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L’opposition entre boycott et participation

10 juillet 2016 | 19:40
H. Rabah

Après le choc, l’expectative. L’opposition en reste encore médusée et complètement abasourdie par les nouveaux dispositifs que la majorité parlementaire du FLN et du RND a votés récemment, concernant les élections, le mode de calcul des voix et l’obtention de sièges et surtout les conditions exigées pour le dépôt des candidatures.

Des dispositifs qui ont durci les règles, pour des raisons que le gouvernement de Sellal expliquait lors de la présentation du projet, alors que l’opposition estimait que cela est fait « sciemment » pour acculer des partis politiques et réduire l’opposition parlementaire à une forces négligeable.

En effet, le taux exigé (4%) paraît dérisoire pour certains, mais il est vraiment ardu et difficile à atteindre par les temps qui courent, même par des partis politiques aguerris.

De plus, exiger des milliers de signatures pour faire valider une candidature est une opération gigantesque, notamment dans des agglomérations importantes. Ce sont ces règles, que l’opposition a qualifiées de « discriminatoires » et « d’éliminatoires », qui semblent devenir aujourd’hui un sujet de préoccupation majeure pour elle.

Alors que la contestation était vive après l’adoption de la loi sur le régime électoral par l’APN, l’opposition semble vouloir chercher encore une issue favorable pour contourner les nouvelles « règles », notamment le seuil des 4% des voix obtenues lors des élections législatives de 2012.

Au sein de l’opposition, on est divisé en deux camps sur la manière de répondre à cette loi sur le régime électoral. Il y a le camp qui prône une option radicale et jusqu’au-boutiste, comme Jil Djadid de Sofiane Djillali.

Cette option se veut être fidèle à l’esprit de la plate-forme de Mazafran, celle qui refuse toute solution ou issue en dehors des principes de ladite plate-forme, dont notamment une période de transition démocratique.

Pour les radicaux de l’opposition, que d’autres forces pourraient bien rejoindre ultérieurement, il faut revendiquer dès maintenant un boycott total et irréversible des prochaines élections législatives si le gouvernement persiste à faire passer son projet au Sénat.

Pour Djilalli, participer à ces prochaines élections est déjà « une caution » et une « acceptation » d’une situation que l’opposition ne cesse de dénoncer depuis des années. C’est d’ailleurs en raison de cette option que Jil Djadid s’est retiré de la Coordination nationale des libertés (CNLTD), car il a senti que ses partenaires sont attirés par une option participationniste, soit à ces élections, soit à une autre forme d’accord ou de deal avec le gouvernement et la mouvance présidentielle.

L’autre camp préconise plutôt le refus de la politique de la chaise vide. Des partis politiques de l’opposition estiment qu’il faut saisir toutes les élections pour faire aboutir leurs idées, mobiliser l’opinion publique et surtout militer le temps d’un mandat pour une « expression critique » de la gestion gouvernementale.
Pour les défenseurs de cette option, les élections sont les clés d’une mobilisation citoyenne autour d’idées-forces, le vote est « l’âme même de l’existence politique » d’un parti, quitte à être victime de fraude ou d’échec.

L’idée de renoncer aux législatives semble être absente chez les islamistes, notamment des formations de l’Alliance de l’Algérie verte. Bien que rien d’officiel n’a été annoncé, on s’attend cet été à des décisions majeures, soit lors des universités d’été du MSP, d’El Islah ou d’Ennahdha, soit lors des sessions du majliss echoura de ces trois formations.

Récemment, c’est le leader du MSP, Abderzak Mokri, qui a appelé toutes les sensibilités de la mouvance islamiste à s’unir et à s’allier autour d’un projet électoral politique, afin de riposter aux tentatives « d’émiettement et d’isolement » de l’opposition.

Autrement dit, Mokri ne prône nullement le boycott des prochaines législatives, mais veut plutôt y attirer d’autres partis politiques avec des arguments forts. Mais cela suffira-t-il à éviter l’implosion de la CNLTD et surtout de l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition ?

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