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Et si on parlait de la crise autrement ?

1er juin 2019 | 05:31
Aziri Mohamed Nazim Aziri


La crise politique qui secoue le pays depuis plus de trois mois a trop duré, rendant chaque jour la solution plus complexe. Car en plus des problèmes politiques d’ordre constitutionnel notamment, il ne faut pas omettre les difficultés économiques qui jouent sur un autre registre, discret pour l’instant, mais têtu comme les chiffres qui font son univers.
C’est dans ce sens qu’il ne faut pas oublier que la crise aux origines anciennes que nous vivons est, à la base, économique et sociale : chômage, mauvaises conditions de vie et détérioration du pouvoir d’achat, notamment. Le résultat direct d’une mauvaise gouvernance pratiquée par un pouvoir rentier, rongé par la corruption, du niveau local jusqu’au plus haut sommet de la décision centrale. En matière de chiffres, moins faciles à retenir et plus difficiles à manier que les articles de la Constitution sur les plateaux de télévision, il faut bien retenir ceux du déficit budgétaire, des réserves de change et de l’inflation. À en croire le rapport de la Banque mondiale, repris par l’agence officielle, l’économie algérienne sera marquée par une aggravation des déficits budgétaire et courant qui devraient atteindre respectivement 8,5 et 8,1% du PIB en 2019. Une tendance qu’il faudra conjuguer avec la baisse des réserves de change, encore plus inquiétante eu égard à la volatilité des prix des hydrocarbures, devenus désormais un levier de contrôle et de pression entre les mains des Américains devant une OPEP moins influente qu’auparavant. Dans ses projections sur les trois prochaines années, le ministre des Finances évoquait, il n’y a pas très longtemps, une chute soutenue de l’épargne du pays en devises pour baisser à moins de 62 milliards de dollars en 2019, 50 milliards en 2020 et enfin à peine quelque 34 milliards en 2021.
Des chiffres qu’il faudra combiner avec une tendance inflationniste pouvant basculer à tout moment vers l’hyperinflation et surtout une démographie qui rajoute, au chapitre des conditions sociales, les besoins d’un million d’Algériens de plus chaque année. Pour ceux qui l’ignorent, nous sommes déjà 43 millions. La question qui doit être posée, et pas uniquement par les tenants du pouvoir, c’est comment nous pourrons relever le défi de la résilience alors que le pays n’arrive même pas à opérer un retour à l’ordre constitutionnel, faute d’un consensus sur une plate-forme de sortie de crise. C’est en tout cas le constat que chaque Algérien soucieux de l’avenir du pays et de ses enfants se doit de prendre en considération dans son approche d’une crise qui n’est pas aussi politique qu’elle en a l’air. Face à ce statu quo dangereux, dont chaque citoyen a une part de responsabilité, une grande partie revient, cependant, à ceux qui font de la surenchère politique à travers un discours, dont le moins que l’on puisse dire, est irresponsable. Sinon comment expliquer certaines revendications jugées irréalistes, telles que le départ de tous les cadres de l’État ou le lancement d’une période de transition de deux ans. Cela sans parler de ceux qui réclament une assemblée constituante qui au bas mot mettra cinq années pour passer en revue l’ensemble des chapitres d’une nouvelle Constitution qui plus est, se tiendra après l’élection de ses membres.
Mohamed Nazim Aziri

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