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208

Les stupéfiants dans le milieu scolaire

L’école en danger

12 octobre 2016 | 20:04
M. D.

La consommation de drogue et des psychotropes dans le milieu scolaire est devenue un phénomène inquiétant conduisant à des actes de violence récurrent à l’intérieur et à extérieur des établissements scolaires.

Dans certains établissements scolaires, des enseignants se sont même fait agresser dans les classes. Le partenaire social, notamment les associations, a tiré l’alarme et a appelé à la nécessité d’une action commune rapide pour lutter contre la propagation de ce fléau dangereux.

Afin de suivre la pénétration des drogues dans les établissements scolaires algériens, le bureau national de lutte contre la drogue et la dépendance a décidé de lancer une enquête nationale sur la propagation de ce fléau ravageur dans ces milieux au cours du second trimestre de l’année scolaire précédente. L’enquête a été réalisée auprès de 400 collèges et lycées, avec un coût de 11 millions de dinars algériens.

Une enquête similaire aura lieu dans les universités au cours de la prochaine année universitaire. Le Centre national d’études et d’analyses sur la population et le développement a décidé de superviser l’enquête qui dure sept mois, en collaboration avec le ministère de l’Education nationale.

Une enquête préliminaire a déjà été réalisée dans quelques écoles supérieures d’Alger au cours du premier trimestre de l’année universitaire précédente.

Selon un rapport de la Commission nationale de promotion de la santé et du développement de la recherche, relatif à la consommation des drogues par les mineurs en Algérie, paru en 2015, 7,75% des collégiens et 18,77% des lycéens se droguent.

Le professeur Taleb Weld Mahmoud, chef du département psychologique des enfants à l’hôpital psychiatrique Dourayed Hassine, a, quant à lui, affirmé qu’environ 15% des adolescents consomment de la drogue.

Les autorités publiques en Algérie ont révisé leur stratégie en termes de lutte contre la drogue dans le milieu scolaire et ont préparé récemment nombre de programmes de sensibilisation afin de réduire ce fléau.

Des rencontres et des séminaires ont été organisés dans les différents gouvernorats, en collaboration avec les composantes de la société civile, aptes à lutter contre ce phénomène qui ne cesse de gagner du terrain.

Narimane Maklati, présidente de l’association de la protection de l’enfance et des personnes âgées, a indiqué, que ce fléau progresse rapidement, en se référant à la croissance des opérations de saisie, traduisant la hausse du nombre de consommateurs.

Organisant plusieurs rencontres et séminaires relatifs à ce phénomène, Narimane Maklati a appelé à la nécessité de renforcer le travail de proximité pour toucher le plus grand nombre de jeunes toxicomanes afin qu’ils se rendent compte de leur situation et qu’ils soient informés des dispositifs mis à leur disposition pour combattre leur dépendance.

Elle a également mis en exergue la nécessité d’appliquer les mesures préventives, surtout dans les établissements scolaires afin de sensibiliser les collégiens et les lycéens quant au danger des drogues sur les plans physique et mental.

Les différents protagonistes affirment que les parents doivent, maintenant plus que ne jamais, être conscients de l’ampleur du phénomène et porter plus d’attention aux comportements de leurs enfants afin de lutter contre la propagation de ce fléau.

Le phénomène de la drogue en Algérie prend des proportions alarmantes avec l’apparition de nouvelles drogues bon marché et hautement toxiques, avait averti le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM), Mustapha Khiati.

« Les laboratoires clandestins essaimés un peu partout en Afrique et au Sahel fabriquent et commercialisent des produits hautement toxiques, combinés à des produits chimiques et du cannabis « , a-t-il prévenu, hier, lors de son passage à l’émission.

Le professeur Khiati, qui s’est référé aux sources sécuritaires, est revenu sur le danger de l’apparition, dans le pays, de plusieurs nouvelles substances psycho-actives « qui sont en train d’inonder le marché algérien plusieurs » parmi lesquels il cite notamment celles provenant de la frontière.

Quant au nombre de personnes atteintes par ce fléau en Algérie, le président de la FOREM a affirmé que « par extrapolation des chiffres parus dans le rapport mondial de l’ONU de 2015 », le chiffre tournerait autour de 800 000 à 900 000 personnes. « La drogue est répandue à 31% au niveau des universités, à 27% au niveau des lycées et à 15% au milieu des collégiens.

Le professeur Khiati a affirmé que 5 000 personnes sont traitées chaque année en suivant des cures de désintoxication dans les structures hospitalieres. L’Algérie compte 185 cellules d’écoute et de sensibilisation sur les dangers de la drogue, 15 hôpitaux spécialisés pour traiter les toxicomanes et 53 centres intermédiaires de soins. 

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