structuration de la protestation via des comités populaires censés se former au niveau des quartiers et procéder à des rédactions de doléances de la population. Elle met l’accent sur les mécanismes de contrôle et de surveillance des élections, chose qui pourrait se concrétiser, à son sens, via la désignation des commissions au niveau de chaque commune et wilaya.
 

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