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La hausse des prix torpille la contrebande

24 mai 2017 | 20:49
Sofiane Abi

L’Algérie est devenue une plaque tournante du trafic en tous genres. Avec la hausse des prix des produits de consommation, entre autres du tabac, des fruits, du carburant, la contrebande est devenue un commerce lucratif. Aux frontières, les GGF sont à pied d’œuvre. Mais la montée des prix a fait reculer le recours à ce marché.

La hausse des prix des produits de consommation qu’a connu le pays durant les trois dernières années a explosé la contrebande aux frontières.

Le tabac, le carburant, les fruits, les légumes secs, le blé, les vêtements, les produits électroniques et électroménagers sont les produits auxquels les contrebandiers s’intéressent pour augmenter leur chiffre d’affaires.

La chute des prix du pétrole et ses conséquences sur l’économie nationale, notamment la hausse générale des prix des produits importés et des carburants, a causé un véritable raz-de-marée de la contrebande au niveau des frontières.

Plus de 10 000 contrebandiers ont été arrêtés et plus de 50 millions de litres de carburants saisis durant les dix dernières années suite aux multiples opérations menées par les services de sécurité. Chaque année, quelque 1000 trafiquants de carburants sont arrêtés dans le cadre de la lutte menée par les forces de sécurité contre ce fléau.

Les contrebandiers arrêtés sont pour la plupart des jeunes personnes âgées entre 18 et 45 ans. Ils sont généralement natifs des régions frontalières, notamment de Maghnia, Bab El Aâssa à l’ouest du pays, de Tébessa et El Tarf à l’est et Timiaouine, Bordj Badji-Mokhtar et Debdeb au sud.

Toutes les frontières sont en alerte. « Nous sommes omniprésents aux frontières et nous continuerons notre lutte contre toute forme de contrebande qui rentre dans le cadre du crime organisé », a expliqué une source proche de la Gendarmerie nationale. En effet, le trafic de carburant a récemment pris une ampleur phénoménale dans plusieurs frontières du pays. 

A l’est comme à l’ouest ou au sud, les frontières algériennes ont été infestées par les réseaux de contrebande, non seulement de carburant mais de tous les produits. Qui sont ces contrebandiers ? Comment les réseaux de trafic arrivent-ils à recruter de jeunes contrebandiers, certains âgés à peine de 18 ans ?

Pour la Gendarmerie nationale, les opérations menées par les gardes-frontières (GGF) durant des années ont montré que la plupart des contrebandiers sont sans profession.

« Sur les 817 contrebandiers que nous avons interpellés ces derniers six mois avec leurs véhicules et les marchandises, 65% sont âgés entre 18 et 40 ans, alors que 66% d’entre eux sont des célibataires et 60% des chômeurs », a indiqué un colonel de la Gendarmerie de Tlemcen.

Face à cette situation sociale des plus difficiles des jeunes sans profession, les réseaux de trafic de carburant et autres marchandises ont investi dans la jeunesse issue des villes frontalières du pays en les enrôlant pour devenir des contrebandiers.

Pis, beaucoup de jeunes Algériens résidant dans les villes frontalières, à l’image de Maghnia (Tlemcen) ou de Tébessa, dès qu’ils atteignent 18 ans recourent aux auto-écoles pour passer le permis poids lourd.

Quel est leur objectif ? C’est en passant le permis poids lourd, dès cet âge, qu’ils arrivent à avoir une chance de devenir contrebandier et gagner jusqu’à 7 millions de centimes pour chaque mission d’acheminement de carburant vers la Tunisie, le Maroc, la Libye, le Mali et le Niger.

10 000 milliards de centimes de perte par an

La contrebande est l’une des principales menaces pour l’économie algérienne. Chaque année, ce phénomène fait perdre à l’économie nationale 10 000 milliards de centimes, selon des experts.

Les services de sécurité, récupèrent annuellement, au terme d’opérations menées contre les contrebandiers, des millions de litres de carburant, des centaines de tonnes de fer, de bronze, d’aluminium et autres marchandises destinées aux grands projets en Algérie.

Des sociétés publiques comme Naftal, Sonelgaz, Sonatrach..., colonne vertébrale de l’économie algérienne, sont les premières victimes de ce phénomène. Ces sociétés perdent, chaque année, des milliers de milliards de centimes. En dépit de la présence renforcée des services de sécurité et de la lutte menée sans répit, le fléau a triplé ces dix dernières années.

Les autorités algériennes ont été même contraintes de revoir leurs dispositifs de dissuasion. Une armada de lois vient d’être adoptée par les députés. Entre août et octobre 2016, les gardes-frontières ont réussi à avorter 1 350 tentatives de contrebande.

Ces opérations ont permis de récupérer 300 000 litres de carburant et 300 000 tonnes de produits alimentaires. Les GGF ont également réussi, au cours des cinq premiers mois de l’année 2017, à arrêter 580 contrebandiers.

Ils ont également procédé à la saisie de 191 véhicules, 725 bêtes de somme et 15 motos utilisés par les contrebandiers, tandis que 50 tonnes de produits ferreux ont été également récupérées, de même que 500 unités de matériaux de construction, 30 000 articles de ménage et 4 459 kg de cuivre.

Les produits exportés frauduleusement concernent essentiellement le carburant, les produits alimentaires, les produits ferreux, tandis que les marchandises importées sont les stupéfiants, le cheptel et les articles électroniques.

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