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La cueillette des dattes, un festival à Ghardaïa

5 octobre 2016 | 19:34
Aissa Hadj Daoud

A Ghardaïa et ses régions, la cueillette des dattes est aussi l’occasion pour les fellahs de faire découvrir leurs célèbres coutumes et traditions. Aussi, pour clore le labeur sur une note festive, les cueilleurs organisent traditionnellement un copieux repas traditionnel baptisé « la chakhchoukha ».

Toutefois, à l’occasion, quand certains pensent à observer une certaine léthargie, d’autres s’apprêtent à retrousser leurs manches. Voici venu le temps de la cueillette. Suivez le fellah dans les palmeraies.

Ceux qui se sont promenés cet automne ont peut-être remarqué des régimes de dattes moins pleins que d’habitude. C’est la conséquence des grandes sécheresses de cette année ainsi que de certaines maladies phoénicicoles. Ces régimes prennent de la couleur, du vert et du rouge, tandis que d’autres virent au doré. C’est la véraison.

Les agriculteurs suivent cette étape avec beaucoup d’attention car elle précède celle de la maturation. Et quand les dattes sont mûres, il faut les cueillir.

Le ban des cueillettes, c’est-à-dire la date à partir de laquelle on peut commencer à cueillir, est déterminée par les fellahs eux-mêmes. Le cueilleur programme alors sa récolte en fonction de la maturité des dattes.

Les cueillettes ont lieu traditionnellement entre septembre et novembre (pour Déglet Nour), mais restent tributaires des aléas atmosphériques. Une forte pluie ou un orage de grêle suffit en effet à gâcher une récolte toute entière.

Si le temps n’est pas trop capricieux, la récolte des dattes à Ghardaïa pour 2016 devrait tout de même dépasser les 500 000 quintaux. Si la mécanisation (échelles télescopiques) gagne du terrain, les cueillettes manuelles ont encore de beaux jours devant elles et séduisent une main-d’œuvre importante.

De Guerrara à El-Menia en passant par Ghardaïa, Berriane et Zelfana, la joyeuse effervescence qui anime les cueilleurs ghardaouis est visible.

Aux premières lueurs du jour, les préposés aux cueillettes ont déjà leur poste au milieu des jardins, armés d’un bon sécateur bien aiguisé et d’une bonne dose de courage.

Car les risques de tomber d’un palmier n’est pas à exclure ; les régimes sont souvent hauts et les grandes feuilles mises à rude épreuve ! Un à un, les régimes de dattes passent du panier du cueilleur à la hotte des ânes porteurs ou des camions bennes avant de gagner les réserves, les dépôts et les marchés. Après la cueillette, sous l’égide des propriétaires des jardins, les plaintes des cueilleurs cèdent vite le pas à la satisfaction et à la joie.

Le soir venu, l’humeur est habituellement à la fête. Malheureusement, ce n’est pas le cas pour cette année, après la chute mortelle du haut d’un palmier d’un fonctionnaire de la wilaya de Ghardaïa, le regretté Salah Daoudi, âgé de 52 ans et père de deux enfants, survenue le jeudi 15 septembre à Bounoura. Quoi qu’il en soit, à la fin des récoltes, la fatigue des premiers jours des cueillettes est vite oubliée.

On se promet alors de revenir l’an prochain. Mais l’on ne se quitte pas avant de déguster en groupe un verre de thé à la menthe et quelques bonnes dattes, tout en étanchant sa soif avec du lait de chèvre bien frais, coutumes obligent.

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