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La CAME réfractaire aux mécanismes de remboursement des crédits

22 mai 2017 | 20:00
Saïd Tissegouine

Le Collectif d’appui à la micro-entreprise (CAME) de la wilaya de Tizi Ouzou –ANSEJ – CNAC – ANGEM- poursuit sa rébellion contre les mécanismes de remboursement et paiement de fiscalité en relation avec leurs entreprises instaurés par l’Etat.

Le principe de gel de tout paiement de redevance décidé depuis 2015 a été rappelé, hier encore, à l’occasion de l’assemblée générale des adhérents à la CAME dans la la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.

A la lumière du long exposé du secrétaire général de la CAME, Hamid Guellal, les 28 000 promoteurs de la wilaya de Tizi Ouzou qui ont bénéficié de crédits auprès de d’organismes tels que l’ANSEJ, CNAC et ANJEM, vivent le cauchemar.

Selon eux, ils sont « en train de subir un supplice ». Depuis la création de leurs entreprises, dont certaines en 1997, soit au moment de la mise en marche de l’ANSEJ, CNAC et ANJEM, ils en sont toujours au point zéro. D’autres connaissent une situation pire puisqu’ils sont endettés.

Certains promoteurs, n’ayant pu résister aux pressions psychologiques, se sont suicidés. D’autres encore ont sombré dans la folie.

Quant à ceux qui traînent des problèmes de tension, leur nombre est encore plus considérable. Hamid Guellal a rappelé à l’endroit de la nombreuse assistance que les dés sont pipés c’est-à-dire que les bénéficiaires des crédits, dans le cadre de ces trois formules ont été leurrés dès le moment où ils ont obtenu les crédits. Qu’est-ce que cela veut dire ? Les promoteurs, qui ne connaissaient pas la réalité du marché et des affaires ont investi les crédits obtenus dans des secteurs d’activité déjà saturés.

Et par conséquent, ils n’ont pu booster leurs entreprises. Autrement dit, les entreprises travaillaient à perte ou étaient condamnées à l’inertie. Il se trouve que les banques créancières et l’administration fiscale ne prennent pas en compte ces considérations. 

Le banquier se base sur l’échéance pour demander le recouvrement de ses créances. L’administration fiscale agit aussi en conformité avec ce principe. Or, une entreprise qui ne produit pas ne peut pas dégager des bénéfices. Le promoteur se retrouve ainsi dans l’impossibilité de payer.

Mais la banque et l’administration fiscale n’ont pas d’états d’âme. Donc, quand le débiteur ne se présente pas au guichet une fois l’échéance arrivée pour s’acquitter de ses obligations, un huissier de justice se présente à lui. Hamid Guellal a affirmé que certains promoteurs ont vendu la terre héritée de leurs ancêtres pour faire face à la dette.

D’autres ont eu recours à un autre emprunt pour payer la banque et s’acquitter de leurs obligations fiscales. Et d’autres encore, ont vendu l’or de leurs épouses. 

Le secrétaire général de la CAME a également parlé de la multitude d’ordonnances de saisie dont ont été destinataires les promoteurs. « Nous avons cru au début qu’il était question, avec l’octroi de ces crédits, de mettre sur pied une entreprise pour créer des richesses, assurer des emplois, en un mot faire connaître à l’entreprise créée une activité exponentielle.

C’est exactement le contraire qui s’est produit « , a déclaré avec véhémence le secrétaire général de la CAME avant de réitérer qu’il est hors de question « qu’on continue à subir ce diktat qui nous avilit « .

Les participants à cette rencontre ont souligné que l’Etat aurait dû les orienter dans le choix des créneaux d’investissement. Mais quelle est la solution à cette situation qui ne peut plus durer ? Du côté de la CAME, la poursuite de la mobilisation autour de la CAME, à savoir la poursuite de recrutement d’adhérents dans ces rangs.

En 2015, le nombre d’adhérents pour la seule wilaya de Tizi Ouzou était de 350. Ce nombre était en 2016 à plus de 2 000. « Notre objectif est d’avoir des membres de la CAME dans chaque village de notre wilaya « , a martelé Hamid Guellal. 

Dans une déclaration au Jeune Indépendant, le secrétaire général de la CAME a assuré que la wilaya de Tizi Ouzou, qui compte 28 000 promoteurs, n’est pas seule à se révolter contre cette politique que subit de plein fouet le promoteur. « Lors des journées des 3, 4 et 5 avril de l’année en cours, pas moins de 32 wilayas du pays ont participé à la rencontre qui a eu lieu à Aïn-El-Hammam. De cette rencontre, deux ateliers ont été dégagés.

Le premier avait la mission de travailler sur le volet portant dettes et le second sur le volet portant sur l’environnement de travail des promoteurs « , a indiqué Hamid Guellal avant de préciser que la décision nationale sera prise à partir des propositions dégagées par ces deux ateliers.

« En attendant, à Tizi Ouzou, nous poursuivons notre action portant sur le gel des remboursements des banques et le paiement de l’impôt « , conclut notre interlocuteur.

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