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L’Accord d’Alger face à la fragilité du terrain

12 juin 2016 | 22:58
Sofiane Abi

En plus des attentats terroristes perpétrés par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) contre les forces de l’armée malienne
et les étrangers à Bamako, le Mali fait face aux affrontements tribaux, qui se déroulent entre des groupes armés d’autodéfense mis en place justement par l’Etat malien pour faire face à Aqmi et la phalange « El Mourabitoune » dirigée par Mokhtar Belmokhtar.

Dans cette nouvelle situation, c’est l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation, signé le 15 mai 2015 à Alger, qui risque de se briser.

²Une dizaine de morts et plus de vingt blessés, tel est le bilan des affrontements armés ayant eu lieu avant-hier au nord du Mali entre Ganda Izo et Gatia, deux groupes armés d’autodéfense créés par l’Etat malien dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Selon les services de sécurité maliens, ces affrontements armés ont causé entre huit et dix morts dans les deux camps.

Des heurts meurtriers avaient déjà opposé en mai le groupe d’autodéfense sédentaire Ganda Izo au groupe d’auto-défense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-gouvernemental) dans le nord du pays, alors que ces formations font partie des signataires de l’accord de paix au Mali qui est chapeauté par l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation.

Quelques heures après ce drame, le porte-parole du Haut-Conseil de l’Unité de l’Azawad (HCUA), Almou Ag Mohamed, a vivement condamné les affrontements, tout en affirmant que l’opportunité d’une paix au Mali se fissure de jour en jour. L’éclatement des affrontements d’avant-hier entre les deux groupes d’autodéfense a débuté, selon les médias maliens, lorsqu’une milice peule a voulu installer une base militaire dans la commune de Gandamia, non loin de la ville de Douentza située au nord du Mali.

Pour sa part, le président du Ganda Izo, Mohamed Attaib Sidibé, a affirmé à l’AFP que le Gatia avait tendu une embuscade à des combattants de son groupe. « Nos éléments étaient en campagne de sensibilisation près de Douentza dans le cadre du désarmement. Le Gatia a tendu une embuscade et a froidement tué nos éléments, emportant notre bétail. Il y a eu aussi dix prisonniers et des blessés », a affirmé M. Sidibé.

« Nous avons perdu une dizaine de combattants », a précisé Oumar Diallo, un autre membre du Ganda Izo, faisant état d’une tension « très vive » dans la zone et assurant que « ces crimes ne resteront pas impunis ». Une source de sécurité malienne dans la région a confirmé la mort de « huit à dix combattants du Ganda Izo ». Parmi les personnes tuées figurent des jeunes Peuls qui avaient quitté les groupes djihadistes pour intégrer le processus de paix, a souligné la même source. 

Les attentats continuent une année après la signature de l’accord d’Alger 

Le 15 février passé, sept Casques bleus dont trois femmes du contingent guinéen de la force de l’ONU au Mali ont été tués lors d’une attaque terroriste perpétrée par Aqmi. Kidal, ville du nord du Mali, a encore enregistré un autre attentat qui a coûté cette fois la vie à cinq soldats tchadiens de la Minusma (mission de l’ONU au Mali). Cet attentat a coïncidé avec le premier anniversaire de la signature de l’Accord d’Alger par le gouvernement malien et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

Les soldats de la paix ont été pris dans une embuscade alors qu’ils escortaient un convoi logistique. Le convoi a heurté un explosif avant que les assaillants, dont on ignore encore l’identité, n’ouvrent le feu sur les militaires. Les échanges de tirs qui s’en sont suivis ont coûté la vie à cinq soldats du contingent tchadien.

Le jour où a eu lieu cet attentat criminel visant la paix au Mali, l’Algérie, par la voie du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif, n’a pas tardé à réagir vigoureusement face aux ennemis de la paix au Mali en condamnant vivement cet attentat.

Le porte-parole du MAE avait déclaré : « Nous condamnons dans les termes les plus forts la nouvelle attaque terroriste qui a ciblé encore une fois les soldats de la paix au Mali, dans laquelle cinq vaillants Casques bleus tchadiens sont tombés ».

L’accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali fêtait sa première année, toutefois les terroristes étaient clairement opposés à cette paix. Ainsi, l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali se trouve confronté à des problèmes dus à l’application de ce document, à la relance des attentats au Mali et aux affrontements armés entre les groupes d’autodéfense.

La CMA, dont les éléments intégreront l’armée et les forces de sécurité du Mali, dans le cadre de l’Accord d’Alger, et le gouvernement malien tiennent à cet accord, mais les différents groupes armés tels qu’Aqmi, Ançar Eddine et El Mourabitoune tentent d’empêcher l’application de ce document qui contredit les intérêts des organisations terroristes.

Les terroristes savent que l’application de ce document faciliterait au Mali la lutte contre Aqmi et permettrait aux différentes tribus maliennes un développement économique plus au moins abordable pour les années à venir.

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