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Incertitudes sur la tenue de la présidentielle

15 avril 2019 | 18:30
Lilia Aït Akli

Après l’annonce du chef de l’Etat Abdelkader Bensalah de l’organisation de l’élection présidentielle pour le 4 juillet prochain, les refus d’encadrer et de superviser ce rendez-vous électoral ne cessent d’être exprimés ici et là, ajoutés au rejet par la « rue » de ce scrutin, d’autant qu’il est préparé par le gouvernement et des « personnes » discrédités par le mouvement populaire.
Après le refus des magistrats, exprimé lors d’un rassemblement en début de semaine devant le ministère de la Justice, de superviser l’élection présidentielle du 4 juillet, voilà que les maires leur emboîtent le pas, refusant à leur tour de préparer ce scrutin. Parce qu’ils jouent un rôle prépondérant dans la révision des listes électorales, dans l’organisation matérielle du scrutin et dans le déroulement des opérations de vote ainsi que dans le dépouillement des suffrages, les P/APC et les élus de l’Algérie profonde sont une pièce maîtresse dans tout scrutin.
Le maire de la commune de Yakouren dans la wilaya de Tizi-Ouzou était le premier à exprimer son refus de participer à la préparation de l’élection présidentielle. « J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que je ne procéderai pas à la révision ni à la préparation des élections présidentielles prévues pour le 4 juillet 2019 », a-t-il indiqué dans une lettre adressée au wali en réponse à ses instructions.
Cette décision est motivée notamment par son soutien au mouvement populaire qui revendique le changement de tout le système et réfute d’emblée cette présidentielle. « Par respect à la volonté populaire dont je détiens ma légitimité ainsi que ma conviction personnelle et le respect de la décision de l’instance judiciaire de ne pas accompagner cette opération », explique ce même responsable.
Huit maires dans la wilaya de Béjaïa ont également adopté la même démarche en refusant d’organiser l’élection présidentielle qui est, note-t-on, rejetée d’ores et déjà par le peuple. Il s’agit, entre autres, des P/APC de Sidi-Aïch, d’Akfadou, d’Ouzellaguen qui appellent, dans un communiqué diffusé par la presse électronique, l’ensemble des maires de la wilaya de Béjaïa à une rencontre de concertation aujourd’hui. De leur côté, les élus du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ont annoncé, dans un communiqué rendu public dimanche, leur refus d’organisation et d’encadrement de cette élection présidentielle.
« Conscients de cette responsabilité historique et déterminés à accompagner le mouvement populaire et à honorer le mandat municipal, les élus progressistes du RCD continueront leur combat pour honorer la confiance de nos concitoyens », précise-t-on au RCD qui, rappelons-le, avait obtenu 37 APC lors des élections locales de novembre 2017. Certains n’hésitent pas à prévoir l’effet boule de neige, en envisageant l’adoption de cette démarche par d’autres élus, d’autant que les structures et les personnalités chargées d’organiser la présidentielle sont issues du système, ce qui ne garantit pas, note-t-on, un scrutin libre et équitable.
Selon les observateurs, ce boycott risque de prendre de nouvelles tournures, puisqu’on s’attend à des décisions similaires des élus des autres partis politiques de l’opposition. Ces derniers ne cessent de clamer leur refus de la tenue de cette présidentielle inédite. Il ne reste, pour ainsi dire, que les élus des quatre ou cinq partis qui composent la défunte coalition gouvernementale, le FLN, le RND, le Taj et le MPA.
Donc avec le boycott des administrations locales et le refus des magistrats d’encadrer et de superviser la présidentielle, et surtout avec le rejet du peuple, l’élection du 4 juillet est plus que jamais compromise. 
Lilia Aït Akli

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