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Hommage grandiose à Slimane Azem

28 août 2018 | 21:50
Saïd Tissegouine


Un véritable rush a été enregistré ce mardi dans la commune d’Agouni Guerghrane, daïra des Ouadhias, à l’occasion de l’ouverture des festivités en hommage à feu Slimane Azem.
La clôture est prévue le 1er septembre prochain. Pour ce rendez-vous historique, initié et mis au point par l’APC RCD d’Agouni Gueghrane, des conférences sur la vie et l’œuvre de l’artiste disparu, des chants et musiques, de la poésie, des témoignages sur le défunt et tant d’autres activités en corrélation avec cet événement, considéré comme une reconnaissance majeure à feu Slimane Azem, ont été prévus.
écédé le 28 janvier 1983 à Moissac, Montauban, région de Toulouse (France), Slimane Azem a toujours été considéré comme une icône dans le domaine artistique national.


Ses chansons sont intimement liées à la condition humaine, les petites gens particulièrement, à l’amour de la patrie, à la bravoure et la loyauté. Slimane Azem, dont la vie et l’œuvre artistique ont déjà suscité de longs et multiples écrits dans le passé et d’une façon assez régulière, sans oublier les émissions radiophoniques qui lui ont été spécialement consacrées, continue aujourd’hui encore de susciter la curiosité. L’auteur de Ayafroukh iferless (Ô hirondelle) est né le 19 septembre 1918 à Agouni Gugehrane, daïra des Ouadhias. Il a été élevé par ses parents dans la piété et dans la stricte conformité des principes sociologiques algériens. A l’âge de la scolarité, Slimane Azem a fréquenté l’école du village. C’était une chance pour lui et pour l’ensemble des enfants d’Agouni Gueghrane car peu de régions de Kabylie étaient pourvues d’écoles à cette époque. Tout enfant, Slimane Azem était très heureux au milieu de ses cinq frères et ses trois sœurs. Et parallèlement à sa scolarité, l’enfant, comme c’est le cas de tout artiste d’ailleurs, s’est mis à gratter les fils de la guitare. Il n’a pas ne tardé à mettre en exergue son âme de poète. Les vers, dans un kabyle châtié, sortaient de sa bouche comme de la magie. Ces vers, mis en musique, ont fait de Slimane Azem une référence intemporelle en matière artistique. C’est en 1953 que Slimane Azem a enregistré sa première chanson intitulée Amouh Amouh. Au cours des décennies 1950, 1960 et 1970,


Simane Azem a été prolifique. Durant sa carrière artistique, l’artiste a enregistré et édité pas moins de 483 chansons. Selon l’un de ses proches, Hocine Azem, beaucoup d’autres chansons ont été composées par Da Slimane mais n’ont pas été enregistrées. Dans toutes ces œuvres, Slimane Azem traite des thèmes relatifs à la condition humaine, la loyauté et la bravoure. Dans certains cas, ses chansons ont porté sur le politique. Un thème difficile qui lui a d’ailleurs valu l’animosité et la rancune des plus hautes autorités françaises, coloniales notamment. En effet, en 1959, alors que la guerre faisait rage, Slimane Azem a composé et enregistré deux chansons foncièrement anti-coloniales. Il s’agit de Fegh ayadjradh thamourthiw (Criquet, quitte mon pays et Ilouled Ithri (le Croissant est né) ». Dans la première chanson, c’est un appel à la France coloniale de quitter l’Algérie et dans la seconde, c’est un hymne au FLN. Il convient de noter que dès l’enregistrement de ces deux chansons, l’autorité coloniale a manifesté son opposition, les considérant comme des appels subversifs. Elles ont dès lors été interdites de diffusion.


C’est le gouverneur général d’Alger qui, à travers un arrêté signé de sa main, a interdit ces deux chansons de diffusion. Fegh ayadjradh tamurthiw et Ilouled ithri n’ont été diffusées et connues du public qu’en 1962, plus exactement après la signature des accords d’Evian. C’est aussi au cours de 1959 que Slimane Azem a pris le chemin de l’exil. C’était, hélas pour lui, un départ sans retour. En 1964, toutes les œuvres de Slimane Azem ont été interdites de diffusion sur les chaînes de radio nationales et sur la chaîne de télévision. Aucune explication n’a été donnée quant à cette « prohibition » des œuvres de Slimane Azem. C’est le président de la République feu Chadli Bendjdid qui a réhabilité Slimane Azem et son œuvre. Après son dur combat pour l’indépendance nationale, Slimane Azem a mené un autre combat, celui portant sur la reconnaissance de la langue et la culture amazighes.


C’est pourquoi il a fait son entrée à l’Académie berbère dès 1966, soit au cours de l’année de sa création par l’officier de l’ALN (Armée de libération nationale, feu Mohand-Arab Bessaoud. Slimane Azem est décédé à 19 ans avant que le tamazight ne devienne langue nationale et 33 ans avant sa consécration comme langue nationale et officielle. Notons enfin qu’en ce qui concerne le contenu chansonnier, il vaut son pesant d’or. En sus de la verve poétique mise en avant, aucun mot ne contenait la moindre vulgarité. En d’autres termes, les chansons de Slimane Azem pouvaient et peuvent, à ce jour, être écoutées en famille. Il y avait tant de pudeur dans les mots.

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