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L’ombre d’Enrico Mattei booste la coopération

18 juin 2016 | 18:27
Hocine Adryen

Durant la seule période de 2010 à 2015, les groupes italiens étaient les premiers investisseurs étrangers dans le secteur des hydrocarbures en Algérie devant leurs concurrents britanniques, selon un bilan publié par le ministère de l’Energie dans sa revue consacrée à ce secteur.

Les investissements réalisés par les sociétés italiennes se sont élevés à 3,1 milliards de dollars. Les compagnies britanniques suivent avec 2,1 milliards de dollars.

Arrivent en troisième position les Etats-Unis arrivent avec 1,6 milliard de dollars suivis de la Norvège avec 1,5 milliards dollars, du Canada avec 0,9 milliard de dollars, de l’Espagne et la France avec 0,7milliard de dollars. Les compagnies italiennes sont très présentes dans le développement tandis que les Britanniques dominent dans l’exploration.

Les compagnies italiennes ENI et Saïpem sont les plus présentes en Algérie. La présence en force des Italiens s’explique en grande partie par le rôle joué par Enrico Mattei qui, de son vivant, fut un fervent défenseur de l’Independence de notre pays.

Enrico Mattei a été un allié remarquable de la Révolution algérienne, surtout par la confiance qu’il manifesta dans la future Algérie indépendante en prenant, à cette époque, option pour l’exploitation du pétrole algérien dans des conditions infiniment plus justes pour les producteurs, que celles des grandes compagnies pétrolières mondiales qui s’attribuaient la part du lion dans ce domaine.

Il envoya même des techniciens de l’ENI à Tunis pour prêter assistance au gouvernement algérien en exil, et pour l’aider à dessiner les scénarios énergétiques futurs de l’Algérie indépendante.

Il a donné des avis et des renseignements importants aux autorités du GPRA, avec un impact significatif sur le déroulement du volet énergétique des négociations d’Evian.
Paradoxalement et malheureusement, Enrico Mattei a eu la satisfaction d’assister à l’indépendance de l’Algérie, mais il n’a pas pu connaître l’Algérie indépendante.

A titre de reconnaissance posthume pour son rôle et pour ses efforts, le gazoduc qui relie l’Algérie et l’Italie à travers la Tunisie s’appelle, depuis sa construction et son achèvement au début des années 80, tout simplement Enrico Mattei, même si la dénomination officielle est Transmed.

Sur le plan politique, Enrico Mattei mobilisa la classe politique italienne en faveur de la cause algérienne, si bien que l’Italie devint le pays européen où le FLN avait le plus de facilités et de soutiens pour déployer son action politique et diplomatique.

Lorsque apparurent, dans le courant des années 60, des perspectives de négociations entre les parties en conflit, le GPRA se mit en devoir de préparer de solides dossiers sur les aspects politiques, juridique, économique et financier susceptibles d’être défendus.

Parmi ceux-ci, le dossier des hydrocarbures, que la partie française s’interdisait totalement d’examiner sous quelque forme que ce soit, considérant le Sahara territoire français non concerné par l’offre d’autodétermination proclamée par le général De Gaulle lors de sa conférence du 16 Septembre 1959.

Les contacts préliminaires furent, engagés durant l’année 1961. De nouveaux contacts, secrets cette fois-ci, furent pris pour préparer l’ouverture de nouvelles négociations publiques. Le dossier des hydrocarbures fut donc repris par le GPRA pour un examen plus complet.

Le soutien d’Enrico Mattei fut déterminant lors de cette phase. Il mit en relation son plus proche collaborateur Mario Pirani, qui s’installa à Tunis, pour la circonstance en janvier 1962 sous une couverture de journaliste, avec Abdelhafidh Boussouf, Krim Belkacem, Mohamed Benyahia pour la gestion des questions politiques liées aux relations euro-méditerranéennes et les questions techniques avec les membres du MALG chargés du dossier des hydrocarbures, Mohamed Khelladi, Redha Rahal, Kasdi Merbah, Mahmoud Hamra-Krouha.

L’expérience pratique d’Enrico Mattei et ses conseils avisés inspirèrent grandement le groupe de travail algérien dans la définition des grands axes d’une stratégie de négociation, à même d’apporter à l’Algérie les solutions les plus avantageuses pour l’exploitation des richesses pétrolières du sous-sol saharien.

Dans le même temps, le GPRA avait obtenu, auprès d’une personnalité haut placée dans la hiérarchie du pouvoir administratif d’Alger, par l’entremise des services de renseignements du MALG, une documentation complète comprenant le corpus détaillé des textes législatifs et réglementaires régissant le domaine ainsi que des copies de contrats, actes de concession, tableaux d’indices des prix et fiches signalétiques de l’ensemble des sociétés opérant au Sahara avec le montant de leur capital, sa répartition et la part de l’Etat français dans cette répartition.

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