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La bataille de la libération de Mossoul a commencé

17 octobre 2016 | 20:01
R. I. et agences

Les forces irakiennes ont lancé hier l’offensive pour reprendre la ville de Mossoul, dernier bastion du groupe Daech en Irak, une bataille dont l’issue sera « décisive » dans la guerre contre les terroristes, selon Washington.

A 45 km au sud de Mossoul, près de la localité d’Al-Choura, un journaliste a vu des colonnes de véhicules blindés de l’armée irakienne partir vers la ligne de front.

L’ONU et des ONG humanitaires ont exprimé leur « préoccupation » pour les quelque 1,5 million d’habitants de la deuxième ville d’Irak, rappelant que « les familles sont exposées à un risque extrême d’être prises entre deux feux » ou d’être utilisées comme boucliers humains par les terroristes.

C’est par une allocution officielle prononcée en pleine nuit à la télévision que le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé le lancement de cette bataille qui se prépare depuis des mois, avec le soutien d’une coalition internationale antiterroristes composée de 60 pays et conduite par les Etats-Unis. « Le temps de la victoire est venu et les opérations pour libérer Mossoul ont commencé », a déclaré Haider al-Abadi.

Quelque 30.000 forces fédérales irakiennes, armée, police, contre-terrorisme, sont impliquées. Les combats pourraient durer « des semaines voire plus », selon la coalition internationale.
La deuxième ville du pays, située dans le Nord sur les bords du fleuve Tigre et peuplée majoritairement de musulmans sunnites, était tombée aux mains de Daech en juin 2014.

C’est à Mossoul que le leader de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi, avait publiquement proclamé un « califat » sur des territoires conquis de manière éclair par les terroristes en Irak et en Syrie entre 2014 et 2015. 

Fort de ses succès, le groupe extrémiste avait alors inspiré ou préparé des attaques notamment au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique. Il a depuis perdu une large partie de ces territoires, 16% rien que cette année selon le groupe d’analyse de défense américain IHS. En Irak, le gouvernement a notamment repris les cités de Fallouja et Ramadi.

 Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a estimé que la bataille de Mossoul était « un moment décisif dans notre campagne pour infliger à Daech une défaite durable ».

Le chef du gouvernement irakien n’a pas donné de précisions sur les opérations militaires lancées dans la nuit de dimanche à lundi. Elles devraient dans un premier temps consister à traverser les lignes terroristes pour gagner les abords de la ville avant un encerclement puis de violents combats de rues.

Lourdement armés, les terroristes qui seraient entre 3.500 et 4.000 dans la ville, selon des estimations américaines, ont eu des mois pour se préparer à cet assaut et devraient avoir recours à des attentats à la bombe, voire des boucliers humains pour ralentir leurs ennemis.

Bagdad et plusieurs localités d’Irak ont été secouées ces derniers jours par des attentats à la bombe, certains revendiqués par Daech, qui ont fait près de 60 morts. La dernière attaque qui a eu lieu hier au sud de Bagdad a fait 10 morts. 

Le Premier ministre a précisé que seules l’armée et la police irakiennes entreraient dans Mossoul, alors que de nombreuses forces sont impliquées dans l’offensive.

Les sunnites, minoritaires dans un Irak majoritairement chiite, craignent l’entrée dans la ville des puissantes milices paramilitaires chiites du Hachd al-Chaabi, soutenues par l’Iran, et accusées d’exactions contre les civils sunnites dans le passé. 

De leur côté des milliers de combattants kurdes irakiens progressaient hier en direction de villages tenus par des terroristes à l’est de Mossoul.

Sur le mont Zardak, un photographe de presse a vu des combattants kurdes déployer des pièces d’artillerie. La coalition internationale fournit elle un appui aérien et terrestre. 

Pour sa part, le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé hier qu’il était « hors de question » que la Turquie reste « en dehors de l’opération », même si Haider al-Abadi a exigé à plusieurs reprises le retrait des troupes turques d’Irak et rejeté leur participation à la reprise de Mossoul.

L’armée irakienne a largué par les airs des milliers de tracts sur Mossoul pour donner des consignes de sécurité aux habitants.
Mais les ONG Save the Children et le Conseil norvégien pour les réfugiés ont appelé à la mise en place de « couloirs sécurisés » pour que les populations puissent échapper aux combats et ne pas rester coincées sous les bombes, sans nourriture ni soins.

500.000 enfants sont menacés par les combats, selon Save the Children.
Avant le début de l’opération, le président russe Vladimir Poutine a invité la coalition internationale à faire le maximum pour éviter des victimes civiles.

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