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L’esprit algérien

20 juillet 2019 | 14:27
Kamel Mansari


Des heures avant le début de la 32e finale de la coupe d’Afrique des nations de football entre l’Algérie et le Sénégal, les youyous des femmes fusaient de partout, les klaxons retentissaient annonçant l’exploit en ce vendredi 19 juillet 2019, un jour de weekend devenu un symbole d’abnégation et de courage.


Que ce soit dans les places publiques ou dans les stades où des écrans géants ont été installés pour la retransmission de la finale, les heures paraissaient interminables avant le coup d’envoi d’une rencontre, marquée par un beau football que l’Afrique a su exporter au reste du monde à travers les contingents de joueurs qui évoluent en Europe et en Asie. 


Portée par des milliers de supporters partis au Caire, cette surprenante équipe, dont personne ne soupçonnait le talent, était partie en Egypte pour faire de son mieux, disait son coach Djamel Belmadi. L’objectif était d’aller le plus loin possible, tester son potentiel et ses limites. Or, la limite de cette équipe s’est avérée sans limites jusqu’à décrocher une seconde étoile qui semblait les fuir de tournoi en tournoi comme si le sacre de 1990 était une malédiction.
Cette consécration intervient à un moment où le pays aspire à un changement qui le conduirait vers des horizons de progrès, de liberté et de justice. Le symbole est fort. Le hirak qui se déroule en Algérie depuis le 22 février s’est confondu au sport depuis deux semaines.


Comme si l’équipe nationale était une expression du mouvement populaire, son ambassadeur plénipotentiaire, exigeant, au demeurant, des joueurs d’être aussi pugnaces et à la hauteur des espoirs des manifestants qui battent le pavé chaque vendredi dans les villes algériennes.
Les camarades de Mahrez étaient ainsi conviés à aller, certes, le plus loin possible mais avec un titre qui scellerait l’aboutissement d’un effort collectif et d’une conviction nationale inébranlable. C’est ainsi que les algériens étaient impatients de voir cette armada de jeunes fougueux et courageux se hisser au sommet de l’Afrique, 29 ans après le sacre algérois réalisé lui aussi dans des circonstances particulières pendant lesquelles le peuple cherchait une nouvelle voie.
Le destin a voulu que les deux finales remportées en 1990 et 2019 se terminent sur le même score (1-0). Un signe ? Certes ! Les algériens qui avaient traversé après les années 1990 une douloureuse décennie ont, désormais, pris conscience que les acquis aujourd’hui se fassent dans le calme, la paix, le dialogue sincère...et dans la solidarité.


Au-delà du résultat et des victoires qu’ils ont obtenus face à des équipes ayant eu les faveurs des bookmakers, les fennecs ont surtout livré une leçon de cohésion, de solidarité, de courage et surtout ont appris à ne pas mettre un genou à terre lorsque l’objectif semble parsemé d’embuches.
Ce qui a permis aux joueurs de remporter le trophée africain est l’esprit algérien, celui qui ne cédé pas en dépit des blessures, de la fatigue et quelle qu’elle soit la force de l’adversaire. La blessure de Belamri a été l’illustration de ce mental d’acier et du sacrifice au-delà de la douleur pour offrir du bonheur à un peuple lui aussi dompter ses plaies. 

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