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Iran : Manifestations contestataires…ou révolutionnaires ?

3 janvier 2018 | 15:44
R. I.

Après 6 jours de manifestations en Iran, le bilan est de 21 morts. Si Donald Trump dénonce un régime brutal et corrompu, le Conseil de sécurité iranien affirme que ces mouvements sont influencés par les ennemis de l’Iran.

Qui cherche à déstabiliser le pouvoir en place à Téhéran ? De simples mécontents de la vie économique et sociale ? Analyse. « On y trouve des chômeurs, des étudiants, des classes moyennes appauvries, des gens qui ont placé leurs économies dans des institutions de financements et qui ont été escroqués, on y trouve des travailleurs qui ne perçoivent pas leur salaire depuis un, deux, trois ou quatre mois. » François Nicoullaud, ancien ambassadeur de la France à Téhéran, définit les personnes présentes dans les manifestations qui ont secoué les villes principales d’Iran depuis le 28 décembre. S’il considère, comme la plupart des observateurs, que cette opposition qui s’exprime dans la rue, réclame des changements dans la politique économique du pays, François Nicoullaud tente de distinguer deux groupes bien différents l’un de l’autre : « C’est encore difficilement discernable, mais ce sont des manifestations avec une participation composite. […] Le mécontentement est diffus et il touche toute une série de sujets : des sujets économiques en raison des difficultés économiques du pays mais aussi une insatisfaction politique à l’égard du régime. » Contrairement à une vision trop simpliste décrivant ces manifestants en de simples citoyens qui désirent des réformes économiques et sociales, et à l’instar de l’ancien diplomate français, Milad Jokar, spécialiste de l’Iran et du Moyen-Orient, expose ces deux oppositions distinctes :
« Il y a des gens qui souffrent vraiment et qui sont frustrés, qui utilisent une protestation violente pour exprimer leur colère parce qu’ils n’en peuvent plus. Et vient se greffer une demande d’une autre partie de la population pour avoir plus de libertés et exprimer le mécontentement économique et social. » Milad Jokar dépeint les « premiers » manifestants comme les partisans de l’ancien candidat conservateur à la présidentielle de mai 2017 Ebrahim Raïssi : Ils viennent de Mashhad [2ème ville du pays, ndlr] qui est aussi le bastion de l’ancien concurrent à Hassan Rohani lors de la dernière élection présidentielle. Les manifestations ont commencé de là. Il y a pas mal de conservateurs et qui sont vraiment dans les couches les plus modestes de la population. Si les raisons premières de ces manifestations sont liées à la conjecture économique de la République islamique, le Président Rohani semble pris en étau par ces deux groupes de manifestants comme le résume Milad Jokar : « Le Président Rohani a une tâche très difficile et dans son intervention télévisée il a dû jouer un peu l’équilibriste entre les différents mécontentements en écoutant les frustrations liées à l’économie […], et des personnes qui sont déçu de sa politique, notamment certains conservateurs qui ne voulait jamais faire confiance aux US pour l’accord sur le nucléaire. »

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