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Installation de Bensalah : Rejet unanimede l’opposition

10 avril 2019 | 12:00


Les réactions de rejet étaient prévisibles. Alors que les formations qui constituaient l’ancienne coalition présidentielle gardaient toujours un silence complice, les partis de l’opposition ont rejeté l’installation de M. Abdelkader Bensalah en qualité de chef de l’Etat, affirmant que cette démarche "est incompatible" avec les revendications du peuple algérien.
Le président du Mouvement pour la société de la paix (MSP), Abderzak Makri a indiqué que "suite à l’installation de Bensalah en qualité de chef de l’Etat, en présence des députés pro-pouvoir et contre la volonté du peuple, il est impératif que le mouvement populaire se poursuive jusqu’à ce que le nouveau chef d’Etat démissionne de son poste".
Makri a plaidé pour l’application de mesures politiques à travers le dialogue qui aboutira à l’installation d’une personnalité acceptée par le peuple, un chef d’Etat qui s’emploiera à la promulgation de décrets permettant de réaliser les réformes avant le retour au processus électoral.
Il a estimé, à cet égard, que l’organisation des élections avant la réalisation des réformes était "comme un dédain vis-à-vis du peuple algérien, et une perte de l’image de la belle Algérie qu’a su dessiner le mouvement populaire partout dans le monde. C’est également mettre en péril la sécurité et la stabilité du pays", soulignant que "chaque partie doit assumer ses responsabilités".
Pour sa part, le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbes a publié sur sa page facebook qu’il s’agissait "du troisième coup d’Etat contre la volonté populaire...", estimant que l’installation de Bensalah à la tête de l’Etat pour une durée de 90 jours "bloque le nouvel élan tant attendu", et que le recours du pouvoir à la Constitution "mènera à l’impasse".
Le président du parti Talaie El-Houriyet, Ali Benflis a considéré que l’application de l’article 102 à lui seul "est insuffisant pour entériner la vacance du poste de président de la République et que l’installation de Bensalah signifie l’exclusion des deux articles 7 et 8 de la Constitution pour lesquels s’est engagé le commandement de l’armée dans des communiqués officiels".
Le président du Front de justice et de développement (FJD), Abdellah Djaballah a affirmé que ce système avait perdu sa "légitimité et toutes ses décisions seront nuls", rappelant que "le peuple a revendiqué le changement".
Dans son communiqué, le FJD a fait part de son rejet de l’installation de Bensalah au poste de Chef de l’Etat, l’estimant comme "un des symboles du système dont le peuple a demandé l’exclusion de la scène politique".
"La décision n’apaisera pas le mouvement populaire car elle est en contradiction avec la revendication du peuple à savoir le changement radical du système de gouvernance", a indiqué le communiqué du FJD, appelant le commandement de l’Armée à respecter ses engagements solennels".
Pour sa part, le parti des Travailleurs (PT) a fait part , dans un communiqué, de sa conviction que "seule une assemblée constituante nationale souveraine composée de représentants réels mandatés par les différentes franges du peuple algérien et concrétisant son unité, est habilitée à définir la forme et la composante des institutions et du système démocratique qui garantissent l’ensemble des aspirations de la majorité écrasante à savoir, la démocratie et son volet politique, économique, social et culturel".
Le Front des forces socialistes (FFS) a exprimé, à son tour, son rejet catégorique de l’installation de Bensalah, qualifiant cette démarche de "désignation arrogante et affligeante".
 

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