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Angle mort

Hadj Moussa, fourbe, voleur, violent, musulman

28 septembre 2017 | 10:26
Chorfa Abdelaziz Chorfa



En plus, il habite chez ses parents. Il ne travaille pas, traîne tous les jours au café et dénigre tout ce qui bouge. Pour couronner le tout, son frère s’appelle Haroun.

Haroun en a plein les bottes de ce frère inutile. Il en a même parlé à un enquêteur occidental de passage. Il a vidé son trop plein d’amertume : Hadj Moussa en a pris plein les gencives.
Dans la foulée, tous les Algériens en ont pris pour leur grade : des obsédés, des laveurs de rognons, des abonnés au vendredi et à la mosquée du coin.



Tous les mêmes ! Hadj Moussa et Moussa Hadj.



L’enquêteur n’a pas pu placer un mot. Haroun avait monopolisé le micro pendant une semaine pendant que le gawri payait les tournées…
Pendant ce temps, Hadj Moussa détroussait du cadre moyen et sifflait au passage des filles, voilées, non voilées, avec ou sans haïk. Il ne lâchait rien.
Et alors que Haroun déféquait sur les habitués du tapis de prière, son frère leur tapait dessus.
La bière bon marché finit par faire voir du Hadj Moussa partout : dans les mosquées, dans la rue, dans les cauchemars et surtout dans les commissariats.
Finalement, tous les Algériens perdirent leurs noms. Ils s’appelaient au choix : Hadj Moussa ou 20 millions. On aurait pu les appeler quatorze, comme quatorze heures mais ça n’aurait eu aucun sens.
Mais le vrai Hadj Moussa savait qu’il était unique, sinon aucun Moussa Hadj ne l’aurait laissé faire.



Seules les femmes n’étaient pas Hadj Moussa. Haroun versait une larme de temps en temps sur leur calvaire mais ça lui passait très vite.
D’ailleurs, les femmes étaient les seules à ne pas avoir de nom. Comme l’Arabe de Camus.
On les sentait là, innocentes, effrayées, timides. On imaginait leur dentier démoli et leur peau bleuie. Encerclées par 20 millions de Hadj Moussa, la bave aux lèvres et les yeux injectés de sang.
Haroun en devenait carrément fou et, devant l’enquêteur occidental, il en rajoutait un peu : « La femme vit dans une géographie étrange : elle est au nord alors que les Hadj Moussa sont, comme chacun sait, complètement à l’ouest. Ajoute à cela que ces abrutis croient que la Terre est plate... »

Tu imagines le cauchemar de ces femmes sur une Terre plate ? Parce que, en plus, ces femmes aussi croient que la Terre est plate. Ben oui : elles ont la même religion !



L’enquêteur comprit qu’il tenait là un bon client.
Il la ferma jusqu’au bout, attendant que Haroun, le cerveau détrempé, dégurgite son trop plein de convictions collégiennes emprisonnées depuis longtemps entre ses lâchetés religieuses fissistes et son admiration envieuse de l’Occident doré et arrogant.
Cela en valait la peine : tout le pays y passa. Brûlant sans hésitation ce qu’il adorait naguère, Haroun se transforma en procureur impitoyable sachant de quoi il parlait. Intimement.



Il venait de l’intérieur. Du centre de cette idéologie totalitaire. Il la vomissait enfin.
Entretemps, le pauvre Hadj Moussa était bien loin de ces éclats d’ivrogne et ne se rendait pas compte de la place qu’il était en train d’occuper dans la vaste guerre entre les mondes. Il continuait à sévir sans réaliser qu’il était devenu le porte-drapeau d’une peuplade qui grouillait de l’Atlantique à l’Indonésie.



A chaque coup qu’il portait, à chaque clin d’œil qu’il faisait à une fille, il entraînait encore plus de monde avec lui.
Et pendant que son frère se convertissait aux alcools de luxe, il continuait à taper sur les autres Hadj Moussa. Ou Moussa Hadj.

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