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Menace de Daech : L’alerte algérienne à Interpol en 2014

20 novembre 2015 | 19:47


En décembre 2014, les services de sécurité algériens ont adressé une correspondance à Interpol (Police internationale) dans laquelle ils préviennent du danger de l’existence d’une nouvelle forme de crime organisé, les faux passeports utilisés par les réfugiés issus des zones de conflit.


Ces passeports falsifiés sont fabriqués par des réseaux de trafic et dispatchés un peu partout dans le monde entre autres en Turquie, où l’Etat islamique les utilise pour parvenir à envoyer ses kamikazes dans le monde.


Les huit terroristes ont participé aux attentats terroristes de Paris ont utilisé des faux passeports, dont certains appartiennent à des soldats syriens tués lors des combats en Syrie. C’est avec ces faux passeports qu’ils ont pu regagner l’Europe, la Belgique et la Grèce avant de rallier la capitale française pour exécuter les attentats spectaculaires ayant coûté la vie à 130 personnes et fait plus de 240 blessés.


C’est ainsi que les services secrets français découvrirent comment le commando de l’Etat islamique a pu se faufiler entre les frontières européennes et utiliser des faux passeports syriens pour commanditer les attentats meurtriers à Paris.


Une découverte inattendue à laquelle toute l’Europe est, désormais, sur le qui-vive. Pour remonter dans le temps, il est important de rappeler qu’en mai 2014, la Gendarmerie nationale algérienne avait alerté Interpol sur l’existence d’un grand trafic de faux passeports syriens après des enquêtes menées en Algérie.


La Gendarmerie nationale avait, en 2014, alerté Interpol sur la découverte d’un vaste réseau turco-syrien spécialisé dans le trafic des faux passeports qui revendait une copie de ce passeport 700 dollars.


La filière dont les gendarmes enquêteurs avaient suivi les traces est constituée d’un noyau central composé de plusieurs trafiquants turcs. Les passeports falsifiés appartenaient à des militaires syriens tombés au champ de bataille et qui, par la suite, auraient été utilisés par l’Etat islamique pour faire circuler librement ses djihadistes.


La filière turque


Comment la Gendarmerie nationale a-t-elle pu arriver à découvrir les traces des faux passeports syriens ? C’est en mai de l’année 2014, que des ressortissants syriens sont entrés en Algérie avec de faux passeports fabriqués en Turquie, selon les services de sécurité qui relataient les faits de l’enquête.


La découverte de ce grand trafic avait commencé à l’aéroport international d’Alger, Houari-Boumediene. Les services de sécurité avaient découvert et fait avorter un plan diabolique d’un important réseau transnational de trafic de faux passeports établi à Istanbul en Turquie, suite à l’arrestation de plusieurs réfugiés syriens qui tentaient de regagner la Tunisie via les frontières du pays avec de faux documents de voyage.


L’audition de ces ressortissants a permis aux gendarmes enquêteurs en charge de cette affaire de comprendre le fonctionnement de ce réseau. Selon les investigations menées par les enquêteurs de Bir El Ater (Tébessa), après l’audition des Syriens, ces derniers ont réussi à entrer en Algérie via les aéroports, notamment celui d’Alger et d’Oran, avec de faux passeports établis dans la capitale turque, Istanbul.


D’après les révélations faites par les Syriens concernés, ces derniers ont acheté ces faux passeports auprès des trafiquants turcs, spécialistes en la matière, à raison de 700 dollars la copie. C’est grâce à ce subterfuge que les Syriens, mis en cause dans cette affaire, sont parvenus à regagner l’Algérie via des vols Istanbul-Alger et Istanbul-Oran.


Les services de sécurité algériens ont intercepté deux Syriens en possession de passeports contrefaits (portant la date du 5 juillet 2014) qui, à leur tour, ont dévoilé le grand trafic. Aucun cachet de la PAF (Police de l’air et des frontières) n’est porté sur les passeports confisqués aux Syriens. L’enquête avec les deux concernés a montré qu’il s’agissait de faux documents de voyage.


L’arrestation des deux Syriens s’est produite aux environs de 2 heures du matin le 25 mai 2014, dans la localité dite El Thelijane au niveau de la RN 01. A noter que les gendarmes motards ont été précédemment informés du passage des Syriens à bord d’un bus de voyageurs de la ligne Alger-Bir El Ater.


Après l’interception de ce bus, le contrôle d’identité des deux Syriens, effectué par les gendarmes motards, a éveillé leurs soupçons, leurs passeports ne contenaient pas le visa d’entrée du territoire national.


Les gendarmes ont, alors, emmené les Syriens au siège de la brigade territoriale d’El Thlijane pour procéder à un contrôle approfondi des passeports confisqués. C’est alors que l’un des deux Syriens a déclaré aux gendarmes que son nom est Kh. D. contrairement à celui inscrit sur le passeport.


Dès lors, les gendarmes ont très vite contacté la compagnie nationale Air Algérie pour connaître l’identité des deux Syriens, cela a permis aux gendarmes d’avoir leurs vrais noms et prénoms. Lors de l’interrogatoire, les deux Syriens ont avoué qu’ils avaient acheté les deux passeports à Istanbul auprès d’un réseau transnational spécialisé dans la fabrication de faux passeports en contrepartie d’une somme d’argent estimée à 700 dollars pour une seule pièce.


Selon un réfugié syrien nommé M. T., ce dernier avait avoué aux enquêteurs que son vrai passeport se trouve chez son frère qui possède un restaurant dans la commune de Bab Ezzouar, à Alger.


Ce n’est pas tout, les Syriens ont déclaré aux enquêteurs de la brigade de Bir El Ater qu’ils avaient l’intention de regagner la Tunisie par la route avant de rallier l’Ile de Lampedusa en Italie. Agés de 21 et 24 ans, les mis en cause répondent aux initiales de M. T. et S. A. Le premier réside à Istanbul et le second est natif de Damas, ces derniers ont été placés sous mandat de dépôt en attendant les suites de l’enquête.


Echaudés par cette affaire, les gendarmes sont, depuis cette découverte, sur le qui-vive au niveau des frontières, tandis qu’une alerte avait été adressée aux responsables des aéroports du pays, afin de contrecarrer ce genre de trafic qui, aujourd’hui et avec les attentats de Paris, a confirmé sa grande menace sur la sécurité et la stabilité des pays.


Les djihadistes algériens et les faux passeports de l’ASL


L’enquête qui a abouti à l’interpellation, en juin 2015, à l’aéroport international Houari-Boumediene, d’un djihadiste algérien de ladite « Armée syrienne libre » (ASL), blessé dans un accrochage avec l’organisation terroriste appelée « l’Etat islamique » (Daech) en Syrie, a démontré l’existence d’un vaste trafic de faux passeports au profit des djihadistes algériens qui tentaient le retour au pays après un séjour passé dans les rangs des groupes armés en Syrie.


 La Turquie étant un pays voisin de la Syrie, voire le noyau dur du grand trafic des faux passeports, est jugé « conciliant » avec les « djihadistes » combattant en Syrie.


Les gendarmes enquêteurs de Boumerdès n’écartent pas l’hypothèse que certains trabendistes de la filière turque aideraient des « djihadistes algériens » partis en Syrie pour rentrer au pays avec de faux documents de voyage.


Le mode opératoire adopté pour la falsification d’un faux passeport utilisé par le combattant algérien de ce qui est appelé « Armée syrienne libre » pour rentrer au pays laisse supposer que certains trabendistes pourraient avoir participé à la falsification de ce document, explique encore cette source.


D’où, ajoute une source proche de l’enquête, l’intérêt accordé par les investigateurs aux trabendistes de la filière turque. Les gendarmes se sont rendus à maintes reprises à l’aéroport international Houari-Boumediene pour consulter la liste des passagers dans le but de savoir s’il y avait d’autres personnes qui accompagnaient le combattant algérien de l’ASL ou s’il y avait d’autres personnes qui l’attendaient.


Pour rappel, la Gendarmerie nationale a arrêté en juin passé deux djihadistes algériens pour « adhésion à un groupe terroriste ». L’un des mis en cause revenait à Alger avec un faux passeport, après avoir été blessé en Syrie.


Dans le cadre de la lutte contre la criminalité, les gendarmes de la section de recherche de Boumerdès ont présenté devant le procureur de la République près le tribunal de Dellys les dénommés A. M. et A. R., tous deux âgés de 32 ans, pour « adhésion à un groupe terroriste activant à l’étranger » et « financement d’un groupe terroriste ». C’est suite à l’ouverture d’une enquête que les enquêteurs de la brigade de Sidi Daoud ont interpellé A. M. Le mis en cause a été remis aux gendarmes de la section de recherches de Boumerdès.


Suite à l’intensification des recherches et des investigations menées par les gendarmes, l’enquête a prouvé que l’intéressé « a quitté le pays en janvier 2014 pour la Turquie via l’aéroport Houari-Boumediène, avec l’aide d’un membre de sa famille, lequel lui avait confectionné un faux passeport au nom de son cousin, un repris de justice demeurant dans la commune de Sidi Daoud, pour rallier les rangs des combattants activant en Syrie », d’après notre source.

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