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L’école : Le nécessaire traitement de choc

13 août 2018 | 14:45
Education Nesrine Mahdid


Violences scolaire, déperdition scolaire, surcharges des classes, manques d’enseignants, résultats alarmants en mathématiques et langues étrangères sont autant de tares qui collent à l’école algérienne depuis des années. Quelles en sont les causes et où se situent les solutions ? Le constat actuel est amer. L’école algérienne est au bas du tableau du classement mondial en terme de qualité de l‘enseignement. Des pays comme le Yémen ou la Libye, dévastés par les guerres, la suivent de près . En 2017 l’Algérie figurait à la 119e place au classement de l’UNESCO, derrière la Tunisie et le Maroc.


Selon l’actuel ministre du travail algérien Mourad Zemali, l’Etat consacre un budget « colossale » de 10 milliard de dollars pour le secteur de l’éducation, ce qui témoigne, a-t-il dit, de « l’effort fourni par le gouvernement pour l’amélioration du système d’enseignement ».
Il convient alors de rappeler quelques chiffres à titre comparatif. La France dépense plus de 150 milliards d’euros à son éducation (faisant d’elle parmi les dix meilleurs systèmes éducatifs au monde), La Finlande débourse un budget tout aussi important à son éducation soit environ 6,1 % de son PIB. La Finlande est considérée actuellement comme le meilleur modèle éducatif au monde dans le domaine des mathématiques, la lecture et la compréhension de l’écrit.
Justement parlons de cette école finlandaise et faisons le parallèle avec la nôtre ;
En premier lieu, le meilleur modèle éducatif au monde ne connait pas la notion du « redoublement ». Il semble que l’école algérienne qui produit un taux devenu élève en matière de déperdition scolaire coute cher au pays tant elle ne profite pas aux compétences de l’apprenant (l’écolier) et le frustre davantage. Il serait plus judicieux d’accompagner les élèves qui sont « moins bons » que leurs camarades par des professionnels de l’éducation et de pédopsychiatrie jusqu’à ce que ces derniers améliorent leur rendement. Souvent certains de ces apprenants souffrent de maux sociaux (parents divorcés, violences conjugales, pauvreté et précarité). Or, au lieu de les prendre en charge on les laisse à leur sort redoubler et redoubler jusqu’à l’adolescence soit à l’âge de 16 ans. La rue devient leur seul débouché et qui pourrair faire d‘eux de potentiels candidats à la délinquance, alors qu’ils auraient pu être dirigés vers une formation professionnelle.
Autre tare de l’école algérienne est la surcharge des programmes de l’avis des enseignants et de nombreux experts. L’UNESCO a dressé un constat en 2015 sur ce chapitre en indiquant que la qualité de l’éducation est le plus grand défi en Algérie et non la quantité. A noter que le système éducatif finlandais a pour objectif principal la lecture, la compréhension de l’écrit et les mathématiques soit l’esprit de logique. Ces disciplines sont dispensées dans des classes qui ne dépassent pas une vingtaine d’élèves avec deux enseignants voir plus et des récréations de 75 minutes ou on conduit l’enfant à apprendre, en s’amusant et en exploitant son monde extérieur. L’élève algérien, quant à lui, entame la première année primaire avec sept matières qui sont enseignées de manière très abstraite. Balloté entre langue arabe, éducation islamique, éducation technologique et autres matières, l’enfant de six ans ne sait plus où donner de la tête. Il demeure assis sur sa chaise de 8h00 du matin à 11h15 et de 13h00 à 15H30 en face du tableau, sans aucun loisir ni sport. Ce qui engendre souvent des actes la sortie des écoles tant l’enfant se lâche d’une journée de confinement forcé. Toutes les énergies sont brimées, l’enfant ne se dépense pas assez, s’ennuie et n’arrive pas, vu son jeune âge, à assimiler le « lourd » programme qui lui est imposé.
Pour l’UNESCO et beaucoup d’experts, l’essentiel pour l’enfant étant la lecture, la compréhension, les mathématique et surtout les jeux et loisirs. Les élèves algériens ne jouent pas assez, ne s’amusent pas assez et n’apprennent pas comme il se doit. Il y a comme une politique de « bourrage » des cranes dans l’école primaire algérienne au détriment d’une véritable politique d’éducation qui tient compte du potentiel d’assimilation des enfants. Les ateliers de lecture d’antan n’existent plus. L’écolier algérien est incapable de lire un livre et de réaliser une fiche de lecture.
Aussi la surcharge des classes reste un des problèmes les plus épineux à chaque rentrée scolaire. Des classes occupés par 50 élèves ne peuvent permettre à un enseignant de remplir correctement son devoir d’instituteur et d’éducateur ni avoir la latitude de se concentrer sur tous ses élèves et consacrer à chacun d’eux son attention.
Cela d’autant que l’école algérienne est la proie de conflits idéologiques entre modernistes et conservateurs qui se déroulent sur la tête de l’écolier et au détriment de son avenir. Les débats et les clivages autour des questions de l’introduction du dialecte algériens dans l’apprentissage des écoliers, du statut de la langue arabe, la suppression de la « Basmala » et dernièrement la suppression des langues étrangères aux filières scientifiques à l’examen du Baccalauréat chahutent le vrai débat qui est celui de l’amélioration des programmes à la base. Ces débats n’apportent aucun changement de fond aux difficultés auxquelles font face les écoliers habitant les zones arides ou reculées sans transport scolaire et sans cantine. Dans certaines localités de l’Algérie profonde, en raison de l’éloignement des écoles on prive les filles d’éducation faute de transport scolaire.
Les cantines scolaires sont aussi sujettes à tout genre de scandales notamment les intoxications alimentaires dues à des produits périmées sans parler de la médiocrité des menus. Le déficit en enseignants des langues étrangères dans le Sud du pays et dans certaines villes éloignées faute d’infrastructure d’accueil accentue le marasme dans les écoles à l’intérieur du pays.
Ainsi, le secteur de l’éducation en Algérie demeure otages de ces insuffisances qui réclament plus que jamais de sérieuses réformes globales et non pas de « reformettes » qui touchent un segment et non pas tout le système. Il s’agit de baliser le terrain à l’école algérienne et mieux l’armer pour se hisser parmi les meilleures dans le classement mondiale.

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