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L’Algérie à l’avant-garde de la lutte contre le financement du terrorisme

17 février 2018 | 20:02

L’Algérie, qui a une longue expérience reconnue dans le monde en matière de lutte contre le financement du terrorisme, va abriter prochainement une conférence internationale sur le sujet. Une occasion pour les participants étrangers d’enrichir leur savoir-faire en vue d’assécher, davantage, les sources qui continuent à financer les organisations internationales terroristes. En parlant de cette expérience, il est important de rappeler les premières sources de financement du terrorisme en Algérie. Tout a commencé durant les années 1990, lorsque les services de sécurité ont dû faire face, seuls et pour la première fois, à un terrorisme des plus barbares à cette époque, étaient financé à partir des rackets dont victimes les catégories aisées de la population. Un terrorisme différent de celui de l’époque de Mustapha Bouyaâli et Abdelkader Chebouti les deux premiers chefs terroristes de la mouvance islamiste apparu durant les années 1980. En 1994, sur la plage dite « Kaâ Essour », à Bab El-Oued (Alger) avaient été rejetés par la mer des milliards de centimes en dinars algériens.

La presse algérienne, à l’époque, avait évoqué l’échouement d’un navire qui transportait cet argent. En coulant, le navire aurait libéré des milliers de billets de banque. Le climat était effectivement hostile et la mer déchaînée. Quelques années plus tard, nous avons appris auprès d’un officier de la police judiciaire de la daïra de Bouzaréah, territorialement compétente, que l’argent provenait d’une grotte, contrairement à ce qui avait été rapporté par la presse. « L’enquête avait déterminé alors que cet argent avait été caché par des terroristes dans une grotte et que la marée basse l’avait emporté », explique notre interlocuteur. Les terroristes avaient racketté des commerçants de la très connue place commerciale de Bab Ezzoun, à Alger, mitoyenne à La Casbah, où sévissaient les tristement célèbres « Houcine Flicha », « Yassine Napoli » et « Moh Jetta », des chefs terroristes du Groupe islamique armé (GIA). Les chefs du GIA, auteurs de nombreux massacres à Alger, dont ceux de Raïs, à Sidi Moussa, et ceux de Bentalha, finançaient leurs crimes avec l’argent du racket. Les commerçants récalcitrants étaient égorgés, décapités et leurs têtes étaient suspendues sur des pylônes, et ce pour dissuader toute résistance de la part des commerçants. L’argent dissimulé dans la grotte provenait donc de racket et était destiné à financer des attentats. En moyenne on signalait six voitures piégées par jour, et ce jusqu’au démantèlement de l’atelier d’Oued El-Alleug, dans la banlieue algéroise, utilisé par le GIA.

Les rackets : une première source financière du terrorisme

Le racket des commerçants était l’un des principaux moyens utilisés par le GIA pour financer l’achat de produits explosifs servant dans les attaques aux voitures piégées. Il y avait également la vente de pièces de rechange de voitures volées. Le GIA volaient de voitures, mais ne pouvant procéder à leur mise en vente en l’absence de documents, dont la carte grise, les désossait et les vendait en pièces détachées. Ce qui explique le fait qu’ils ciblaient des voitures dont les pièces de rechange étaient les plus sollicitées sur le marché parallèle. L’argent obtenu était utilisé non seulement pour le financement des attentats mais aussi pour la prise en charge financière des familles de terroristes. Le jour de l’Aïd-el-Adha (fête du sacrifice), le GIA offrait aux familles de terroristes des moutons

achetés avec l’argent provenant de rackets ou de la vente de pièces de rechange de voitures volées. Pour rappel, le GIA disposait également d’une branche chargée d’assassiner les journalistes et les intellectuels, le Front islamique du djihad armé (FIDA). Près d’une centaine de journalistes et de travailleurs dans la presse ainsi que des intellectuels ont été assassinés par le FIDA dans les années 1990. Composé de nombreux universitaires, le FIDA constituait en quelque sorte l’« élite » du GIA. Ses membres louaient des appartements en ville, à Alger, pour passer à l’action. Très souvent, les terroristes étaient en compagnie de femmes et d’enfants pour faire croire qu’ils étaient en famille et donc éloigner les soupçons. Les enquêtes menées par les services de sécurité ont toutefois permis la découverte du pot aux roses. C’est pourquoi une note du ministère de l’Intérieur avait été adressée, dans les années 1990, aux agences immobilières, les obligeant à informer la Sûreté ou la Gendarmerie nationales de toute transaction immobilière. Le but des services de sécurité était de découvrir toute installation de terroristes en zone urbaine. En 2011, même si l’état d’urgence a été levé en Algérie, aucune note n’a été adressée aux agences immobilières pour annuler l’obligation d’informer la Sûreté ou la Gendarmerie nationale, de toute transaction immobilière. Néanmoins, les agences immobilières, pour leur part, ont cru que l’obligation n’était plus en vigueur. Pour éloigner les soupçons, les terroristes louaient des appartements pour une longue durée, et pour cela, il fallait débourser d’importantes sommes d’argent. Les prix de la location étaient en effet devenus très élevés car les populations quittaient les zones rurales pour fuir les terroristes et se réfugiaient en zone urbaine, créant une pression sur la démographie locale. Les terroristes ont alors décidé d’organiser des hold-up contre des postes et des banques de la capitale. Pour cette mission avaient été désignés les tristement célèbres terroristes Houcine Flicha, Napoli et Moh Jetta, réputés pour avoir terrorisé La Casbah avant même l’avènement du terrorisme. Ils ont rejoint le GIA dès le début des années 1990. Une autre forme de financement du terrorisme est par la suite apparue à partir de l’année 2003, à savoir les demandes de rançon à des gouvernements étrangers après le kidnapping de touristes. Le premier enlèvement revendiqué par AQMI a été l’œuvre d’Amari Saifi, alias El Para, auteur du rapt de 32 touristes occidentaux durant l’année 2003. Un enlèvement qui a rapporté 5 millions d’euros à la nébuleuse. C’est ainsi qu’on a assisté au début d’une longue série d’enlèvements de touristes au Sahel, dont le nombre a dépassé une centaine entre 2003 et 2011. Ce mode financier a permis à AQMI d’empocher quelque 193 millions d’euros.

Une « cagnotte considérable » investie, par la suite, dans l’achat d’armements de guerre, de véhicules tout-terrain, mais aussi dans le recrutement de nouveaux combattants et la relance des attentats criminels. Aujourd’hui, on est passé à une tout autre forme de financement du terrorisme, celle du détournement et de l’exploitation des richesses naturelles des nations. Les exemples sont nombreux. L’EI ou Daech a vendu du pétrole irakien et libyen pour financer les attentats à travers le monde entier. Le financement du terrorisme connaît plusieurs autres formes. L’Algérie en a fait l’amère expérience, elle qui a tant souffert, et ce pendant de longues années.

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