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L’Algérie face aux insistances du FMI et de la BM

10 juin 2016 | 17:54
H. Rabah

C’est une cascade de rapports concernant l’Algérie qui viennent d’être diffusés par des institutions internationales. Réalisés
par des experts, des analystes et autres économistes de renom, ces rapports font un diagnostic sans complaisance sur la situation économique et financière de notre pays, notamment sur les perspectives qui s’annoncent dans le monde énergétique et les ajustements qui ne manqueront pas d’être lancés en toute urgence pour éviter l’explosion sociale ou le développement des inégalités.

Alors que le prix du brent affiche des seuils dépassant les 52 dollars le baril, un prix qu’il n’a pas atteint depuis huit mois, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale insistent sur la nécessité d’opérer pour l’Algérie, et tous les autres pays pétroliers, les réformes économiques susceptibles de les faire sortir de la dépendance aux hydrocarbures.

Il est vrai que le prix actuel du brent (référence pour le pétrole algérien) est un véritable soulagement pour le budget de l’Etat algérien. Un budget qui va souffler, alors que des indicateurs sont au rouge, notamment dans les réserves de change.

Ce prix semble avoir été atteint grâce à la baisse continue du dollar, la monnaie reine des achats internationaux, et les fortes perturbations qui secouent les régions pétrolifères du Nigeria. Rappelons que la loi de finances 2016 a été élaborée sur la base d’un prix de référence du baril de 37 dollars et d’un taux de change de 98 dinars pour un dollar. Une situation qui offre au gouvernement algérien une autre marge de manœuvre pour lancer des mesures fortes.

D’ailleurs, pour le FMI, les ‘exportateurs de pétrole apprennent à vivre avec du pétrole moins cher ». Dans son document d’une cinquantaine de pages, le FMI décortique les conséquences de la baisse des recettes pétrolières sur des pays producteurs de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord (MENA).

C’est ainsi que les rédacteurs de ce rapport mettent en relief les premiers plans pour contrecarrer la chute vertigineuse des prix du baril, afin de réduire les déficits budgétaires, tout en alertant sur le caractère urgent de certaines actions ou réformes.

L’Arabie saoudite, comme les Emirats arabes unis, n’ont pas attendu longtemps pour lancer un vaste et gigantesque programme stratégique à l’horizon 2030, qui leur permettra de se libérer de la dépendance aux hydrocarbures.

Lancer maintenant pour éviter un ajustement brutal, c’est le mot d’ordre et le conseil du FMI à ces pays dont fait partie l’Algérie. Pour cette institution internationale, il « faut opérer un ajustement équivalent à 10%-15% du PIB pour équilibrer les comptes ». Il faudra réduire les dépenses tout en réformant le système fiscal. Mais ce n’est pas tout, car l’Algérie n’est pas le CCG et n’a pas les mêmes travers, ni la même structure économique.

Nous sommes plus exposés que les royaumes dans cette crise durable, leurs réserves cumulées dépassent les 2 400 milliards de dollars, alors que notre déficit est plus lourd. Le FMI préconise de nouvelles restrictions budgétaires, ainsi qu’une refonte des politiques de subventions, en profitant rapidement de la hausse actuelle des cours du brut.

Pour la Banque mondiale (BM), au contraire, c’est un léger optimisme qui est affiché. Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales, la BM se montre relativement optimiste sur la croissance économique algérienne, bien qu’elle souligne encore la vulnérabilité de notre économie par rapport aux fluctuations des cours du baril et aux déficits en série.

Les nombreux défis qui attendent le gouvernement d’Abdelmalek Sellal sont colossaux, comme l’acceptation de vivre avec des déficits pour une période plus ou moins longue, le maintien du taux d’inflation à des seuils acceptables, réformer la structure et la nature de l’économie en misant sur la diversification, la rigueur dans les subventions sociales et les aides aux démunis et le lancement des réformes urgentes dans la législation, la fiscalité et surtout la modernisation du système bancaire, financier et boursier.

Pour 2016, l’économie algérienne devrait croître de 3,4%, selon les prévisions de la BM, un chiffre qui tranche sur celui de 2015 (2,9%), mais toujours loin de celui de 2014 où il dépassa les 4%.

Pour les analystes de la Banque mondiale, la croissance de notre PIB devrait baisser légèrement en 2017 et 2018. C’est surtout cette dernière année que cette croissance va connaître une chute conséquente pour différentes raisons, mais généralement elle va demeurer « robuste » et se maintenir à des niveaux « appréciables ».

Cependant, il faut signaler que les indicateurs macroéconomiques restent négatifs. On sait que nos déficits concernent le budget de l’Etat ( 26 milliards de dollars) et la balance des paiements ( 27 milliards de dollars), avec pour conséquence la fonte rapide des réserves de change, utilisées pour financer la dévaluation du dinar, lutter contre l’inflation et financer des déficits budgétaire ou des plans sociaux urgents.

Pour la Banque mondiale, l’Algérie a besoin d’un baril à 100 dollars pour atteindre son équilibre, comme l’a souligné le patron du RND, Ahmed Ouyahia, récemment dans une conférence de presse. Un chiffre qui appartient au passé, car les experts de la BM tablent sur un baril aux alentours de 50 dollars.

Sur la question des prévisions, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié, toujours mercredi dernier, un rapport où elle prédit d’importants changements pour le commerce mondial du gaz à moyen terme. Pour les cinq prochaines années, des tendances se dégagent sur les prix et les excédents avec l’arrivée sur le marché européen d’importantes quantités de GNL en provenance des Etats-Unis et d’Australie.

Cela va peser sur les cours et bouleversera la structure des échanges internationaux, estime l’AIE. La demande mondiale du gaz va baisser également en raison d’un « charbon bon marché » et les politiques d’encouragement des Etats pour les énergies renouvelables (baisse des coûts et facilitations fiscales et parafiscales).

Etant l’un des plus grands exportateurs de gaz naturel, l’Algérie risque d’être fortement concurrencée cette fois-ci en Europe par ces facteurs, mais aussi par la venue d’autres fournisseurs comme le Qatar et la Russie.

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