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Les résidents se réunissent aujourd’hui avec le comité intersectoriel

La justice tranche : la grève des résidents est illégale

24 janvier 2018 | 02:23
médecinsgrèveparamédicaux Zineb.Messaoudene


La justice s’est prononcée mardi sur la grève illimitée des médecins résidents en la déclarant illégale.
Le verdict est tombé cet après-midi alors que les 15 000 médecins résidents poursuivaient leur mouvement de protestation. Le représentant du CAMRA, le docteur Hamlaoui, annonce une rencontre aujourd’hui entre les représentants des médecins résidents et le comité intersectoriel pour tenter de trouver une solution à la crise.


Pas moins de 2 000 médecins en spécialisation ont rejoint hier le sit-in cyclique organisé par le CAMRA dans l’enceinte du CHU Mustapha, attestant une fois de plus de l’échec du dialogue avec leur tutelle au bout de 4 réunions infructueuses. Venus de plusieurs centres hospitalo-universitaires du pays, les résidents ont brandi des banderoles en scandant des slogans dénonçant le système du service civil obligatoire, le service militaire et leurs conditions de travail : « Service civil : médecine de guerre » ; « Service militaire : médecin insoumis » ; « Médecin algérien, médecin citoyen »…
Leurs cris revendicatifs traversaient les murs et les portes de l’hôpital. A l’extérieur, le CHU est encerclé par des unités de la police anti émeute pour empêcher que le sit-in ne se transforme en manifestation dans la ville d’Alger.
« Il ne nous viendrait même pas à l’esprit d’essayer de franchir les portes de l’hôpital. On connaît le risque », nous lance un jeune résident en chirurgie, échaudé par le sit-in du 3 janvier dernier qui a provoqué des heurts entre la police et les blouses blanches.


A l’intérieur, les manifestants faisaient la tournée des services en reprenant inlassablement les mêmes slogans qui résument leurs revendications, tout en réitérant leur détermination à poursuivre leur débrayage qui dure depuis plus de 10 semaines. « On risque de paralyser le fonctionnement des hôpitaux déjà boiteux », prévient un ancien médecin généraliste qui observait avec calme le défilé des protestataires. « Il y a des malades chroniques qui ne sont pas pris en charge à temps à cause de la grève des résidents car, explique-t-il, ce sont eux qui sont chargés d’établir le dossier des patients avant de l’orienter vers le maître assistant ou le professeur. » Mais pour les résidents, c’est le seul moyen de faire entendre leur voix.


Le service civil comme entrave à la carrière
« Nous ne pouvons plus exercer dans ces conditions avec des moyens archaïques », s’insurge une jeune résidente en pédiatrie, qui déplore le manque flagrant de moyens même au sein des CHU des grandes villes, sans parler des zones enclavées où les médecins sont livrés à eux-mêmes, sans plateau technique ni équipements. « En tant que futur médecin spécialiste, j’estime que le service civil entrave ma carrière professionnelle et ma vie sociale », avoue cette future pédiatre. Plus explicite, elle affirme que le niveau et la qualité d’un médecin affecté dans le Sud ou dans les Hauts Plateaux au terme de ses études de spécialisation risquent de se dégrader sur le plan professionnel.
« Essayez d’imaginer le sort d’un résident qui a travaillé tout au long de ses études de spécialisation avec des professeurs, des maîtres assistants et un personnel paramédical dans une grande ville. Puis, du coup, il se retrouve dans une structure hospitalière livré à lui-même, sans plateau technique adéquat, avec des moyens obsolètes et sans les moindres conditions les plus élémentaires », a-t-elle essayé d’expliquer.
A toutes ces contraintes professionnelles qui entravent sa carrière, la jeune résidente a évoqué le problème delogement et le manque de commodités dans ces régions enclavées. « On n’a même pas le droit de bénéficier d’un regroupement familial et on doit se séparer de ses enfants pour pouvoir faire le service civil », a-t-elle encore déploré. Quant aux 4 rencontres des délégués des résidents avec la tutelle, ce n’est que « de la poudre aux yeux. C’est pour nous culpabiliser devant l’opinion publique », accuse un autre résident en chirurgie. « La preuve, en quatre réunions les négociations n’ont pas avancé », a-t-il argué.
Quant aux instructions du ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, adressées aux directeurs de la santé des wilayas pour la prise en charge de tous les médecins résidents affectés en dehors de leur wilaya, le jeune gréviste a répondu que ces directives, qui impliquent la disponibilité du logement et les moyens de travail, existent depuis 1984, date de la mise en vigueur du service civil, mais elles n’ont jamais été appliquées sur le terrain. « Il n’y a rien qui assure leur application aujourd’hui », a-t-il insisté.
Les principales revendications des médecins résidents portent depuis 2011 sur l’abrogation du service civil obligatoire et son remplacement par un système incitatif qui motiverait les médecins à travailler dans le Sud et les Hauts Plateaux sans contrainte. Les résidents demandent également à bénéficier de la décision présidentielle qui exempte les citoyens nés entre 1985 et 1987 du service militaire.

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