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Kertch, le piège en haute mer contre Moscou

8 décembre 2018 | 07:49
Par Kamel M.


La tension entre la Russie et l’Ukraine est montée d’un cran depuis l’incident en mer noire qui a opposé la marine russe à celle de l’Ukraine le 25 novembre dernier.
Et c’est immédiatement les Etats-Unis qui s’engouffrent dans la brèche pour exacerber la situation et venir en aide à leur allié dans les Balkans.
Or, des questions ne cessent d’être soulevées suite à cet incident inattendu. Qu’est-ce qui a bien pu pousser la marine ukrainienne à tenter d’accéder à une zone de tension même si elle brandit la carte d’une « souveraineté » sur un territoire de la Crimée qui a décidé de se rattacher à la Russie.
Cette manouvre ukrainienne, si elle en est une, n’était pas sans conduire à des conséquences, à mettre le feu à la poudrière dans une zone qui sentait le souffre depuis 2014. 
Pour les autorités russes l’incursion « illégale » de trois navires de guerre ukrainiens dans le détroit de Kertch, l’étroit passage maritime entre la mer Noire et la mer d’Azov, obéissait à une logique de défiance et de confrontation compte tenu du fait que l’union de la Crimée à la Russie en mars 2014 avait accordé à la marine russe le droit de contrôle sur l’entrée vers la mer d’Azov. 
Cela d’autant que la Russie avait construit un pont reliant la Crimée orientale à la région russe de Krasnodar, consolidant, au demeurant, un vieux souhait des habitants de cette région autonome, autrefois partie intégrante du territoire ukrainien et concrétisant, dans la foulée, un accord conclu avec l’Ukraine en 2013.
L’union de la Crimée avec la Russie en 2014 a fini par redéfinir la géographie et par ricochet l’échiquier géopolitique du bassin de la mer Noire. 
Il n’en demeure pas moins que cette union constitue un revers majeur pour les USA et l’OTAN, dont l’objectif à long terme est d’intégrer l’Ukraine à l’OTAN en vue de neutraliser militairement la Russie.
En vertu de cette union deux « régions constituantes » de la Crimée ont rejoint la Fédération de Russie : la « République de Crimée » et la « ville de Sébastopol », qui ont toutes deux le statut de « région autonome ».
Le statut de Sébastopol comme entité autonome distincte de la Crimée est lié la présence de la base navale russe. Il convient de rappeler que les deux régions constituent des jalons importants dans l’histoire de la Russie notamment lors de deux grandes guerres.


Detroit de Kertch un nouveau cap de tension


L’incident du 25 novembre n’avait pas encore fait le tour des rédactions et des réseaux sociaux alors Kiev avait placé son armée en état d’alerte, après avoir consulté l’OTAN. Il convient de signaler, au demeurant, que grâce à l’Ukraine, l’Alliance nord atlantique a pu s’étendre aux frontières de la Russie accentuant ainsi la guerre froide entre Moscou et l’Occident. Fort de l’appui de l’OTAN le président ukrainien Petro Porochenko a demandé aux pays membres de l’OTAN, et notamment à l’Allemagne, de déployer des navires en mer d’Azov pour soutenir son pays dans son bras de fer avec Moscou.
Le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine a, quant à lui, demandé jeudi 6 décembre une réaction « rapide et forte » de la communauté internationale contre la Russie y compris par l’usage de la force. Il a également réclamé la restitution des trois bateaux ukrainiens et la libération des 24 marins placés aux arrêts par les autorités russes.

Toutefois, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dénoncé « le comportement de l’Ukraine » notamment la décision d’interdire l’entrée en Ukraine aux hommes russes tout comme l’interdiction de la langue russe.
« Aspirant à la domination, un petit groupe de pays qui recourt au chantage, à des pressions et des menaces, n’hésite pas à s’ingérer grossièrement dans les affaires intérieures. Le soutien accordé au coup d’État en Ukraine est sans précédent », dira Lavrov.


Une Provocation orchestrée
Le chef de la diplomatie russe assimile l’Ukraine à un pays proxy, une sorte de pion avancé de l’OTAN Selon lui, il existe une « crise de confiance en Europe Atlantique », une conséquence de l’élargissement « irréfléchi » de l’OTAN en Ukraine et qui s’est traduit par un déploiement des systèmes de défense antiaérienne américains en Europe suivi de « sanctions illégitimes » basés sur des prétextes « fallacieux ». 
L’implication de l’OTAN en Ukraine a donné lieux à une situation alarmante marquée par la décision de Washington d’enterrer « l’accord sur les missiles balistiques à moyenne portée », a estimé Lavrov.
Face à ce développement en mer d’Azov, il était impératif pour Moscou que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunisse afin d’examiner ce qu’il a qualifié de provocation orchestrée par l’Ukraine avec l’appui des USA et de l’UE.
L’objectif, souligne la diplomatie russe, est que cette « provocation planifiée » conduise à davantage de sanctions occidentales contre Moscou, ce qui ne manquerait pas à rendre encore plus dangereuse la tension avec Kiev. 


Poutine au sommet du G20


Au sommet du G20 à Buenos Aires, l’incident en mer noire a trouvé place dans l’agenda des discussions entre les chefs d’Etats.
Le président Vladimir Poutine a lui aussi usé de la même rhétorique. Il qualifia de « provocation » la confrontation en mer Noire, entre les forces russes et la marine ukrainienne estimant que « la guerre va continuer » dans l’Est de l’Ukraine, tant que les autorités actuelles de Kiev « resteront au pouvoir ».
Le chef du Kremlin a saisi l’occasion pour accuser le président Porochenko de faire diversion avec cet incident en tentant de détourner l’attention sur les aléas économiques en Ukraine.
« C’est toujours plus facile de justifier ses échecs économiques par la guerre », a affirmé Poutine à l’endroit de Porochenko en campagne pour sa réélection.
Selon des observateurs, c’est la première fois que la loi martiale est proclamée en Ukraine depuis la dissolution de l’URSS en 1991. Tout en faisant dangereusement monter d’un cran la crise avec la Russie, le régime de Porochenko crée les conditions d’une répression violente à l’égard de l’opposition politiques et sociales en Ukraine.
C’est dans cette atmosphère que le Parlement ukrainien a tourné unilatéralement le dos vendredi 7 décembre à un traité d’amitié et de coopération avec la Russie conclu en 1999.
Proposée par Porochenko, cette motion, qui doit entrer en vigueur en avril prochain a obtenu le quitus de 277 députés.
Censé être automatiquement prolongé tous les dix ans, le traité était d’ores et déjà enterré par le pouvoir de Kiev en 2014 suite à ce qui a été baptisé « le putsch de la place de Maidan ».
Le parlement ukrainien a donné son feu vert pour l’instauration de la loi martiale dans les régions ukrainiennes, principalement celles de Lougansk et de Donetsk, qui ont refusé l’alignement pro-occidental du régime de Kiev, accentuant la tension dans une situation déjà fragile.
Cette loi s’étend aussi sur la mer d’Azov et le détroit de Kertch. Ce qui donne à penser que Porochenko a projeté de faire de ces régions des zones de guerre avec des belligérants multilatéraux et ouverte à un risque d’embrasement. 
Ainsi, le représentant permanent de Russie auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) Alexander Loukachevitch a mis en garde la communauté internationale quant à une éventuelle aux armes chimiques menée par l’armée ukrainienne dans le Donbass, ce qui constituerait une dramatique escalade dans cette région où les puissances occidentales livrent, par procuration, une guerre acharnée contre la Russie.
Néanmoins, autant les sanctions que les provocations n’ont pu venir à bout de la capacité de résistance de Moscou.

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