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L’UGTA à l’épreuve du changement

21 juin 2019 | 10:00
Aziri Mohamed Nazim Aziri

Au moment où la société civile s’attèle à jouer un rôle prédominant dans le règlement de la crise politique qui secoue le pays depuis quatre mois, la centrale syndicale demeure coincée dans ses divergences et ses atermoiements, rendant difficile la quête d’une stabilité salutaire.
Ce n’est pourtant pas les moyens humains et matériels qui lui font défaut ni les structures qui font de l’UGTA, le syndicat le plus important du pays. L’organisation dirigée par Abdelmadjid Sidi Said, aujourd’hui en disgrâce, ne cesse de faire face à une déperdition très importante dans ses rangs réduisant, au demeurant, son déploiement sur le terrain devant des syndicats autonomes jugés plus crédibles et plus combatifs aux yeux des travailleurs. Les observateurs motivent ce constat par la rupture qui s’est opérée ces deux dernières décennies, entre la base militante et la direction de la centrale, incarnée depuis 1997 par un inamovible Sidi Said et son entourage. Mais l’antagonisme « base- sommet » est avant tout, l’image d’un échec cuisant qui s’est traduit sur le terrain par un rapprochement dangereux avec le pouvoir politique. Un pouvoir que le syndicat a servi notamment à travers le soutien manifeste des mandats successifs de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika et ses programmes. 
Cet alignement obsessionnel de l’UGTA avec Bouteflika depuis 1999 a rendu son rôle plus politique que syndical, donnant lieu à une désyndicalisation massive ponctuée par des soubresauts permanents dans toutes les fédérations notamment au sein la puissante FNTE. 
Certes, cette filiation demeure aux yeux de la majorité des sections de l’UGTA, inacceptable, mais peut être historiquement justifiée par un passé et un destin commun des « appareils de l’Etat ». D’ailleurs l’UGTA a été souvent considérée comme un des « démembrements » du FLN sous l’égide duquel, elle a été créée le 24 février 1956 avant qu’elle ne devienne la pourvoyeuse du RND en cadres rompus aux étourdissants rouages du système. Cependant, une jonction avec le monde de l’argent et du business n’est point tolérable.
Ce rapprochement avec le patronat représentait une négation de l’essence même de la lutte ouvrière et rendait plus grandes les tiraillements entre ceux restés fidèles aux revendications des travailleurs et les tenants d’une nécessaire mutation induite par la mondialisation.
Cette option est pour beaucoup contre nature, surtout quand elle se fait avec un patronat et une oligarchie accusés par la justice d’avoir porté atteinte à l’économie nationale. 
De plus, on se rappelle du congrès de 2014 pendant lequel l’ex-patron du FCE, Ali Haddad, claironnait du haut de la tribune qui lui a été offerte, l’importance pour la classe ouvrière de : « réaliser une jonction performante entre I ‘action du gouvernement et les efforts des entreprises privées » ainsi que « la nécessité de promouvoir les intérêts économiques nationaux face au contexte de mondialisation et des défis qu’il implique pour insérer harmonieusement notre économie dans le système des échanges internationaux » !
Faut-il rappeler aussi la passivité et la mollesse de la direction de l’UGTA devant un exécutif sans contrepoids, alors que ce dernier faisait passer ses projets contestables en matière d’emploi et de travail comme une lettre à la poste. Des lois souvent qualifiées de « contre-révolutionnaires » et allant à contrario du combat ouvrier. 
Aujourd’hui, il est temps de remettre la centrale syndicale sur rails et la réconcilier avec la lutte syndicale dans une Algérie nouvelle qui se dessine au rythme du Hirak.
Pour se faire, il est sans doute important de l’affranchir de tout alliance politique et de tout accommodement avec les forces libérales.
Le 13e congrès de l’UGTA est une occasion, pour voir émerger une nouvelle génération à l’instar de Salim Labatcha, l’actuel Secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs de l’agroalimentaire (FNTA), donné favori pour succéder à un Sidi Said convié à une sortie par la petite porte tat il voit ses soutiens péricliter grâce au verdict populaire. 

Mohamed Nazim Aziri

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