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L’exécuteur de Maurice Audin se cache en Bretagne

17 février 2018 | 18:16


Selon le journal français Le Monde, l’exécuteur de Maurice Audin est toujours en vie et est reclus dans sa maison en Bretagne : « Il est toujours vivant. Il a 82 ans, vit reclus dans une ville de Bretagne, protégé par les lois d’amnistie votées après la guerre d’Algérie, et refuse tout entretien », lit-on dans ce journal. De même pour celui qui l’a enterré.
Le 14 février, le quotidien l’Humanité publie le témoignage anonyme d’un ancien appelé du contingent, qui pense avoir « enterré le corps Maurice Audin » en Algérie, sur les ordres d’un parachutiste. Selon d’autres témoignages, Maurice Audin aurait été enterré entre Zéralda et Koléa. Cette affaire, qui revient au-devant de la scène mémorielle, a été évoquée par deux députés, Cédric Villani et Sébastien Jumel, qui ont appelé à une reconnaissance officielle de l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française en présence de Josette Audin et de son fils Pierre lors d’une cérémonie organisée à l’occasion de l’anniversaire de Maurice Audin. Une commission d’enquête pourrait désormais être diligentée afin que soit recueilli le témoignage des derniers témoins. Mais le premier à dévoiler la vérité a été l’ex-président François Hollande qui pour la première fois, au mois de juin 2014, admet que « Audin ne s’est pas évadé » et qu’il est bien « mort durant sa détention ». Son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, n’a jamais répondu au courrier de Josette Audin. En janvier 2014 est dévoilé un document sonore posthume, dans lequel le général Paul Aussaresses explique : « On a tué Audin […] On l’a tué au couteau pour faire croire que c’était les Arabes qui l’avaient tué », ajoutant que c’est lui qui a pris cette décision. Le journaliste Jean-Charles Deniau, qui a recueilli la confession (dans La vérité sur la mort de Maurice Audin), conclut que le mathématicien a été tué par un sous-officier français sur un ordre du général Massu répercuté par Paul Aussaresses, alors officier de renseignements. Le 22 janvier dernier, le député-mathématicien Cédric Villani déclarait dans L’Humanité s’être entretenu de l’affaire Audin avec Emmanuel Macron : « Il m’a annoncé que le grand travail d’ouverture des archives, initié par François Hollande, allait se poursuivre […] et que l’Etat ne cherchera plus à imposer sa version. Enfin, et surtout, il a fait part de son intime conviction que, effectivement, Maurice Audin a été assassiné par l’armée française », précise l’élu qui promet des annonces « en temps utile ». Le chef de l’Etat français, qui s’exprimait devant l’Association de la presse ministérielle le 13 février, a promis que « toutes les pièces seront ouvertes, y compris celles qui ne l’ont pas été » depuis l’ouverture des archives en 2014. Il ne serait « pas raisonnable de reconnaître un crime d’Etat sans avoir les preuves » formelles, mais « nous allons mettre tous les moyens en notre pouvoir pour l’établir », a ajouté le président français. Le 11 juin 1957, lors de la bataille d’Alger, Maurice Audin, 25 ans, est arrêté à son domicile algérois avec son épouse et leurs trois enfants par les parachutistes. Retenu dans une villa à El Biar, il est alors torturé, comme en témoignera plus tard Henri Alleg, directeur de journal, aux mains des militaires en même temps que lui.


Alleg sera le dernier à voir Audin vivant. Il écrira un ouvrage autobiographique sur la torture en 1958 (La question). Plusieurs jours après l’arrestation, des militaires informent Josette Audin de la prétendue évasion de son mari lors d’un transfert. C’est la version officielle que soutiendra l’Etat français jusqu’en 2014. L’épouse porte plainte contre X pour homicide le 4 juillet 1957. En 1958 est publiée une enquête de l’historien Pierre Vidal-Naquet (L’affaire Audin) qui démontre qu’il n’y a pas eu d’évasion : Maurice Audin est mort alors qu’il était aux mains des parachutistes.


 


Son corps n’a jamais été retrouvé. L’acte de décès de Maurice Audin sera établi en 1963, un an après qu’un non-lieu a été prononcé. « Mort durant sa détention ».

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