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L’implication des médias est un acte vital

Greffes d’organes : la vie en suspens

27 janvier 2019 | 12:16


C’est probablement la sphère médicale la moins médiatisée dans le monde sauf dans des circonstances particulières. Celles qui mettent sous les feux de la rampe des donneurs d’organes qui sauvent des vies.
L’aspect héroïque prend alors le dessus sur l’aspect médical. Le temps d’un show médiatique éphémère et souvent sans lendemain pour une presse avide souvent du sensationnel.
Le rôle du chirurgien qui a rendu cet héroïsme possible devient secondaire. L’hôpital, la logistique mise en place et les mesures ayant favorisé cet acte d’espoir sont à peine évoquées. Quid pour le malade. Il est indéniable que la greffe d’organes dans le monde, y compris en Algérie, n’arrive pas à prendre ses pleins droits comme une discipline qui sauve des vies, des vies suspendues au bon vouloir d’un samaritain, vif ou mort. Car un donneur peut être un vivant, un citoyen lambda un proche du récipiendaire du miracle, ou un défunt qui a fait dons de ses organes. Si les premiers sont nombreux, les seconds se font rares.
Or, les listes d’attentes sont nombreuses. Et plus l’attente est longue et plus la mort est pressée.
Beaucoup de patients qui attendent un rein, un foie ou un cœur succombent durant cette attente.
C’est en raison de cette implacable réalité que des spécialistes turcs de la greffe des organes ont battu le rappel de la presse internationale pour débattre los d’un séminaire, du 16 au 18 janvier à l’hôtel Radisson Blu à Istanbul (Turquie), des moyens de favoriser une prise de conscience sur cette discipline et de la nécessité de rendre la greffe d’organe une question de première importance au même titre que les cancers ou les maladies chroniques telles l’hypertension ou le diabète.
Il s’agit surtout de la rendre accessible à tout le monde et qu’elle ne soit plus perçue comme un geste de luxe. 



L’atelier en plein débats (photo : ITN)

Dans des pays, comme en Afrique, la greffe est loin d’être le challenge immédiat ou la question d’ordre national.
Des maladies comme le paludisme, les fièvres voire les grippes déclenchent plus de mobilisation que le nécessaire besoin d’une greffe. Les insuffisants rénaux ont plus de chance de finir en salle de dialyse que candidats aux greffes.


Des progrès insuffisants
Durant ce séminaire, chirurgiens spécialisés en transplantation, experts et journalistes (73 participants venus de 35 pays principalement d’Afrique) ont mis l’accent sur le besoin pressant de multiplier davantage d’efforts en vue notamment d’assurer plus de dons d’organes prélevés sur des personnes décédées.
« Un donneur vivant ne peut céder qu’un rein ou une partie de son foie tandis qu’un mort cède de nombreux organes et tissus qui sauveront de nombreuses vies à la fois », a affirmé Dr Ibrahim Berber qui a indiqué qu’à la date du 15 janvier 2019, au moins 31095 patients attendaient en Turquie le précieux don alors que le pays compte 253 centres et hôpitaux spécialisés dans la transplantation d’organe. 
Durant l’année 2018, un total de 5595 greffes a été effectué en Turquie pour des patients de diverses nationalités dont 29 algériens. La majorité des greffés était turque soit 5049.
Par contre en 2017 ce sont 4908 greffes qui ont été effectuées, ce qui dénote une progression au fur des années favorisée par la hausse — bien que timide— du nombre des donneurs. 


Pour ce qui est des étrangers, 589 personnes ont subi des greffes de foie et de rein (389 greffes de rein et 198 greffes de foie) sur un total de 4171 greffes similaires effectuées en 2018, selon le ministère turc de la santé qui précise qu’en 2017 seulement 319 étrangères ont subi des opérations de greffes d’organes. 
« Ce nombre reste en déca autant des attentes des patients que des aspirations des hôpitaux et des acteurs de la transplantation d’organes, ce qui nécessite une opération de sensibilisation plus consistante qui favoriserait, à court terme, plus de prélèvements d’organes de cadavres », a souligné Dr Berber.

En Turquie, 75 à 80% des greffes d’organes sont réalisées de vivant à vivant alors qu’à l’étranger la situation est inverse : le taux des greffes effectuées à partir d’un donneur vivant est à 25% alors que celui des greffes réalisées à partir d’un cadavre (personnes décédées) est aux alentours de 75 à 80%.
Classée en seconde position en Europe en termes de greffes et troisième dans le monde, la Turquie aspire à parfaire son potentiel notamment graçe aux prélèvements sur les cadavres.


Une opinion largement partagée par Eyüp Kahveci, président du Réseau international de transplantation (ITN) qui a affirmé que « le travail la fondation et des autres partenaires nationaux et étrangers est de parvenir à de meilleurs résultats en matière des prélèvements d’organe de cadavres ».


Eyüp Kahveci, président d’ITN (photo ITN)

Les medias un appui crucial
Selon M. Kahveci , l’implication des médias est primordiale dans cet effort qui tend à stimule principalement les familles des personnes décédées à faire don de leurs organes.
« Le rôle des médias est justement de sensibiliser l’opinion publique sur cette question de dons d’organes qui fait face aux réticences, aux suspicions et aux tabous », a-t-il dit en réponse à une question du Jeune indépendant.
D’autres participants à cet atelier ont plaidé pour la mise en place d’une charte entre les professionnels des médias et les corps médicaux censés favoriser la politique sensibilisation et de promotion des dons d’organe loin du sensationnel et des préjugés. Cette démarche brasserait toutes les plateformes de communication y compris les réseaux sociaux.
Cette action devrait aussi cibler les autorités des pays qui pèchent par laxisme ou peinent par difficultés à enclencher une politique robuste en matière de transplantation d’organe.
L’Afrique serait une terre à ne pas négliger ont jugé les journalistes du continent qui estiment aussi que le manque de moyens, et l’absence de législation rendent les populations vulnérables à toute sorte de travers.
« Tous les gouvernements devraient participer à cette noble action à travers une législation qui appuie le don d’organe articulée autour de la Déclaration d’Istanbul sur le trafic d’organes et le tourisme de transplantation », a précisé M. Kahveci.
La greffe d’organes « a prolongé et amélioré la vie de centaines de milliers de patients dans le monde grâce aux progrès médicaux et la solidarité humaine, mais ce bilan est assombri par le trafic d’organes », a encore fait observer M. Kahveci.




Le Maghreb plus que jamais concerné par la greffe d’organes (photo : ITN)

C’est ce qui a rendu nécessaire le recours à la déclaration d’Istanbul, sous l’impulsion de la Société Internationale de Transplantation (TTS), la Fondation turque de Greffes d’organes (TONV) et la Société Internationale de Néphrologie (ISN). Aujourd’hui, la déclaration a été endossée par 135 sociétés savantes nationales et internationales, ainsi que par des organismes gouvernementaux impliqués dans la transplantation d’organes. « Il revient à ces pays de rendre leurs législations conformes à l’esprit de la Déclaration d’Istanbul », a encore indiqué M. Kahveci.


L’ Algérie s’est engagée grâce à des acteurs comme le ministère de la santé, le ministère des affaires religieuses, l ’Agence nationale des greffes et l’Association de don d’organes "Biloba" ainsi que des nombreux médecins dans des campagnes de sensibilisations tous azimuts en vue d’instaurer une liste d’attente nationale des demandeurs de greffes tout en battant en brèche les récalcitrants parmi les familles qui refusent de céder les organe d’un proche décédés.



Définir les priorités en Afrique (photo : ITN)

Les opérations de greffe et de prélèvement d’organes en Algérie sont effectués exclusivement dans les hôpitaux publics soit14 centres de transplantation rénale, deux de transplantation hépatique et 14 autres dédiés à la greffe de cornée, ainsi que deux centres de la greffe de tissu et de cellules souches.
Il convient de signaler que la cornée qui est transplantée uniquement à partir d’un donneur mort, est importée des Etats-Unis à des couts prohibitifs.
Il convient de signaler que la Turquie est devenue la destination privilégiée de malades étrangers en quête de greffes en raison des mesures prises par le gouvernement qui met le citoyen turc et le ressortissant étranger sur le même pied d’égalité en matière de soins.


Il est désormais possible depuis 2018 pour tout ressortissant étranger de choisir d’effectuer ses soins dans un hôpital public ou privée. Auparavant les hôpitaux publics, moins chers, étaient réservés aux citoyens turcs. Mais ces mesures gouvernementales ne sont pas les seules qui motivent les étrangers à se rendre en Turquie mais également la qualité des centres de santé et la compétence, mondialement connue, du staff médical principalement dans le domaine de la transplantions des organes. Des hôpitaux a l’image d’Acibadem, Jinemed, Memorial, Hisar, Universal à Istanbul ou Atakent à Izmir représentent les fleurons de la médecine turc.
C’est ainsi que des sociétés turques comme Merahmet medicale Care se sont lancées dans un processus d‘aide et d’accompagnement aux malades étrangers dont les algériens afin de faciliter leurs soins et leurs séjours à des prix compétitifs.
Cette ouverture de la Turquie envers les patients étrangers constituerait un tournant dans le domaine de la greffe où deux millions de personnes dans le monde sont suspendus aux éventuels bienfaiteurs. 


L’Ethiopie veut intégrer l’effort mondial dans la greffe d’organes (phtoto : ITN)


Le Kenya entre lois et tabous (Ohoto : ITN)

Réflexions et interrogations sur le devenir des dons d’organes (Photos : ITN)

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