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La démission déguisée des députés

24 juin 2016 | 22:31
H. Rabah

« L’APN en déliquescence », « c’est une démission totale des députés », « c’est la honte à une institution devenue non respectable », les qualificatifs ne manquaient pas pour commenter l’annulation de la plénière d’avant-hier.

On savait que depuis le début du Ramadhan, l’hémicycle est quasi-vide, quelques dizaines de présents, ne dépassant jamais au meilleur des jours la cinquantaine de députés, essentiellement des partis de l’opposition.

La défection était totale avant-hier, alors que le bureau de l’APN avait programmé plusieurs projets de loi pour adoption. Rien n’y fit. On a noté que la majorité des absents sont des parlementaires issus des groupes du FLN et du RND.

Pourquoi ces deux partis, composant le gouvernement du Premier ministre Abdelmalek Sellal, et défendant le programme du président Abdelaziz Bouteflika, n’ont pas daigné venir voter ? Pourquoi n’ont-ils pas reçu des consignes de la part de leurs directions politiques ? Et surtout, pourquoi le bureau de l’APN a programmé le vote de ces lois alors qu’il a constaté depuis au moins 15 jours une absence totale des parlementaires ?

Est-ce une nouvelle forme de gabegie et légèreté de la part d’une institution névralgique censée donner l’exemple et surtout être à la hauteur des responsabilités nationales que lui confèrent la Constitution et les autres lois régissant leurs activités ? Faute de quorum, le président de l’APN, Larbi Ould Khelifa, a dû accepter à contre-cœur l’annulation des votes prévus avant-hier et les reporter à lundi prochain, en priant que cette fois-ci ces propres députés répondent présents à la séance plénière.

Pourtant, parmi les projets concernés, il y en a un qui a défrayé la chronique ces derniers temps et a créé une vive polémique et des débats acharnés. Il s’agit de l’avant-projet de loi portant statut des officiers de réserve et statut des personnels militaires, notamment la version consacrée à l’obligation de réserve pour les officiers supérieurs à la retraite.

Ce projet semble avoir mobilisé certaines voix politiques, mais aussi des anciens chefs militaires. La dernière banderille à ce projet est venue de la part de l’ancien ministre de la Défense, Khaled Nezzar, qui invita les députés à le dénoncer(le projet de loi) et à ne pas l’adopter. Toutefois, beaucoup de députes soutiennent que certains galonnés retraités ont terni, par leurs postures politiques ou publiques, l’image de l’institution militaire.

Quoi qu’il en soit, la question majeure que se posent les observateurs, c’est cette propension flagrante de nos députés à s’absenter et à refuser l’exercice de leurs propres missions, affichant une nonchalance et une légèreté insoutenables politiquement.

Car, selon le règlement interne de l’APN et le dispositif relatif à son fonctionnement, il faut la présence de 220 députés au moins pour faire adopter des projets de loi. Un chiffre apparemment difficile à atteindre durant ce mois sacré.

Pourtant, ce jeudi, les ministres concernés par les projets étaient présents dès 10 heures du matin et il aura fallu attendre presque cinq heures avant que le président de l’APN n’annonce le report. Les députés ont encore une fois brillé par leur absence. On invoque la tradition qui veut que les députés des wilayas de l’intérieur du pays (ils sont plus de 300) jeûnent chez leurs familles, au bled et rechignent à faire le déplacement à Alger, juste pour « lever la main ».

L’incertitude plane déjà sur la journée de lundi prochain qu’Ould Khélifa a programmé pour le vote de ces projets.
Pour l’opposition, il existe une volonté délibérée de la part du gouvernement de « liquider » des projets importants durant cette période, alors qu’il faudrait attendre la fin des fêtes de l’Aid pour un meilleur débat et un enrichissement de ces nouvelles législations.

Rappelons que plusieurs projets sont prêts pour l’adoption. Outre celui portant statut des personnels militaires, il y a celui portant organisation et fonctionnement du Parlement (APN et Sénat) et les relations entre les Chambres et le gouvernement, la révision de la loi portant sur le régime électoral, la création de la haute instance indépendante chargée des élections, le Haut conseil des Droit de l’Homme, le code des investissements et la loi portant règlement budgétaire entre autres.

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