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L’UGTA apporte sa caution à Sellal sur la retraite à 60 ans

22 juin 2016 | 18:24
Hocine Adryen

Un conseiller du SG de l’UGTA a assuré que c’est après étude et réflexion qu’un « consensus » s’est dégagé (entre l’UGTA et le gouvernement) pour rétablir le départ à la retraite à 60 ans.

La centrale syndicale a bien été mise au courant des intentions du gouvernement de porter l’âge de la retraite à 60 ans. En effet, le SG de l’UGTA, Sidi Said, s’était bien gardé de réagir à la proposition du Premier ministre Abdelmalek Sellal, lors de la dernière tripartite du 5 juin, de ramener l’âge de la retraite à 60 ans.

Le patron de la centrale syndicale n’a soufflé mot ni esquissé la moindre opposition. En tout état de cause, Sidi Saïd a laissé le soin à son bras droit et néanmoins conseiller aux affaires économiques et sociales de l’UGTA, Mohamed Lakhdar Badreddine, de venir à la rescousse du gouvernement bien « secoué » par l’ensemble des syndicats autonomes qui refusent cette décision, et lui apporter sa caution morale.

« Nous sommes de ceux qui ont toujours considéré que l’ordonnance 97-13 du 31 mai 1997 instituant le départ à la retraite sans limite d’âge a été un acquis pour les travailleurs, mais aujourd’hui elle est devenue un risque pour l’avenir de la Caisse nationale des retraites (CNR), notamment en ce qui concerne son équilibre financier », a-t-il indiqué hier à l’APS.

Selon lui, la loi de 1997 ne peut pas être considérée comme un acquis permanent, mais plutôt un acquis conjoncturel pour une situation conjoncturelle : « Aujourd’hui, il y a plus de retraités que de travailleurs actifs comparativement aux années précédentes » précise-t-il encore.

Badredine a estimé qu’il « est maladroit d’agir de manière ouvriériste », appelant à prôner une « vision d’avenir à même de préserver les équilibres financiers de la CNR ainsi que les droits des retraités ».

L’ancien homme fort de la fédération des pétroliers a regretté la position des autres syndicats qui se disent « opposés » à la suppression de la retraite sans limitation d’âge, faisant observer que dans tous les pays, l’âge de la retraite est décalé, comme en Angleterre (67 ans) ou en France (62 ans), alors qu’en Algérie où la population est jeune, l’âge de départ est de 50 ans.

Selon M. Badredine, le départ à la retraite sans limite d’âge « avait pour objectif de libérer des postes de travail, ce qui n’a pas été réalisé car, a-t-il expliqué, les compétences qui étaient parties à la retraite, allaient en fait exercer ailleurs.

Cette situation avait pénalisé les chômeurs qui se sont retrouvés face à une concurrence déloyale de la part des jeunes retraités, lesquels avaient plus d’expérience et de compétence pour exercer ailleurs ».

Sur un autre registre, le conseiller de Sidi Said a annoncé que l’UGTA a entamé des discussions avec le gouvernement pour « déterminer et identifier les métiers et fonctions de haute pénibilité » de manière à faire bénéficier les travailleurs qui y exercent d’un statut particulier, citant à ce propos les mines, les chemins de fer, les hauts fourneaux et les forages pétroliers. Il a précisé que cet aspect « sera pris en compte dans la nouvelle loi » qui instituera le départ à la retraite à l’âge de 60 ans.

Enfin Badredine a qualifié de « rumeurs négatives » les informations faisant état de la suppression de l’allocation de fin de carrière pour les retraités : « Je rassure les travailleurs que l’allocation de fin de carrière est maintenue car c’est un acquis conventionnel et pas un acquis du gouvernement », a-t-il dit, précisant que cette indemnité est négociée entre les syndicats et les entreprises économiques.

Il a également précisé que les travailleurs de la Fonction publique ne bénéficient pas de cet acquis, lequel est propre aux entreprises économiques qui « rémunèrent la fidélité de leurs compétences ».

A titre de rappel, le départ à la retraite sans condition d’âge est une mesure transitoire qui était destinée à atténuer les effets du Plan d’ajustement structurel (PAS) de 1994.

Il s’agissait à l’époque pour les pouvoirs publics, dans le sillage de la mise en œuvre du PAS, d’atténuer les effets induits par les fermetures d’entreprises et les compressions d’effectifs.

L’Algérie s’était engagée à appliquer le PAS dans le cadre d’un accord signé avec le Fonds monétaire international (FMI) pour le rééchelonnement de sa dette extérieure dont le service avait atteint le taux record de 86% des recettes d’exportations en 1993.

L’objectif était également de libérer des postes pour les jeunes arrivants sur le marché du travail. Toutefois, ce dispositif s’est révélé, dans la durée, doublement pénalisant pour la CNR : elle verse des pensions à des travailleurs partis à la retraite avant l’âge légal, c’est-à-dire 60 ans, tout en ne continuant plus à percevoir leurs cotisations. 

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