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Imane Arrar : « Respecter l’élégance de la femme Algérienne… »

4 février 2019 | 21:30
Propos recueillis par Fadhel Zakour




Imane Arrar, un style, une identité


Imane Arrar fait partie de ces stylistes qui travaillent dans l’Hexagone pour mettre en valeur la culture algérienne.
Elle a fait du Bedroune, son model de prédilection .
Confiante, elle essaye de montrer que l’on peut porter une tenue traditionnelle sans avoir l’air déguisée ou artificiel.
Mettant en avant des silhouettes contemporaines, Imane Arrar cherche à offrir des créations à la fois chics et représentatives de l’élégance de la femme algérienne.


Le Bedroune est votre spécialité. Avez-vous en tête quelque chose que vous voulez lui apporter sur le plan technique ?
Je ne révolutionne rien, je rends accessible un produit difficile à obtenir en France. Je travaille beaucoup sur les finitions et le choix des matières. Je propose une large gamme de tailles (du 36 au 52). L’idée est de pouvoir acheter en France un Bedroune algérien aussi facilement que l’on peut acheter un caftan marocain. C’est la distribution du produit que je cherche à bouleverser, plutôt que le style. 


Vous travaillez à Paris. Ne pensez-vous pas qu’il est difficile de représenter ses créations dans un marché en ébullition ?
Je travaille sur un produit spécifique, dans un marché de niche (1). Quand on est ultra-spécialisé, on a plus de chances de se faire remarquer. Ici, les gens sont curieux, dès que le produit a une histoire, cela les fascine. En revanche, la qualité est un atout majeur, si le produit n’est pas bien fini sur le plan technique, il y a peu de chances que l’on soit reconnu.


     Bedroune rose


Le costume traditionnel algérien. Une création prisée dans l’Hexagone ?
Le costume traditionnel algérien est très prisé par la communauté algérienne établie en France. C’est un produit qu’on trouve difficilement dans la ville lumière. La plupart du temps, il vient d’Algérie. À noter que la production reste faible en France, voire inexistante.
Le costume marocain est bien implanté, quant au costume algérien, il reste difficile à obtenir. Pourquoi ? Je ne saurais vous le dire !


À votre avis, comment peut-on allier modernité et tradition ?
Je n’aime pas l’association de ces deux mots. Je préfère parler d’évolution, d’adaptation de style à une nouvelle époque. Les femmes recherchent des modèles légers, faciles à porter. Des coupes qui respectent leur morphologie et des modèles qui les mettent en valeur.
La nouvelle génération aime et respecte les traditions mais les femmes veulent également des choses qui leur correspondent. Princesse ZAPHIRA leur propose ce genre d’alternative.
Souvent, on critique mes modèles en disant qu’ils ne sont pas assez chargés. C’est un choix que je fais, et j’assume ce style minimaliste. Je veux proposer un produit moderne, original et différent.

            Bedroune cape marine


Les choses que vous prenez en considération avant de créer tel ou tel produit ?
Je me pose tout un tas de questions : est-ce une mariée ou une invitée qui portera ce modèle ? Quelle sera la bonne matière à utiliser pour sublimer le corps de la femme ? Je réfléchis toujours à l’aspect pratique du produit : le moyen d’ouverture, le repassage, l’entretien. Ce n’est pas très glamour, c’est vrai, mais c’est tellement important de se sentir à l’aise et en "sécurité" dans sa tenue. Cette aisance renforce la confiance en soi et cela se sent. Pour moi, une femme à l’aise dans mes créations sera une excellente ambassadrice de ma marque.


Que symbolise l’algérianité dans votre travail ?
Respecter l’élégance de la femme algérienne. Quand je crée, je pense à nos mamans, nos grands-mères, à cette nostalgie de la simplicité, le souci du détail et de l’allure. Il suffit de se plonger dans les albums photos de famille pour retrouver ce style si propre à cette femme algérienne. Ce style s’est effacé au cours des dernières années, laissant place à des tendances beaucoup moins ancrées dans nos traditions. Nous avons une véritable identité, soyons-en fières et transmettons-la, comme ma mère l’a fait avec moi.


Vous avez été sélectionnée en 2018 avec trois autres stylistes pour mettre en avant votre collection, et ce, dans la prestigieuse enceinte du Palais de l’UNESCO. Comment avez-vous vécu cette expérience ?
L’expérience de l’UNESCO a été marquante. C’est l’un des défilés les plus représentatifs de la marque. Le lieu et le public ont sublimé mes créations. Ce défilé a intrigué par les coupes des vêtements. J’ai reçu des questions comme : c’est un sarouel ? Ça vient d’où ? Les femmes algériennes s’habillent comme ça ? J’ai suscité l’intérêt par la sobriété et j’ai démontré que le style « oriental » comme ils l’appellent en France, n’est pas fait que de bling-bling. On sait aussi être sobre et chic. Ma famille était présente, mes amis étaient là aussi, c’était un grand moment pour moi, ils ont vu le fruit de mon travail acharné et j’en suis assez fière.


Le costume traditionnel algérien est très prisé lors des mariages. Pensez-vous que la cherté d’un produit est derrière son prestige ?
La cherté du costume algérien est dans son travail ; dans la minutie de son perlage, de ses broderies et de sa coupe. Aujourd’hui, on trouve tous les prix, mais tout dépend de la qualité recherchée. Sur la gamme Princesse ZAPHIRA, je travaille principalement sur la coupe et le choix des matières. De formation Modéliste Haute-Couture et Industrialisation des Processus, je conjugue minutie et simplification des montages pour obtenir une qualité et des finitions dignes du prêt-à-porter haut de gamme. C’est un travail complexe qui ne se voit pas de premier abord, mais que l’on sent dès que l’on enfile un de mes modèles.


(1) En marketing, un petit segment de marché répondant à une demande très spécifique.



 



 

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