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La gendarmerie et le trafic de drogue en Algérie

18 mai 2016 | 20:10
F. Sofiane

La lutte contre le trafic de drogue ne se limite pas uniquement dans la traque des narcotrafiquants mais beaucoup plus à la sensibilisation des toxicomanes qui ont dépassé le cap
d’un million en Algérie.

Le trafic de drogue représente prés de 30% après la contrebande avec 33% en Algérie. Véritable économie en noir, le trafic de drogue alimente aussi le terrorisme dans le monde.

La Gendarmerie nationale et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ont organisé ensemble un séminaire national sur « La drogue et les toxicomanes », tenu au Pôle universitaire d’Oran.

Lors de ce séminaire, des cadres de la Gendarmerie nationale du 2e Commandement régional et des chercheurs et experts académiques issus des universités d’Oran 1 et 2, ont décortiqué, en chiffres et en études faites en cours de ces cinq dernières années, le phénomène de la drogue chez la société civile.

L’objectif des organisateurs et des participants du séminaire est d’étudier, contenir et contrer le phénomène de la drogue au pays.
Les chercheurs, experts académiques et experts gendarmes ont diagnostiqué, sous une même trajectoire, les dimensions du trafic de drogue et ses conséquences économiques, sécuritaires et sociales sur l’Algérie.

La lutte menée par les services de sécurité, a certes apporté ses fruits, mais elle s’est avérée beaucoup moins efficace face à la machine de guerre des réseaux nationaux et internationaux qui ont détruit l’équivalent de cinq générations de toxicomanes.

Le Commandant Abdelmalek Derradji de la Gendarmerie nationale a expliqué lors de son intervention, les causes ayant permis la prolifération des drogues en Algérie dans le cadre du crime organisé.

« L’Algérie de par sa position stratégique en Afrique, au Maghreb et même au Sahel, lui ont causé des dangers, elle est également la porte qui sépare l’Europe au Continent noir » a-t-affirmé.

Devenue une véritable passerelle au début des années 2000, l’Algérie est actuellement un pays de trajectoire et de consommation de drogue. Ajouter à cette position, le pays compte plusieurs milliers de frontières terrestres, dont une bonne partie en désert, c’est ce qui a jeté l’huile sur le feu.

Pour contenir cet immense espace de désert mais aussi les côtes en mer, l’Algérie a été contrainte de renforcer son dispositif sécuritaire et développer les moyens et les équipements pour ses forces de sécurité pour faire face aux conséquences des drogues.
« Les réseaux de trafic de drogue ont profité de cette opportunité pour passer à l’acte en inondant les voies terrestres algériennes par des tonnes de cannabis. » ajouté le Commandant Derradji.

Les frontières internationales, un handicap dans la lutte anti-stups
En marge de son explication sur le phénomène de la drogue, le Commandant Derradji a souligné que les frontières internationales demeurent un handicap sérieux pour les pays qui luttent contre le trafic de cannabis, à l’instar de l’Algérie.

« Non seulement elles peuvent constituer un sérieux handicap dans la lutte contre le trafic de drogue, les frontières internationales, surtout celles qui ne sont pas surveillées, demeurent un gain pour le trafic international des drogues.

Les réseaux internationaux de trafic de drogue ont trouvé plusieurs failles pour développer leurs activités et tripler leur chiffre d’affaires », a commenté le Commandant de la Gendarmerie nationale Abdelmalek Derradji.

Aborder ce phénomène nécessite une action sur plusieurs niveaux, puisque le phénomène est mondial, ce qui nécessite une coopération internationale pour empêcher la production, le trafic et la consommation de la drogue.

La résine de cannabis est devenue une source de richesse pour de nombreuses personnes influentes et organisations criminelles.
Une économie en noir qui, par conséquent, arrive à contrôler le processus financier dans certains pays producteurs de cannabis.

Les drogues saisies à l’intérieur sont beaucoup plus élevées qu’aux frontières Entre les années 2010 à 2012, la quantité de drogue interceptée aux frontières était plus élevée que celle saisie dans les villes intérieures du pays ; toutefois, entre la période allant de 2013 à 2015 c’est l’effet boomerang.

Désormais, les réseaux internationaux de trafic arrivent à infiltrer leurs drogues jusqu’aux villes intérieures algériennes, voire dans certains cas, ils dépassent les frontières est, sud et sud-est du pays.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes …

Selon un bilan dévoilé par la Gendarmerie nationale, durant l’année 2010, les GGF (Gardes-frontières) qui relèvent de la gendarmerie, ont saisi 14 tonnes de drogue aux frontières, alors qu’en villes la barre des trois tonnes n’a pas été dépassée.
Même cas pour l’année suivante (2011) : les GGF ont mis la main sur 31 tonnes de kif traités alors que leurs collègues ont réussi à intercepter 14 tonnes dans les villes de l’intérieur. Pareillement pour 2012, les données sont pareille. Ici, les GGF ont intercepté 45 tonnes de drogue alors que dans les villes intérieures la saisie était de 26 tonnes de drogue.

Mais à partir de l’année 2013 la stratégie des réseaux de trafic a changé. Ils ont fini par comprendre la stratégie menée par les services de sécurité algériens.

Les réseaux internationaux de trafic de drogue implantes au Maroc, Tunisie, Libye, Mali et en Europe même et reliés à d’autres réseaux installés, au Moyen Orient, ont développé leurs moyens et changé leur stratégie.

Ce changement a été constaté en Algérie où les prises des drogues aux frontières a diminué laissant place aux villes intérieures qui ont connu, à partir de l’année 2013, un véritable tsunami de drogue.
En ce qui concerne l’année 2013, les gardes-frontières (GGF) ont saisi 51 tonnes de drogue ; tandis que les gendarmes mobilisés dans les villes intérieures ont saisi plus de 71 tonnes de cannabis.

C’était pareil pour l’année 2014. 62 tonnes de drogue ont été saisies à l’intérieur du pays contre 44 tonnes aux frontières. Les réseaux de drogue arrivent, désormais, à faire entrer leurs poisons.

En 2015, c’est l’explosion des drogues dans les villes.
Ici, la différence est de taille, a constaté la Gendarmerie nationale, 63 tonnes saisies à l’intérieur contre 25 tonnes interceptés aux frontières. Pour décortiquer cette nouvelle donnée, les gendarmes enquêteurs ont étudié cette situation.

L’étude a fait ressortir que les rébellions qui se sont produites depuis l’année 2011 dans certains pays arabes ont été l’une des causes essentielles de cette montée fulgurante du trafic de drogue.

Le nombre de réseaux nationaux de trafic a subitement grimpé durant cette période, du moment que les réseaux internationaux ont profité des conflits politics et armés dans les pays en guerre pour faire écouler leurs marchandises.

Les réseaux de drogue ont également développé leurs modes opératoires pour contrer la stratégie adoptée par la Gendarmerie nationale au niveau des frontières.

Sur le plan interne du pays, le chômage chez la population de moins de 30 ans a été soigneusement exploité par les narcotrafiquants. Ces derniers ont su comment attirer des milliers de jeunes Algériens pour devenir de futurs trafiquants.

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