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La femme chercheur en débat à l’USTHB

6 mars 2020 | 22:51

L’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB) a organisé jeudi une rencontre débat ayant pour thème « La place de la femme dans le domaine de la recherche scientifique en Algérie et dans le monde ».

initiée par l’association algérienne des femmes et des filles de sciences, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, cette rencontre était l’occasion de mettre la lumière sur les expériences des femmes chercheurs algériennes, a indiqué Yasmina Kerboua-Ziari, professeur à l’USTHB et organisatrice de la journée, soulignant que les débats ont également axé sur les différentes contraintes que rencontre la femme chercheur algérienne. « Nous avons constaté qu’au niveau des différents cursus scolaires, du primaire jusqu’à l’université, le nombre de filles dépasse celui des garçons. A l’université par exemple, le nombre de filles est estimé à 60% contre 40% pour les garçons, mais au-delà du master on enregistre plus de garçons que de filles. Ces dernières abandonnent généralement au niveau du doctorat », a-t-elle précisé.

Le Pr Kerboua a fait savoir que la femme algérienne trouve des difficultés à concilier la vie professionnelle et la vie familiale. Pour notre interlocutrice, l’environnement ne permet pas à la femme d’aller de l’avant et de percer dans le domaine de la recherche scientifique.

Kerboua plaide pour la sensibilisation des filles dès le jeune âge, au niveau même du primaire, en leur faisant savoir qu’elles sont capables de réussir. Pour sa part, le recteur de l’USTHB, le Pr Benali Cherif, est revenu longuement sur l’historique de la recherche scientifique et de l’université en Algérie depuis l’époque coloniale, et même avant, jusqu’à aujourd’hui, en rappelant que la première femme algérienne ayant décroché un diplôme universitaire fut la défunte Aldjia Noureddine-Benallegue, qui était diplômée de la Faculté de médecine d’Alger en 1945. Saluant les réalisations de la femme dans le domaine de la recherche scientifique dans l’Algérie indépendante, Benali Cherif a abordé le cadre juridique régissant la recherche scientifique en Algérie depuis 1962 et la politique nationale de la recherche ainsi que l’évolution du réseau universitaire. En termes de chiffres, le recteur de l’USTHB a indiqué qu’en 1962, lorsque l’Université algérienne comptait quelque 2 700 étudiants, elles ne représentaient que 1%, alors qu’en 2020 les étudiantes dépassent 50% des quelque 1 600 000 inscrits.

Concernant l’USTHB, Benali Cherif a fait savoir qu’actuellement les étudiantes en master dépassaient 60%, celles en post-graduation représentaient 64%, au moment où le corps enseignant féminin est de 55,7%. L’experte en management qualité en industrie et technologie de l’Université Al-Manar de Tunis, Leila Guellouz, a indiqué, dans ce même contexte, que les femmes représentaient 44% du personnel enseignant de l’université tunisienne et 47% du corps des chercheurs, soutenant que la problématique nécessitant d’être posée devrait porter sur « les raisons qui empêchent la femme de s’investir davantage dans la recherche alors que le nombre des étudiantes et le taux de réussite chez les filles dans le cursus universitaire étaient plus élevés par rapport à ceux des hommes ». Elle a également souligné l’importance d’élaborer des statistiques « actualisées » au niveau des institutions de chaque pays pour avoir une « vision claire et trouver les voies et moyens de valoriser et améliorer la place de la femme dans le domaine de la recherche ».

Pour Mme Guellouz, l’amélioration de la place de la femme dans la recherche est « d’abord un choix sociétal » et nécessite la « génération d’une dynamique juridique et culturelle dans le sens du progrès et de la modernité ».

De son côté, la directrice de l’Ecole nationale supérieure de management de Koléa, Mme Messaid, a appelé les femmes chercheurs à avoir une « forte personnalité pour pouvoir affronter les situations professionnelles » et à « se positionner comme étant chercheuses à part entière et non comme seulement femmes chercheurs ». Elle a estimé que le parcours social de la femme chercheur « perturbait souvent son parcours et sa carrière professionnels » et « l’empêchait d’évoluer efficacement en tant que chercheuse », en déplorant le fait que « certaines chercheuses se font exploiter quand elles veulent s’affirmer dans leur travail ». Par ailleurs, Mme Messaid a tenu à souligner l’importance d’améliorer le climat de la recherche scientifique pour l’ensemble des chercheurs et des chercheuses, en mettant en avant la nécessité pour tout un chacun de « faire un travail sur soi à travers l’autocritique et l’autoévaluation afin d’éviter les embûches qui risquent d’entraver le parcours professionnel ».

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