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La Libye un incubateur de terrorisme

23 juin 2019 | 20:29
Libye M’hamed Khodja


En relations internationales la notion de zone grise renvoi à un espace de dérégulation sociale, de nature politique ou socio-économique, où les institutions centrales ne parviennent pas à affirmer leur domination, laquelle est assurée par des micro-autorités alternatives. En deux mots, une zone de non-droit. Et c’est justement la situation que vit la Libye depuis la destruction de la Jamahiriya libyenne et l’assassinat de son Guide, feu Mouammar Kadhafi en 2011. Cependant, le service « après-vente » d’une pseudo-démocratie s’est transformé en une interminable succession de guerres entre factions et autorités rivales qui peinent, chacune d’entre-elles, à assoir une autorité forte et à caractère national. Ce qui a ouvert la brèche à différentes ingérences et interférences.


Et la Libye d’aujourd’hui est le théâtre d’une guerre régionale par procuration que se livre de nombreux acteurs avec des agendas convergents parfois, mais souvent divergents. Ainsi, le trio Etats-Unis, France et Grande-Bretagne, fer de lance de la guerre de 2011 contre la Jamahiriya jouent à l’équilibriste entre les deux grands pouvoirs régionaux en Libye, la Tripolitaine dirigée par le Gouvernement d’union nationale et la Cyrénaïque sous la férule du maréchal autoproclamé, chef suprême des forces armées libyennes Khalifa Haftar.


Ces trois protagonistes internationaux qui lorgnent non seulement les richesses du pays en hydrocarbures, mais aussi sa position stratégique et sa condition de zone grise entre le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, le Sahel et la Méditerranée, eux-mêmes sous-traitent parfois à des acteurs de seconde zone. La Turquie et le Qatar d’un côté, l’Egypte et les Emirats Arabes Unis de l’autre. Chacun d’eux joue ses propres cartes, mais roule pour un agenda supérieur au sien.


Le contrôle du territoire ou de certaines de ses portions, ainsi que la mainmise sur les champs pétrolifères nécessite cependant la mobilisation de ressources financières mais aussi des hommes et du matériel de combat.


Dans un récent article bien documenté et daté du 7 juin, le site d’information libyen almarsad jette un pavé dans la mare. Le binôme Turquie-Qatar qui soutient le gouvernement d’union nationale à Tripoli à travers les milices de Misrata a procédé à un transfert de combattants de la province d’Idlib en Syrie vers la Tripolitaine afin de grossir les rangs des combattants anti-Haftar.


Selon ce site, des centaines de combattants d’Al-Nosra et Ahrar Al-sham, deux groupes terroristes qui sèment le chaos dans le Nord de la Syrie, ont été transporté de Turquie en Libye sur des Antonov appartenant à une compagnie aérienne ukrainienne, Ukraine Air Alliance (UAA). Cette compagnie déjà accusé par l’Indonésie de transporter des aides aux rebelles indonésiens, a opéré ces derniers mois principalement en Turquie et en Israël dans la région du Moyen-Orient, et en Libye en Afrique du Nord.


Par exemple, l’appareil Antonov AN-12-BK de l’UAA aurait effectué une liaison, le 1er juin dernier entre l’aéroport international d’Ankara et celui de Misrata, sous le numéro de vol UKL 4073. D’autres appareils Antonov UR-CNT12-BK et Antonov AN-12-B ont également desservis Misrata à partir d’Ankara avec des cargaisons inconnues.


Ces faits sont par ailleurs confirmés par la lettre du chargé d’affaire libyen à l’Onu, Al-Mahdi Al-Majrabi, datée du 22 mai, à l’adresse du chef de la diplomatie libyenne. Le représentant libyen à New York accuse certaines parties sans les nommer de contourner l’embargo sur les armes en direction de la Libye. Pis, il pointe le doigt sur le fait que certaines parties en conflit, toujours sans les nommer, aient recours aux groupes terroristes activant dans la province syrienne d’Idlib.


Cette déliquescence avancée de la situation en Libye a permis la prolifération de groupes terroristes locaux avec des ramifications régionales et internationales selon leurs obédiences : DAECH-EI et AQMI principalement. Une fragilité de la situation sécuritaire en Libye n’est pas sans inquiéter ses voisins, d’autant que selon des chiffres, le chaos libyen s’est répercuté sur 14 pays, alimentant le phénomène terroriste bien au-delà des frontières libyennes.


 


L’Algérie qui suit de très près la situation en Libye avait anticipé le chaos actuel en appelant dès 2011 à une solution négociée à la crise libyenne, puis à une démarche nationale et inclusive afin de barrer la route à tous les extrémistes mais surtout aux ingérences étrangères plus destructrices que salvatrices. La crise née de l’offensive de Haftar contre Tripoli et le statu quo sur le terrain opérationnel, avec cependant une grande concentration d’armes et de combattants notamment les terroristes importés d’Idlib, non loin des frontières algéro-libyennes complique l’équation déjà à plusieurs inconnus. L’essentiel pour l’Algérie c’est l’endiguement du problème libyen afin d’assécher le terreau d’ingérences et de luttes d’intérêts des différents acteurs qui s’entretuent par groupes locaux interposés.

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